‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 174 sur 283 · LIVRE I, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XII

considérables provenant des belles mines d'étain de son comté. Voyant un i^^ogrand nombre de croisés entraînés par l'exemple da comte de Champagne, il finit, sur les conseils du grand maître de THôpital, par adhérer aux négociations qui se suivaient avec le sultan d'Egypte ; et qui permettaient d'espérer la ville de Jérusalem, avec une partie notable de Tancien royaume. Nodgem-Eddin envoya un de ses principaux émirs pour s'entendre définitivement sur ces conditions, assez semblables, dans leur ensemble, à celles de la paix de Malec-Kamel et de Frédéric.

Durant les pourparlers nécessités par la préparation du traité ^ pourpariers qui se prolongèrent jusqu'au mois de février la^i» le comte de Cornouailles alla rejoindre le duc de Bourgogne, resté à Âscalon avec les ouvriers. Il fut secondé par les chevaliers d'outre-mer, qui maintenaient leur accord particulier avec Ismaêl, sultan de Damas, et il eut la satisfaction de conduire à bonne fin l'œuvre conmiencée, en y consacrant généreusement une grande partie de ses richesses ^. La construction d'Ascaion rappela par * son étendue la forteresse élevée quarante ans auparavant par Richard Cœurde-Lion, son oncle, et détruite par les Arabes lors des guerres de Jean de Brienne en Egypte '.

Pendant ce temps, les chevaliers du Temple, restés* en hostilité contre le comte de Cornouailles, comme ils l'avaient été vis-à-vis de Frédéric, et une partie des croisés, que l'évéque de Marseille, Benoit, avait déterminés à reprendre l'un des projets discutés lors de l'arrivée du roi de Navarre, s'étaient portés en avant du Liban, pour jeter les fondements du nouveau château de Saphed. Le prélat bénit les constructions le ii décembre 12^0, et voulut concourir à la dépense, en déposant, comme of&ande, sur la première pierre, une coupe d'argent remplie de pièces d'or. Le Saphed, une fois terminé, donna la sécurité à tout le pays occupé par les Francs jusqu'au Jourdain, et arrêta souvent la marche des armées de Damas ^.

Les Impériaux, renfermés dans les murs de la ville de Tyr, ne prirent aucune part aux travaux de l'armée, ni dans la Gdilée, ni dans le sud de la Palestine. Quand le château d'Ascaion fut terminé, le comte de Cor-

* Le comte Richard donne dans sa \ei\xe * Conlin. de GoUl. de Tyr, p. ^21, 556.

ie texte du traité , p. 384. ( Voy. aussi la lettre ' Idem, p. 4a i , 555-556 ; Sanudo , p. 9 1 6 ;

d'Herman de Périgord , grand maître du lettre du comte Richard . dans Matthieu Pa-

Temple, dans Matthieu Paris, ann. i244t ris. p. 384.

p. 4i6;M. Beinaud.p. 443; CoM/ift.((«Gai7i. * De construeUone castti Saphêt, ap. Ba-

de Tyr, p. 56a.) luze, Miscell. éd. Mansi, t. I, p. aag.

1240. nouailles remit la garde de la ville, au nom de Tempereur, à Gautier Penenpied, chevalier qui résidait alors à Jérusalem, en qualité de baile impériaP. Quelques années après, cependant, le château d'Ascalon, en vertu d'ordres directs de Frédéric et du roi* Conrad, parait avoir été confié aux chevaliers de l'Hôpital 2.

Faibieuo La ville de Jérusalem avait été, quelque temps auparavant, surprise et

pillée par les nomades de la mer Morte, dont Malec-Naser Daoud, prince de Karak, neveu d'Ismaël, était sultan. Dès le débarquement du roi de Navarre à Saint- Jean d'Acre > Daoud, recommençant les hostilités, avait forcé la gar> nison du château de David à se réfugier à JafTa. Il avait démantelé la citadelle et rasé, en se retirant, les fortifications élevées par les Francs à la porte Saint-Etienne, du coté de la vdlée du Cédron , pour se couvrir contre ses incursion^^. Jérusalem fut depuis lors une ville ouverte et à peu près sans défense. Un simple mur de clôture, dépourvu de créneaux, entourait certains espaces et ne pouvait offrir aucun moyen de résistance*. Les Francs, remis peu après en possession de Jérusdem, relevèrent le château de David; mais ni Gautier Penenpied, qui exerça alors l'autorité de baile impérial dans la ville, ni son successeur, durant les quatre années au plus que les Francs y furent encore maîtres, ne purent opérer la reconstruction générale des remparts , œuvre postérieure et toute musulmane. La ville entière leur avait été cependant livrée. Un écrivain arabe, visitant la capitale de la Judée, à cette époque^, fut étonné de voir les Francs occuper la mosquée d'Omar elle-même , que le traité de Frédéric avec Malec-Kamel , en 1 3 2 g , avait réservée aux musulmans. Richard de Cornouailles, après avoir ratifié le nouveau traité, reçu les derniers prisonniers de Gaza, et accompli son pèlerinage dans la ville sainte, alla s'embarquer à Saint-Jean d'Acre, le 3 du mois de mai i24i, pour rejoindre l'empereur en Italie^. Il avait fait donner une

' Contin, de GuilL de Tyr, p. ^ s i ; Sanudo , p. 1 1 8 ; cf. Cont'tn. de GailL de Tyr, liv. XXXIII,

p. 316. chap. Lx»p. 433.]

' Du moins, en ia43, Frédéric et Gon- ^ Contin, de Gaill. de Tyr, p. 5 39, 53o;

rad confèrent la garde du château d'Ascalon cf. M. Reinaud, Ckron. arabes, p. 439, 44o.

aux Hospitaliers par deux diplômes du 442.

3o août et 3o novembre, qui semblent avoir ^ Coniin, de GailL de Tyr^ p. 629.

été acceptés en Syrie, bien que, à cette ' Gemal-eddin. M. Reinaud, Chron. or.

époque, les chevaliers de la haute cour se p. 443.

fussent soustraits à Tobéissance de Tempe- ^ Lettre du comte Richard , p. 384 ; Coureur et de son fils. (Paoli , Cod. diplomat. t. I , tin. de GailL de Tyr, p. 4a 1 >

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