LIVRE I. CHAPITRE XI
et qui se trouvaient parmi les captifs ^ Il leur fit grâce de la vie, quoique parjures; mais il ordonua de leur couper le pied ou le poing ^, peine atroce, que comportait la législation des assises contre les bourgeois^..
Juin 1292.
Les corps détachés battus et dispersés, les garnisons de Famagouste et de Nicosie soumises, il restait à faire le siège de Gérines. La résistance des Impériaux dans leur dernière position ne gênait plus en rien Tautorité du roi, reconnue par tout le royaume; et Tissue de la guerre n'était plus douteuse. L'entreprise demandait cependant à ne pas être négligée. Tout annonçait qu'il y faudrait du temps et des travaux considérables. Sans être naturellement aussi fort que Dieu-d' Amour et Kantara, sans avoir le développement de Famagouste, Gérines est très-favorable à la défense par son port, son voisinage de la côte de Caramanie, et le grand château qui protège ses abords par terre et par mer. La ville ou le bourg était alors entouré de fortifications continues, qui ajoutaient à son importance. Le maréchal comptait s'y maintenir loBgtemps. U l'avait déjà amplement approvisionné et y avait fait venir ses galères de Paphos^. Il mit dans la ville une compagnie de cinquante chevaliers, commandés par Gautier d'Aquaviva, gentilhomme de la Pouilie, un corps de mille fantassins ou arbalétriers, des ingénieurs et de nombreuses machines. U donna le commandement supérieur à Philippe Génard, firère utérin du feu baile Gauvain de Chenichy, et passa sur le continent pour aller chercher des secours ^
Siég« de Cërines.
Il rentra bientôt à Gérines, après avoir inutilement parcouru la Gilicie et l« marchai la principauté d'Antioche. Ge n'était pas la première fois que les Arméniens, et
Âmaory Barlas
sans répugner autant que les Ghypriotes à la suzeraineté de l'empereur soreodem
auprès
d'Allemagne, trouvaient moyen de ne pas fournir à ses lieutenants les con- dei'emperour. tingents qu'ib leur demandaient \ Le maréchal partit alors pour se rendre auprès de Frédéric avec Amaury Barlas et Amaury de Bethsan, après avoir visité Tyr, où conmiandait toujours son frère Lothaire.
La ligue formée par les cinq barons chypriotes, jaloux des Ibelin, se trouvait réduite à trois chefs, depuis la mort de Gauvain et de Guillaume de Rivet. Après le départ de Barlas et d' Amaury de Bethsan , Hugues de Gi-
^ Amadi, fol. 116, 128.
^ « Li fece smembrar. » (Amadi , fol. 1 29 ; FI. Bustron^fol. 162.)
^ Assises j t. II, p. 57a , V* Peines.
^ Conlin. de GuHl. de Tyr, p. 4o 1 .
^ Amadi, fol. 129, i3o; FI. Bustron, fol. 162.
'' Cf. ci-dossus, p. 260.
13SS. blet, le troisième des balles, se retira à Tyr, auprès des Impériaux , craignant trop de séjourner à Saint-Jean d*Acre^ En Chypre, il aurait eu bien plus à redouter encore la vengeance d ennemis personnels et la rigueur des lois féodales.