‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 165 sur 283 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Sl'lTE DU nBGNE DR HENRI ^^

Fin de ia suzeraineté impériale sur Tile de Chypre. Chypre jouit de la paix. Diflîcuités au sujet de la solde militaire. Les Chypriotes participent à une expédition des Hospitaliers. La reine Alix se rend en France. Elle transige au sujet de ses droits sur la Champagne et revient en Orient. Efforts de Grégoire IX pour relever l'autorité de Tempereur en Syrie. Mission de Tarchevéque de Ravenne. Les Orientaux rejettent le traité arrêté par leurs envoyés à la cour de Rome. Mort du vieux sire de Beyrouth. Heureuse négociation de Geofiroy le Tort auprès de Grégoire IX. Conrad considéré toujours comme roi de Jérusalem. Faits divers. Commerce des Provençaux en Orient. Croisade de Thibaut de Champagne. Désunion des chefs chrétiens. Croisade de Richard de Cornouailles. Faiblesse de Jérusalem. La reine de Chypre épouse Raoul de Soissons. Nouvelle tentative des Impériaux de Tyr pour rentrer à Saint- Jean d'Acre. On ajourne toute attaque contre les Impériaux. Majorité du roi Conrad. La reine de Chypre régente de Jérusalem. Les chevaliers de Chypre et de Syrie chassent les Impériaux de Tyr. Fin de la guerre des Lombards. Dissolution de la commune de Saint- André. Raoul de Soissons quitte TOrient.

La prise de Cérines brisa de fait et pour toujours le faible lien qui rat- Avrii-Mti 1233. tachait politiquement le royaume de Chypre à Tempire d'Allemagne. Dans la Fin rigueur du droit, la vassalité des Lusignan se prolongea, en apparence, jus- impériale qu'en 1247, année dans laquelle le Saint-Siégé aflranchit publiquement le riicdcChypTe. roi Henri des derniers engagements qui pouvaient résulter du serment d'hommage exigé de lui , durant sa minorité ^ Les chevaliers de Syrie, pour avoir été moins décidés dans l'action , avaient encore quelques années difficiles à passer.

Frédéric n'abandonna pas cependant, vis-à-vis de l'île de Chypre, cette primatie féodale, acceptée par les prédécesseurs de Henri 1"; mais il ne se décida pas à reeonmiencer la guerre pour l'imposer de force au pays qui

^ Voy. Hist. de Chypre, t. II , p. 63 , et ci-dessus, p. 345.

ÂYrii-Mai 1233. ne voulait plus ia reconnaître. Ses troupes, restées encore dix ans en Syrie, ne reparurent plus dans Tile, et, quand Tyr capitula, en 12^3, il perdit la dernière espérance de voir son autorité rétablie en Orient. Le royaume de Jérusalem s'administra dès lors librement, en ayant à sa tête le roi Hemî, et prépara, sous ce nouveau régime, sa réunion définitive au royaume de Chypre. Dans ce dernier pays aucun des successeurs de Henri V ne renouvela rhommage que le jeune roi avait été obligé de prêter ^ D'un autre côté, à partir de la reddition de Cérines, on ne découvre plus aucun acte, aucun fait, d'où Ton puisse inférer que les empereurs d'Allemagne aient jamais tenté sérieusement de rétablir l'ancienne suzeraineté , dont le chancelier Conrad avait, en 1196, reçu la promesse d'Amaury de Lusignan. - Quant à Barlas et aux chevaliers devenus avec lui les agents les plus actifs de la politique impériale en Chypre, l'histoire d'outre-mer n'en parle plus après ce temps. Si Frédéric voulut 'récompenser leurs services, ce ne put être qu'en Italie, et dans ses propres domaines.

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chywe Chypre, aflranchie, jouit de la paix qu'elle avait conquise par l'union et

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la persévérance. Chacun avait fait dignement son devoir, dans les épreuves qu'on venait de traverser. Le roi, en consolidant l'autorité aux mains du sire de Beyrouth, dès qu'il avait été libre de ses résolutions, et prolongeant le temps de la régence d'Ibelin au delà même du terme de sa minorité ; Ibdin , en sacrifiant tous avantages personnels à la pensée d'assurer aux pays d'outremer l'indépendance de leur gouvernement, de les délivrer de la sujétion impériale , qui n'était plus que le gouvernement de l'arbitraire ; les hommes liges, malgré une défection d'abord inquiétante, en restant inébranlablement attachés à la direction de leur chef. A coté de Jean d'Ibelin , et sans oublier Anseau de Brie, qu'on avait perdu, la reconnaissance des chevaliers pouvait placer le fils aine du sire de Beyrouth , Balian d'Ibelin , ses neveux, Jean de Césarée et Jean dlbelin, plus tard comte de JaiTa, Philippe de Navarre, et Hemoul de Giblet lui-même , quoiqu'il n'eût pas été toujours heureux.

Les Génois avaient aussi efficacement contribué par leur concours au succès des Chypriotes. Un nouveau traité vint confirmer, d'une manière générale, les avantages commerciaux accordés à leur nation, et arrêter, pour cinq ans , entre les deux peuples, une alliance défensive. L'acte fut conclu à Nicosie, le 2 décembre 1 233 , dans une séance de la haute cour, avec un délégué des

* Voy. ci-dessus, p. 128. 2^3.

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