‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 133 sur 283 · LIVRE î, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE î, CHAPITRE X

à ses amis, ce fut de s'éloigner, pour concerter leur défense, au cas où 12*28. Temperenr osât se porter à quelque acte de violence contre la personne ou la seigneiu^ie de Tun des chevaliers. Le mouvement qu'occasionna le départ des hommes liges, emmenant de nuit leurs chevaux, donna de l'inquiétude dans le quartier impérial. Frédéric quitta la maison qu'il occupait, et vint attendre le jour dans la tour de l'Hôpital, près de sa flotte ^

Il expédia de suite l'ordre à Saint-Jean d'Acre de lui envoyer quelques l* sui«raiaoi(( forces dans l'île , surtout des chevaux , dont il manquait presque entièrement^, 1 emppreur

sur

et résolut de se mettre à la poursuite d'Ibelin, en se dirigeant vers Nicosie, i**i« do Chypre

, esl recouuttP.

où il voulait s'arrêter. Son séjour en Chypre, calculé vraisemblablement dès son départ,^ 'donnait le temps à Frédéric d'échanger des rapports plus fréquents avec le sultan, et de savoir si ses ambassadeurs avaient pu obtenir du pape la réconciliation qui lui était nécessaire pour accomplir dignement en Terre sainte les choses qu'il méditait. Sa flotte s'étant avancée vers la Syrie, il débarqua avec le roi Henri, à Lamaca, et se mit en marche, suivi des troupes, vers la ville royale, en prenant le chemin direct d'Athiénou. A Pi* roghi, avant de passer l'Idalia, il rencontra le vieux prince d'Antioche Boémond IV, venu de Famagouste à sa rencontre avec soixante chevaliers et un grand nombre de sergents d'armes^. Ils continuèrent ensemble leur route vers Nicosie. Si les Chypriotes se fussent alors portés en avant, comme le désiraient quelques-uns des barons, un combat était inévitable, et le sire de Beyrouth, sans excuse, car il devait tout subordonner à la décision des cours de justice auxquelles il en avait appelé, se mettait en révolte ouverte contre l'empereur. Mais Ibelin , résolu à ne recourir aux armes que dans la nécessité absolue de la défense, s'éloigna de la ville, et se renferma dans le château de Dieu-d' Amour, qu'il avait fait approvisionner. .Sa retraite sembla calmer ses ennemis. L'empereur hésita à entreprendre le siège d'une position en état de résister à une attaque réglée, et, comme les nouvelles qui lui parvinrent dors l'engageaient à ne pas rester trop longtemps éloigné de lltalie, il traita d'un arrangement avec son oncle par l'intermédiaire du prince d'Antioche et des chefs d'ordres militaires*.

> Amadi , fol. 7 1 ; FI. Bustron , foi. 1 06 ; cf. ' Contin, de GuiU, de 'Zjr^p. 368 ; cf. Amadi,

Godef. de S. Paataléon, Amud colon, ap. fol. 72; FI. Bustron, foi. 107. Struve, Script. Germ. 1. 1, p. 399. * Amadi, fol. 7a; FI. Bustron, fol. 107 ;

* Cf. Araadi, fol. 70, 72; FI. Bustron , Conûn, de GuiU. de Tyr, liv. XXXIII, ch. m.

fol. io5. p. 369.

i'22S. «Les chevaliers chypriotes, dit un ancien récit, jurèrent alors fidélité à

« Frédéric et le reconnurent pour seigneur de leur seigneur roi Henri*. ■ C'est ainsi que la suzeraineté de Tempereur d'Occident sur le royaume de Chypre, une première fois sollicitée comme une garantie et un honneur sous le roi Amaury, négligée et restée depuis à Tétat de souvenir historique, redevint une réalité sous son petit-fils. Elle dura moins dans cette seconde période que dans la première ; mais elle eut un caractère de dépendance plus positive et plus marquée qu'à son origine , où la sujétion d'Âmaury de Lusignan avait été purement nominale. Le roi Henri étant encore mineui^, en vertu même des coutumes d'outre-mer, qui avançaient de dix ans la majorité sur les coutumes d'Allemagne, l'empereur prétendit avoir non-seulement la garde de sa personne, mais encore la jouissance des revenus de la couronne, Jusqu'à ce qu'il fût en âge de régner; et les autorités les plus compétentes, au milieu de dénégations contradictoires des chroniques postérieures, constatent que les Chypriotes furent contraints de c^der sur ce point, et de donner satisfaction

à l'empereur, en lui jurant fidélité^. Ce premier résultat avait lieu de le satisfaire.

L'boinmago Frédéric tenta vainement d'obtenir davantage; il voulait que les seigneurs

lui est refusd. . i n i /i« / i - tn

ajoutassent au serment de fidélité la prestation d hommage, engagement plus direct, qui eût supprimé de fait le pouvoir du roi Henri sur ses honunes. Au dire des chroniqueurs de l'ile, très-partiaux dans ces questions d'indépendance, mais ici probablement véridiques, une délibération expresse des Chypriotes, réunis en haute cour, protesta contre les prétentions de Frédéric, et établit que les hommes liges ne devaient relever que du roi Henri , ou de sa mère Alix , régente du royaume , jusqu'à la majorité fixée par les assises ^. Les chevaliers de Nicosie accordèrent donc à Frédéric la foi ou la fiante, et lui refusèrent la ligèce, c'est-à-dire l'hommage.

Cette distinction entre les deux engagements féodaux n'était pas une vaine réserve de juriste ; des obligations très-différentes découlaient de l'un et de l'autre. La foi était l'acte par lequel l'homme se reconnaissait , pour tonte sa

' Amadi, fol. 73. «setatem impleat, annum sciiicet rxr, impe-

* « Si fu la pais concordée ensi que Tein- < rotor regni percipiat redditos , et pro Beriio ,

< pereor auroit por son bailiage dou roi la ta Johanne, domino Beritip bomagiumreci-

« terre de Chypre, et seroient soes toutes les cpiat, salvis quasstionibus quas sibi vellet op-

c rentes , et dëlivreroit les ostages , etc. » (Con- « ponere. » (Sanudo, p. 2 1 2 ; cf. Âmadi. fol. yS,

tin. de GuiU, de Tyr, p. 369.) <Eo pacto con- 76 et pass. et FI. Bustron, fol. 108-109.] cveniunt ut donec rex parvulus iegitimam ' Amadi, fol. 73; FI. Bustron, fol. 108.

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