‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 200 sur 283 · I2JA · texte numérisé non relu

I2JA

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de (|uilter

Sainl-Jcau

d'Acre.

Jean d'Ibelin étant mort à la fin de Tannée i258^, la reine de Chypre, revenue à Saint-Jean d'Acre au mois de mai suivant^, nomma Geoffroy de Sergines pour occuper sa place. Le nouveau bailc réunit ainsi la lieutenance royale à l'office de sénéchal du royaume et au commandement spécial des honmies d'armes français. Cette concentration de pouvoir convenait à la situation du pays et fut utile au rétablissement de la sécurité publique. A la faveur des guerres des deux dernières années, les habitants des villes et de la campagne s'étaient laissés aller à l'indiscipline; les routes s'étaient couvertes de bandits. Geoffroy de Sergines rétablit l'autorité des lois et l'ordre

G«oflroy

de Sergines

bai le

de Jcrusalcm.

' Barth. Scriba, Annal, Genuen. ap. Murat. L VI, col. 526; Ganale, Cron. des Véni- <fiViu,p. 476.

' Contin.de GuilL de Tyr, p. 443, 635; Sanudo, p. 221 ; Amadi, foL 169.

' Ganaie, Croniqae des Vénicienss p. 47a; Âiidré Dandoio, Chronic, ap. Muratori , ScripL ItaL t. XII. col. 367, et Taddition du ms. de Milan.

^ • Et furent poriéeD en Venice les pierres «du fondement de la tor et des piliers.» {Contin. de GuilL de Tyr, p. 443.) La colonne

engagée dans Fangle méridional de la façade de Téglise Saint-Marc, vers la piazelta, et le.s deux pilastres isolés, voisins de cet angle, passent pour avoir été transportés alors de Téglise de Saint-Saba à Venise. ( Voy. une dissertation de M. Weber, dans Ë. Cicogna, Iscrii. veueziane , t. I, p. 379.)

^ Contin. de GuiUaunie de Tyr, ms. de Rothel. p. 635.

' ïbid. liv. XXXIV, ch. 111, p. A43;Amadi, .fol. 169.

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général, li laissa en Palestine, où il mourut dix ans après ^ le souvenir d'un inexorable justicier^. Il fut sévère pour tous, et sut ne point ménager les grands coupables. Un chevalier ayant tué Févéque de Famagouste , à Saint- Jean d^Acre, le baile vint lui-même avec des honunes d'armes s'emparer du meurtrier, dans la rue des Pisans, où il s'était réfugié, et le fit pendre sans miséricorde', malgré les privilèges de son rang, malgré les réclamations des Pisans, et nonobstant l'usage, si puissant encore, qui autorisait l'homicide, surtout s'il était noblç, à racheter son crime par une composition pécuniaire. Le sire d'Arsur, auquel Geoffroy de Sergines succédait, était le quatrième fils du vieux sire de Beyrouth, nonuné Jean d'Ibelin conmie lui, celui-là même que l'on croit avoir passé quelques années, dans sa jeunesse, à- la cour de Frédéric II, conmie châtelain, ou sire de Foggia, d'où lui serait venu le surnom de Jean de Foies ^. Il avait eu en partage, du consentement de ses frères, l'ancienne Antipatris, par sa mère Mélissende d'Arsur, héritière de la seigneurie. Balian, son fils, le fiancé séparé de la reine de Chypre, prit le parti, en 1261, de vendre sa terre aux chevaliers de l'Hôpital, dans la crainte de ne pouvoir la défendre contre les Arabes avec ses seules forces^. Malgré cette aliénation, que suivit de près la prise de la ville^, Balian conserva son titre héréditaire de sire d'Arsur '', et ce nom se perpétua, par des transmissions successives, jusqu'aux derniers règnes des princes français dans le royaume de Chypre, où les guerres du continent obligèrent tant de familles chrétiennes à chercher un refuge.

Les Francs

de Saint-Jean

d'Acre

refoscnt

de seconder

les

Mongols.

Les Mongols s'étaient alors rapprochés de la Syrie, comptant sur les sympathies instinctives des anciennes populations chrétiennes asservies par l'islamisme et sur le concours des Latins. Depuis le temps où nous avons vu les con(](hérants de la haute Asie envoyer une ambassade au roi de France, arrivé en Chypre, les Arméniens, liés les premiers avec eux, étaient devenus les auxiliaires habituels de leurs troupes. Le roi Haîton I*' avait visité la cour de l'empereur Mangou^, accepté sa suzeraineté, et resserré les relations établies

^ Conlin, de GuUl. de Tyr, ann. 1269.

* Ibid, liv. XXXIV, ch. m , p. 44^ ; Amadi , fol. 170.

3 /(/. ihid,

^ Voy. ci-desAuSt p. 2 A 6.

^ Conflit, de Gai//, de Tyr, p. /i 46 ; Sanudo , p. 22 1, 2^6, 249*

* Voy. ci-apr^s, ann. i265.

^ Quelquefois dans les teites Âhsar, àssnr et Arsoaf.

* Le roi d'Arménie effectua ce voyage dann les années i254et laSS. Un écrivain de sa mai.son , Kirakos Kaîdzaketsi , en a rédigé un ilinéniire , que M. Klaproth a traduit en français. (Journal, asiatique, 3* série, i833, p. 273.)

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