I.a haulr roiir
condamne
BaHat
( l »F» adhcrriits.
La conduite des chevaliers qui, sous prétexte d'obéir àlemperear, avaient violé leurs premiers devoirs vis-à-vis du roi et de la communauté des liges, méritait une condamnation éclatante. Jusqu'à la capitulation de Dieud' Amour, en i23o, la présence du roi Henri au milieu des Impériaux, qu'elle fût forcée ou volontaire, excusait Téloignement de Barlas et de ses partisans. La fidélité à la personne du roi, le dévouement à l'empereur, haut suzerain, pouvaient, à certains égards, dissimuler légalement des rancunes ou des ambitions particulières. Mais, depuis que le roi avait été rendu à ses sujets et qu'il était devenu majeur, les Chypriotes servant encore dans Farmée du baile impérial n'étaient plus que des rebelles passés à Tennemi et portant les armes contre leur souverain immédiat. Les assises, sans prévoir précisément le cas présent, autorisaient à décréter les peines les plus graves, à l'exception de la peine de mort, qu'un chevalier n'encourait presque jamais , contre les feudataires convaincus d'une semblable forfaiture vis-à-vis du seigneur.
La haute cour, saisie des plaintes du roi, aussitôt après la bataille d'Agridi, fut unanime à frapper les coupables. On les déclara traîtres et parjures, on les dépouilla de leurs fiefs, on mit leurs personnes au ban du royaume. La sentence atteignit d'abord Amaury Barlas, Amaury de Bethsan, Hugues deGiblet, qui avaient déterminé la désertion de leurs compagnons d'armes après le débarquement de l'armée chypriote en Syrie. On condamna ensuite Hugues des Mares, Renaud le Chambellan, Hugues etBeltram Porcelet, le sire du Karpas, le sire de la Messorée et d'autres chevaliers dont les noms ne sont pas connus. Gauvain de Chenichy et Guillaume de Rivet étant morts avant la majorité du roi, leur mémoire échappa à la flétrissure, et leurs familles purent succéder à leurs fiefs. Les terres confisquées sur les autres seigneurs furent distribuées aux honunes entrés au service du roi depuis le commencement de la guerre^.
Mort de la reine
Sur ces entrefaites, et pendant que le maréchal Filangier se rendait auprès de Frédéric pour lui demander des secours, un deuil commun rappro-
' Amadi, fol. i3o. — * Idem, fol. i3i; FI. Bustron. fol. i63.