‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 113 sur 283 · LIVRE I. CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE IX

de Montferrat, avait épousé une fille de Léon II, roi d'Arménie, mort lui- isii»-]no. même depuis peu\ voulait aller à Sis, réclamer la régence ou la couronne de Cilicie. Mais ses espérances ne furent pas encouragées par les seigneurs arméniens; la royauté passa à une jeune fille de Léon U, née d'un second mariage, et proclamée déjà par précaution du vivant de son père. Un parti puissant confia le bailliage au connétable Constant, cousin de la reine, malgré l'opposition formelle de Raymond Rupin d'Ântioche, fils d'Alix d'Arménie. Jean de Brienne resta en Syrie, et, comme il perdit à peu d'intervalle sa femme Stéphanie et le seul fils qu'il en eût, jeune enfant de quatre ans^, il abandonna ses pensées sur l'Arménie pour veiller à la défense de la Syrie, où Malec*Moadam avait reporté la guerre en mettant le si^ devant le Château-Pèlerin *.

En même temps que le cardinal Pelage exhortait les barons d'Arménie à Difficnité» vivre dans la concorde, il ménageait, sans quitter Damiette, un arrangement «» Chypre entre le clergé et- la noblesse de l'ile de Chypre, au sujet du partage des terres ««jet ,

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et de diverses questions de droit et de police rurale restées indécises depuis «cci^UMiq*». la conquête, bien qu'elles intéressassent tous les propriétaires fonciers.

L'Elise latine, dotée en partie sur le temporel des cures et des monastères grecs , voulait succéder à la totalité des biens qui avaient autrefois ap partena à ces établissements. Elle se considérait conmie lésée par les seigneurs et par les rois eux-mêmes c[ui détenaient l'une de ces terres , et cherchait à reconstituer dans sa plénitude l'ancien domaine ecclésiastique. La prétention était exagérée et inadmissible. Quelle que fût l'origine de leurs possessions, accrues peut-être par quelques usurpations sur les terres vagues de leur voisinage, les laïques entendaient les conserver tout entières, et, loin de satisfaire aux demandes du clergé à cet égard , ils semblaient protester contre ses exigences en négligeant l'acquittement des dîmes. Les évêques se plaignaient surtout de ce dernier abus, qui à la longue eût tari la source de l'un des revenus les plus certains de l'Église. Ils demandaient aussi que les paysans des villages ecclésiastiques fussent dispensés des corvées et de la taille royale^,

La continuation de Guillaume de Tyr, oeuvre * Contin, de GaiïL de Tyr, p. 349 * Sai^udo ,

d*un laïque dans cette période , est , au con- p* 9 09 ; Oliv. le Schol. ap. Eçc. t. II , col. 1 4 a3.

traire, dëfavorabie aux projets du légat. ' Oliv. le Schol. col. i4a6.

> Coniin, de GuUL de Tyr, p. 3io, var. * «Chevagia etdimi^t dans les textes la-

p. 320, liv. XXXI, ch. Tiii et ix; Sanudo, tins;«Ghevages,anguarie8,diinoisctapaut,»

p. 309;Mansi, notes à Rinaldi, ann. laso, dans les textes français. [HisU de Chypre ^

S 57. t. XX, p. 484. t. III, p. a54, 270, 612, 6ao.)

i3i»-i83o. imposées, au profit de la couronne, à tous les serfs du royaume, exemption légitime, mais qui n'en constituait pas moins une faveur nouvdle. Enfin, ils avaient à se concerter avec les barons sur la faculté laissée jusque-là aux indigènes , et devenue préjudiciable aux seigneur , de se soustraire aux charges de la servitude, par le seul fait de leur admission dans le clergé d*une église ou d'un monastère quelconque. On sait combien, dans lempire byzantin, le cloître avait enlevé de soldats à Tannée et de contribuables au trésor public. Si rétablissement des Francs éloigna, dans les premiers moments, un grand nombre de caloïers et de prêtres séculiers de Tile de Chypre, les monastères, conservés ou rouverts peu après, virent bientôt revenir dans leurs murs une multitude de religieux aussi considérable qu'elle avait été auparavant^. Pour fuir la corvée et la taille des Latins, conome autrefois pour échapper à la capitation impériale, beaucoup de paysans indigènes abandonnaient les terres de leurs seigneurs, ou se hâtaient de prendre les premiers d^irés de la cléricature, qui suffisaient à les exempter, eux et leurs enfants, des charges féodales.

octobrs 1230. Le légat avait souvent engagé la reine et le régent de Chypre à s'entendre Accord amiablement avec les prélats sur tous ces points douteux et laissés en sus-

de UmaBsol , Txr .....

amène peus. Des conféreuces sur ce sujet avaient eu lieu déjà entre eux sans rien

par le cardinal • o t i •

Pelage. temuner^. Les évèques et les principaux barons de Tile s'étant réunis à Limassol^ durant la suspension des travaux de Damiette, de nouveaux poui^ parlers amenèrent enfin un accord sur les faits contestés. Un acte public fut rédigé, au nom de la reine Alix, du roi son fils et des liges, au mois d'octobre 12 20, pour assurer Texécution des concessions qui avaient été réciproquement consentie» ^

La noblesse s'obligea à payer exactement à l'Église la dime de tous les produits et revenus de ses biens ^. La reine prit le même engi^iement, au nom du roi et de ses successeurs; elle renonça en outre aux tailles ou presr tations que les serfs des domaines ecclésiastiques avaient jusque-là payées comme les autres à la couronne; le clergé promit en retour de ne plus inquiéter les nouveaux propriétaires des biens d'Eglise, et de laisser le domaine

^ c Magna multitudo est modo sacerdotum ' Voy. HisL de Chypre, t III , p. 61 3. ,

«et diaconorum grecorum in regno Gipri. » ^ L*acte, retrouvé en entier dans ie cartu-

( Articles 3 et 9 des accords de 1 220 et de laire de Sainte-Sophie, est publié dans notre

1222 entre la noblesse et le clergé. HisL de tome III, p. 612. Chypre, t. III, p. 612. 620, 621.) * Article 1.

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