‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 213 sur 283 · LIVRE 1, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE XV

• de ce royaume. Ils l'ont eu, ils l'ont possédé et en ont joui, tant que ma i2c4.

• mère a vécu, comme de leur droit. Maintenant que Dieu a fait son com- « mandement de ma mère , moi , qui suis son (ils , son héritier légitime et

■ cousin-germain duditroi Hugues, je viens en ce royaume, comme en mon

• droit, et je vous fais à savoir que je suis l'héritier le plus direct et le parent «le plus proche de monseigneur Hugues, mon cousin, pour avoir et tenir

> jusques à sa majorité, le bailliage de ce royaume, qui lui appartient.

• Et je dis qu'il est d'usage et de droit en ce pays que, quand une succès -

• sion d'héritage ou de bailliage échoit à plusieurs parents du même degré, « celui qui est l'ainé parmi tous ces parents recueille la succession , s'il la

• requiert. Et il est évident qu'il doit en être ainsi. En effet, suivant l'assise « et l'usage de ce royaume , ni fief ni seigneurie ne se partagent entre frères « ni entre parents mâles; le fief ou la seigneurie doit passer tout entier à l'un « d'eux , c'est-à-dire à l'ainé , s'il le réclame ; car il serait étrange que , parmi

• des parents du même degré, le cadet héritât avant l'ainé. Cela ne s'est vu

• et ne se verra jamais , s'il plait à Dieu , dans ce royaume.

• Je dis que je suis l'ainé de tous les parents survivants de monseigneur

• Hugues , mon cousin , à qui puisse arriver la succession de ce royaume , du

• chef de notre commune aïeule, la reine Alix. Je suis son plus direct et légi- < time héritier de par ma mère ; car le fils ou la fille demeure en saisine et

■ en tenure de ce dont son père ou sa mère étaient légalement saisis et te- « nants à sa mort. Or, madame, ma mère étant morte en possession du bail-

• liage de ce royaume , conune de son droit, moi , l'aîné des parents de mon-

> seigneur mon cousin , je dois obtenir le bailliage avant tout autre. Si vous « reconnaissez , seigneurs , que je doive l'avoir, j'offre de faire ce qui sera de

■ mon devoir comme baile, quand on m'aura fait ce que l'on doit au baile. » Le régent jurait, en effet, d'observer les assises du royaume et les privilèges des chevaliers, après que les liges l'avaient reconnu, soit par le serment de fidélité, soit par la foi et l'hommage.

Hugues de Brienne prit la parole après Hugues d'Antioche et lui répon- R«pon»c dit ainsi ^ : . i®™i®

« A ce que vous dites que vous devez avoir le bailliage de monseigneur

• Hugues (que Dieu le fasse prud'homme!) parce que vous êtes son plus « droit héritier, je réponds que vous n'êtes pas l'héritier le plus direct , et

• Doc. relatifs à la successih. Gh. iv; Assises, t. II, p. 4o3.

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