HUGUES II DE LUSIGNAN
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Piauantee d^Aotiocke est régente de Chypre. L*archevéque de Nicosie lève rinterdit jeté sur le royaame. Projet de mariage de la reine avec Baiian dlbelin d^Arsur. Travaux de saint Louis en Palestine. Le roi revient en France. Trêves avec les Sarrasins. Zèle de Tarchevéque de Nicosie pour la discipline ecclésiastique. Guerre civile dite de Saint-Saha en Terre sainte. La reine de Chypre régente de Jérusalem. Boénond VI d*Antioohe seconde le gouvernement de sa sœur. Les Génois sont contraints de quitter Saint-Jean d'Acre. Geoffroy de Sergines baile de Jérusalem au nom de Plaisance. Les Francs de Saint-Jean d'Acre refusent de seconder f invasion des Mongols en Syrie. Inquiétude des chrétiens à Tavénement de Bihars Bondocdar. NouveauiL conflits entre Tarchevéque latin et Tarchevéque grec de Tile de Chypre. Constitution définitive de l'Église grecque en Chypre. L'archevêque de Nicosie se retire en Toscane. Mort de la reine Plaisance d'Antioche. Les principes de successibilité dans le royaume de Chypre tendent à s'écarter des dispositions des anciennes assises. Hugues d'Antioche est régent de Chypre par l'influence des jMnncipes saliquea. Les Génois , en haine
' des Vénitiens, aident les Grecs à reprendre Constantinople. Trêve inattendue en Syrie avec Bihars. Le sultan cherche des alliances chez les chrétiens. Sécurité de l'île de Chypre. Bon état de ses forces militaires. Bihars se venge des Chypriotes sur le prince d'Antioche. Michel Paléologue menace l'île de Chypre. Ménagements eicessifs de l'autorité civile pour les Grecs. Plaintes du nouvel archevêque de Nicosie et du pape au régent de Chypre. Attaque imprévue de Bihars sur Saint-Jean d'Acre. Attitude équivoque des Génois. InsufiBsance des pouvoirs de Geoffroy de Sergines.
La reine Plaisance d'Antioche , après le décès de son mari , fut reconnue, 1253. par les chevaliers chypriotes, en qualité de tutrice et de régente de son puiMnce fils, âgé de quelques mois seulement^. Quoique jeune encore, c'était une régente femme capable d'occuper avec fermeté le pouvoir, ce qu'indique un chroniqueur vénitien du temps , écrivant en français l'histoire de son pays , lorsqu'il
^ Doc. sur la successibilité el la régence. (Assises, t. II , p. r|2o.)
dit d'elle que c'était « une des plus vaillaat dame du monde ^ » La bienveillance de Plaisance et de^ chevaliers chypriotes pour les Vénitiens explique, autant que le mérite de la reine , cet élc^e peut-être excessif.
L'«rckev0^ae L'archevéquc de Nicosie, en apprenant la mort du roi Henri, renlra eu lève l'interdit. Chypre et leva Tinterdit qu'il avait autrefois décrété contre le royaume ^. La prudence de la reine, désireuse de prévenir les difficultés que pouvait rencontrer son autorité au début d'un règne, amena, sans doute, cette réconciliation en donnant quelques satisfactions au prélat. Rien ne fut changé cependant aux dispositions arrêtées avec la cour apostolique pour le gouvernement ecclésiastique du royaume. La faveur qu'Innocent IV avait accordée aux Chypriotes, sans s'arrêter aux réclamations des prélats latins, ne fut en rien diminuée. A côté d'Hugues de Fagiano, archevêque des Latins, Germain demeura métropolitain des Grecs et des Syriens de Chypre, indépen dant du métropolitain des Francs, et ne relevant, comme lui, que du souverain pontife'.'
Sa rigueur
à l'i^gerd
flrs Grecs.
Hugues adhérait avec r^pret à cette tolérance, qu'il croyait contraire aux intérêts de la religion. Il se résigna cependant quelque temps à l'amoindrissement qu'elle lui imposait. La dignité de son Eglise , les soins du rite et de la discipline lui donnèrent des occasions suffisantes d'exercer son active vigilance. Tantôt il dénonçait au pape la négligence des chevaliers qui laissaient s'arriérer dans leurs terres l'acquittement des dimes ecclésiastiques; tantôt il se plaignait de la tiédeur de la reine à seconder ses mesures pour combattre les croyances ou les coutumes des Orientaux , suspectes , à ses yeux , d*hérésie ^ Le Saint-Siège, louant son zèle ^, cherchait pourtant à l'éloigner des questions qui pouvaient amener de trop vives controverses avec les Grecs. Des différends s'étant élevés dans quelques villes entre les prêtres des deux rites, à l'occasion des dispenses de parenté requises pour les mariages et autres cas relatifs à l'administration des sacrements. Innocent IV détermina, sur chaque point spécial, la doctrine catholique, obligeant les Grecs à s'y conformer, mais leur laissant, en dehors de ces termes, la liberté de leurs
^ Martin de Gânale , La Croniqne des Vénicieru, p. A6o, dans YÀrchmo storico itaUano, in-8', Florence, i845.
* Amadi, fol. 166.
^ Préambule de la Constitution d'Alexandre IV, de 1260. (Voy. ci-après . ann« 1^60.)
* Lettres d'Alexandre IV, de ia55, à la reine de Chypre et à Tarchevéque de Nicosie. (Cartul. ms. de Sainte-Sophie, n** 70, 99. Cf. Hist. de Chypre, t. III, p. 662.)
^ Lettre d'Alexandre IV, du i3 janvier i 2 55. (Càrtul. de Sainte-Sopbic , n" 1 3.)