‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 199 sur 283 · LIVRE I, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XIV

Les combats recommencèrent plus vivement que jamais après son départ entre les Européens. Saint-Jean d'Acre semblait une ville prise d'assaut. Les rues étaient barricadées; Saint-Saba était devenue une forteresse, chaque quartier un camp retranché; et, du haut des tours, que les Italiens avaient élevées dans leurs maisons suivant Tusage de leur pays, des machines de si^e lançaient au loin des blocs de pierre d'un poids énorme. Le pape Alexandre IV parvint enfin à négocier un compromis entre les parties intéressées ^ Les prisonniers furent délivrés de part et d'autre; mais il fallut que les Génois abandonnassent leurs établissements de Saint-Jean d'Acre, et se retirassent tous à Tyr, auprès de Philippe de Montfort^. La population était tellement irritée contre eux, qu'on défendit à tout navire d'aborder au port de Saint- Jean d'Acre sous pavillon génois. On détruisit ]a loge de leur nation et sa tour consulaire^, on abattit le fort de Saint-Saba, et les colonnes de ces édifices furent emportées comme des trophées à Venise^. La fureur d'une armée infidèle n'aurait pas amoncelé à Ptolémaïs plus de ruines qu'il n'y en avait alors. Des calculs, sans doute exagérés, portent à vingt miUe le nombre des victimes qu'avait faites cette guerre fratricide ^.

Page 1