LIVRE I, CHAPITRE XIV
iarcbevéque latin recevait de ses suAragants, lors de ses visites pastorales. On fixa à des sommes déterminées et modérées les droits de procuration ou de g^te, que les évéques grecs des diocèses de Paphos, de Famagouste et de Limassol, avaient, en outre, à payer à Tarchevéque latin dans ses tournées générales de métropolitain.
8. Enfin il fut réglé que les dîmes, dans toute Fétendue de File de Chypre, et sans que personne s'en prétendit exempt, appartiendraient à TEgiise latine.
En ce qui concernait spécialement Germain , bien que le royaume ne dût plus avoir, à l'avenir, d'arcbevéque grec, le pape assura au prélat, pour toute sa vie, la dignité métropolitaine. Il transféra Nibon, évéque de Solia, à révéché vacant d'Arsinoé , et donna Tévéché de Solia à Tarchevéque Germain, en lui laissant la faculté de résider soit dans la vallée même, soit à Nicosie, à Téglise de Saint-Bamabé des Grecs, qui appartenait à Tévèché de Solia ^ Germain devait prêter serment d'obéissance à Tarchevéque de Nicosie , comme évéque particulier de Solia. Ce serment ne conférait toutefois à Tarchevéque latin aucun droit sur la personne de son colique, et Germain nen conservait pas moins, sa vie durant, comme métropolitain des Grecs, le privilège de sacrer et d'installer les évéques de son rite une fois que la validité de rélection aurait été reconnue par l'ordinaire latin. U devait continuer, à sa convenance, ses visites et ses inspections dans les églises et les monastères grec^ des quatre évéchés de l'ile.
La bulle d'Alexandre IV fut déclarée commune aux Grecs et aux Syriens de nie, les deux peuples ayant le même rite et le même clergé. En l'examinant dans ses dispositions générales et permanentes, on ne peut méconnaître que la nouvelle constitution empira le sort de l'Eglise grecque et lui ôta tout espoir de rester sur le pied de l'égalité avec l'Eglise latine. Si on en excepte les satisfactions momentanément données aux Grecs, en la personne de l'archevêque Germain, la déclaration apostolique supprima toutes les concessions faites aux Chypriotes par Innocent IV, et rétablit les principes posés par Célestin UI et par le cardinal Pelage, lors de la première institution de l'Église romaine dans l'île.
L'trcheviqne
de Nicosie
te rotiro
en Toscftne.
* Nous ne pouvons expliquer par suite de quelle circonstance Léon Allatius, en mentionnant un synode des évoques grecs de Chypre, tenu vers ia6o, sous la présidence
de leur métropolitain Germain , donne à ce prélat le titi*e d' évéque d*Amathonte. (De Synado Phot lib. VIII , p. 5o6 ; Mansi , ConeiL t. XXni.col. ICI 1.)
1260. L'autorité supérieure était en entier réservée à Tarchevêque latin et aux
évêques, ses sufiiragants. Les prélats grecs n'étaient plus que les délégués et les vicaires des Occidentaux auprès des fidèles de leur propre rite. Ainsi que le disait Tarchevéque Raphaël , dans une instruction adressée aux Grecs peu de temps après la publication de la bulle de 1 260 , et qui lui servit de comjnentaire ^ , les évéques latins étaient les vrais pasteurs institués pour le royaume de Chypre; les évêques grecs n y étaient plus que tolérés^.
Il semble cependant que Hugues de Fagiano ait vu avec r^ret les égards personnels que Ton conservait pour le métropolitain grec. N'ayant pas obtenu d'Alexandre IV les pouvoirs entiers qu'il croyait indispensables au ministère, il se démit de nouveau de ses fonctions peu après la promulgation de la bulle de 1 260. L'instruction de l'archevêque Raphaël, dont nous avons parlé, ne portant pas de date, on ignore l'époque à laquelle son prédécesseur résigna le siège de Nicosie. Mais on apprend des historiens italiens que l'archevêque Hugues était de retour en Toscane vers le commencement de l'année 1263^
Sans cesser de s'intéresser au sort de File de Chypre et de son archevêché, dont il conserva toujours le titre, Hugues de Fagiano avait résolu de terminer ses jours dans la paix du cloître et dans son pays natal. Il s'établit à Rezzano, près de Pise , dans la vallée de Calci, et y fonda , sous le nom de Nicosie, un monastère de treize chanoines réguliers de l'observance de saint Augustin. Il avait adopté pour lui-même, depuis longtemps, la rj^Iejsévère des Prémontrés. U s'était associé à Tordre, dans le couvent de Lapais, du district de Cérines, peu après son arrivée en Chypre, où il était venu, comme l'on sait, avec le roi saint Louis. Retiré du monde, n'étant plus en rapport qu'avec des chrétiens vivant et priant comme lui, il se fit aimer par sa bienfaisance et honorer par ses vertus. La ville de Pise eut plusieurs fois part à ses libéralités; il contribua à l'embellissement de la cathédrale de l'Assomption , et mourut vers 1 268 au eouvent de la vallée , qu'il appelait sa.chère Nicosie. Il fut r^etté conmie un des bienfaiteurs de sa patrie, et reçut, peu après sa mort, de la vénération publique, le titre de bienheureux^.
* Constitalio instrmens Grœcos, Mansi , Cou- ' Voy. une notice que MaUei a consacrée à ciL t. XXVf , coi. 332; Labbc, t. XI, col. Hugues de Fagiano, dans le savant recueil 2 386 et suiv. intitulé : Memorte istoriche di pià uomUi Uluslri
* iQuare Latini episcopi sint in Gypri in- Pisani; Pise, 1792 , t IV, p. 91 et suiv.
« sula ordinati, ipsitolerati.» (Labbe, Conci/. * Mattei, Memorie di pik Ulusiri Pisani,
L XI , col. 3388.) t. IV, p. 97. 1 1 2.