I. aG
de Brienne.
que je le suis. Comine vous, je puis dire que la reine Alix est mon aïeule, le roi Henri mon oncle, monseigneur Hugues mon cousin, et, de plus, ma mère était Fainée du roi Henri et Tsunée de madame voire mère, tous trois enfants de notre aïeule, la reine Alix. Quand la reine mourut, ma mère aurait eu comme Tainée la seigneurie de Jérusalem si, en ce royaume, les frères n^héritaient pas avant les sœurs ; ce qui fit donner la succession à notre oncle Henri. Sans doute, il est de coutume, en ce royaume, que Tenfant, le fils ou la fille, reste au point même où se trouve son père et sa mère quand il meurt , pour recueillir les droits et les successions qui peuvent leur échoir; cela se voit en tous les cas, excepté pour le l>ailliage. Et, puisqu'il est ainsi, que je suis fils de la comtesse Marie, qui fut ainée de votre mère, je dois avoir le bailliage de ce royaume avant vous, de 'même que ma mère Faurait eu avant la vôtre, si elle eût vécu, car (je représente ma mère et) je suis demeuré au point où elle était. Et qu'il soit vrai que le fils ou la fille ne demeurent pas, quant au bailliage, dans la saisine et la possession que vous dites, cela est certain, car le bailliage n'échoit pas au fils ou à la fille de celui qui Ta tenu déjà, s'il y a des parents plus proches que lui du côté de l'héritier de qui vient le bailliage ; et la preuve c'est que, si le roi, notre oncle, et nos mères eussent eu une sœur plus jeune que votre mèr^, il n'y a pas de doute que cette sœur n'eût actuellement le bailliage de notre cousin avant nous, comme plus proche parente de lai que vous et moi.
« Et quant à ce que vous voulez vous prévaloir de l'assise et de l'usage de ce royaume pour obtenir le bailliage, parce que vous êtes mon aîné, je dis que vous ne le pouvez, car l'assise de ce cas est faite pour les frères et sœurs. Et je n'entends pas que l'assise et l'usage de l'aînesse règlent les cas des autres parents tels que nous sommes« Jamais il n'y a eu esgard ou connaissance de cour en ce royaume qui l'ait ainsi décidé. Le contraire de ce que vous dites advint même au royaume de Chypre , où l'on a juré de suivre les usages et les coutumes de ce royaume. La haute cour de Nicosie esgarda que sire Oste Bédouin, puiné de sire Thomas de Malandre, son cousin germain, comme je suis le vôtre, devait avoir le fief de sire Thomas Bédouin , leur aïeul , parce que ledit Oste était fils de l'ainé des enfants de sire Thomas. Et personne ne peut dire que la cour de Chypre, où il y a tant d'hommes sages et expérimentés, eût ainsi décidé, si elle eût pensé que son esgard fût contraire à la coutume de ce royaume-ci. On ne dira pas davantage que Thomas de Malandre perdit sa cause par faute de bien plaider.