‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 164 sur 283 · LIVRE I. CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE XI

cousins, seraient comblés de faveurs; seulement, afin de ménager Fhonneur isss. du souverain « et pour empêcher les peuples de dire qu'Ibelin avait eu Tavan- « tage sur lui\ » il fallait que le sire de Beyrouth consentit à venir en un lieu où l'autorité impériale fut incontestablement reconnue^ à Tyr, par exemple, et que là, en présence de quelques témoins, il voulût bien reconnaître Tempereur comme son seigneur suzerain , et s'en remettre loyalement à sa générosité sur les questions personnelles qui restaient à régler entre eux.

Pour toute réponse, le sire de Beyrouth raconta à l'obligeant intermédiaire le vieil apologue du cerf trop crédule que le lion caresse, puis égratigne, qu'il rappelle, égratigne encore, et finit par dévorer. «Messire évéque, dit-il en «terminant, j'ai échappé deux fois aux pièges du lion, la première fois à • Limassol, la seconde à Nicosie, quand il vendit la régence et les forteresses « de Chypre à Barlas; je ne m'exposerai pas une troisième fois à tomber sous « ses griOes, comme ce cerf aveugle dont je vous ai parlé ^. » Le prélat perdit tout espoir de l'amener à composition.

IbelJn engagea les habitants d'Acre à n'accepter aucune espèce d'arrangement, à moins que l'empereur ou ses officiers, en son nom, ne s'obligeassent expressément à respecter les usages d'outre-mer et ne prouvassent par des faits la sincérité de leurs promesses. La bourgeoisie et la plus grande partie de la noblesse étaient dans ces dispositions. La direction d'Ibelin fut acceptée, dès lors, en toutes choses. Rien ne se décida dans la ville sans son avis. Il était devenu réellement le seigneur et le mmre de Saint-Jean d'Acre, dit un ancien écrivain, en se servant du terme même qui, dans plusieurs communes, désignait le premier officier ou le podestat de la cité'. Il revint peu après en Chypre, plus rassuré, et chargea son neveu, Jean de Césarée, de rester en Syrie pour le remplacer dans cette niagistrature extralégale, qui lui avait été provisoirement déférée.

La garnison de Cérines, découragée par les événements qui s'étaient suc- capinaation cédé en Syrie, et n'ayant aucun espoir de recevoir des secours de l'empereur, cmlm, se résolut à demander une capitulation. On avait passé depuis peu la fête de Pâques, célébrée cette année le 3 avriH. Hemoul de Giblet et Philippe de Navarre convinrent, avec les chefs lombards, des conditions de l'évacuation. Les Impériaux devaient livrer le château et le boui^ de Cérines, sans

1 Amadi, fol. iSy. ^ Cf. Contin. de GailL de Tyr, p. i^oa. Sni-

* Idem, fol, 137; FI. Bustron, fol. 16g. vaut Amadi, le siège de Cérines dura plus

^ ■ Si fece maire, t (Amadi , fol. 1 37.) d*un an . fol. 1 do.

Avril -Mai 1233. emporter ni les approvisionnements ni les munitions de guerre. Mais ils seraient transportés sains et saufs à Tyr» avec leurs effets particuliers. Le roi de Chypre s'engageait ensuite à déiivi^r tous les Lombards qui étaient en son pouvoir; les Impériaux rendraient les prisonniers de Casai-Imbert et tous les partisans du roi arrêtés ou pris depuis le commencement de la guerre. Tout fut accompli conune il avait été réglé. Le sire de Beyrouth présida lui-même à l'exécution de ces dernières conventions. Il partit avec ses prisonniers pour Saint Jean d'Acre; puis il les remit aux Impériaux et reçut les captifs chypriotes. L'échange se fit à moitié chemin de la route de Tyr à Acre , à peu de distance par conséquent du village de Casal-Imbert, qui avait été, Tannée précédente, le théâtre de la défaite des royalistes ^

^ Amadi, fol. i4i; FI. Bustron, fol. i74<

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