II
On s'explique la faveur universelle des maisons du Toupie, de l'Hôpital et de Notre-Dame des Allemands. On conçoit les dons sans nombre qui leur arrivaient de toutes parts. En Orient, les ordres militaires étaient les auxiliaires habituek et indispensables des barons; pour FOccident, ils personnifiaient la conquête et la défense de la Terre sainte. En augmentant leurs revenus, chaque fidèle pouvait croire qu'il participait directement à la guerre sacrée. Les Templiers et les Hospitaliers, dit un auteur du xui* siècle, sont les vrais champions du Seigneur. Couverts de leurs manteaux blancs, marqués d'une croix rouge, et précédés du Baucéant, étendard noir et blanc, ils s'avancent en silence dans les batailles, toujours serrés et en bon ordre. Ils n'ont pas de cri de guerre; seulement, quand la trompette du chef sonne l'attaque , ils baissent leurs lances , et s'élancent , en récitant le verset de David : Seigneur, donnez-nous la victoire, non pour nous, mais pour la gloire de voire saint nom. Us fondent toujours sur le point le plus ibrt de lennemi et ne reculent pas ; il faut qu'ils le renversent ou qu'ils soient tués. Si l'un des frères manque de courage, il. est, pendant un an, privé du manteau, ^igne de la chevalerie, et obligé de manger par terre, sans linge, inquiété par les chiens, qu'il lui est défendu de repousser. Les Hospitaliers, vêtus du manteau noir avec la croix blanche, s'occupent surtout des pauvres et des infirmes ^. » Us avaient néann^6ins leur place dans toutes les campagnes , et alternaient dans le service avec les Templiers; ils, faisaient ordinairement 'avant-garde au commencement de la marche, et l'arrière-garde au retour; es chevaliers du royaume formaient généralement le centre ou corps de bataille ^.
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de Chypre.
Les Hospitaliers de Chypre avaient déjà une conmianderie', établissement qu'on appelait en ce temps une préceptorerie , quand le roi Hugues I* leur accorda des privilèges spéciaux dans le royaume en 1210. Us eurent la faculté d'acquérir des terres, d'apporter en Chypre et d'exporter en Syrie ou ailleurs, sans payer ni douanes ni octrois, les produits de leurs biens et tous les objets utiles à l'ordre; ils purent faire moudre gratuitement leurs récoltes aux moulins royaux établis depuis le temps des empereurs sur le torrent de Kythrea, au bas du château de Buffavent. Le roi leur donna, en outre, des
* Jacques de Vitry, évêque d*Acre [Narrado de stata Terrœ sanctm), ap. Mart. Tkes. aaec(2o(. t. III, col. 276; cf. Hist, Onent- ap. Bongars, p. io83, 108^.
* Jaccpies de Vitry, loc. cit, 14). Martène. co]. 377; ap. Bongars, p. io84.
'^ Guillaume de Beaune en était le chef. ( Paoli , Codice dipL t. L p. 101.)