‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 22 sur 283 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

nie de Chypre, et se trouvait au camp de Saint Jean d'Acre. Robert de 1191. Tomham, resté seul chai|;é du commandement, marcha directement au foyer de la rébelUon, dispersa les rassemblements encore mal organisés, s'empara de leur chef, et le fit attacher à une potence ^ Les chroniqueurs ne disent pas qu'il y ait eu en Chypre, depuis ce temps, d'autres soulèvements contre les Anglais.

Le roi Richard, quoique ses troupes eussent facilement conservé l'avan- l'oH»

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tage contre les Grecs dans cette première insurrection, redouta pour elles de «cbèto nie nouveaux dangers. Il désirait réunir toutes ses forces à Saint-Jean d'Acre, où roi Bîehard. il faisait construire de nombreuses machines de siège, et augmentait par des enrôlements le nombre de ses honmies d'armes. La pensée lui vint, dans ces circonstances, de se défaire de l'ile de Chypre et de céder sa conquête aux Templiers. Le nouveau grand maître de l'ordre était, connue nous l'avons vu, un de ses feudataires du comté du Maine. Le roi entra facilement en arrangements avec Robert de Sablé à ce sujet, et vendit ou engagea l'ile de Chypre aux chevaliers du Temple, moyennant cent mille besants d'or^, qu'on appelait besanU sarrasins, parce que les besants frappés par les princes croisés étaient généralement en argent. Quarante mille pièces d'or furent inunédiatement remises au roi d'Angleterre, et le payement des soixante mille besants restants assuré en différents termes par l'occupation de l'un des châteaux de l'ordre situé en Palestine^.

Rendus enfin aux soins de la croisade, les deux rois unirent leurs efforts, Pnse et Saint-Jean d'Acre, vainement secouru par Saladin, capitula le i3 juillet. à* Ken, On régla les conditions du partage de la ville, en respectant les droits des anciens propriétaires chrétiens dépossédés par la conquête musulmane^. Après qu'on eut pourvu à l'installation des armées dans la capitale provisoire du royaume, les rois résolurent d'examiner solennellement la question de la souveraineté, restée pendante entre les deux compétiteurs. Les discussions dont elle était la cause avaient failli plus d'une fois ensanglanter le camp, et s'étaient renouvelées avec plus de vivacité depuis la prise de Saint-

^ &t>mpton, coi. 12 o3; Benoit dé Péteib. vraie, serait environ de huit millions de

t. II, ann. 1 191, p. 657. francs. (Voy. HisL de Chjrpre, t. II, p. 7.)

* Cette somme, dans sa valeur maté- ^ Voy. Contin, de GniU, de Tyr, p. 189,

rielle et intrinsèque, peut être estimée à ch. xi, et les extr. du ms. c. p. 170; extr. du

950,000 francs de notre monnaie actuelle. ms. d. p. 1 8d et 1 86.

La valeur relative, qui est au fond la seule * Coniin, de GuilL de Tyr, p. 176.

1101. Jean d*Âcre. Pour les Français, Conrad de Montferrat, marié à ia reine Isabelle, était le vrai roi de Jérusalem; et Philippe* Auguste retombé malade, abandonnant déjà la poursuite de la croisade, avait par avance transféré au marquis toute sa part des biens qui lui revenaient, et des conquêtes que ses troupes pourraient efiectuer dans la suite en Syrie ^

Le roi d'Angleterre, bien qu'il désirât la retraite de Philippe-Auguste, refusait de reconnaître cette donation , qui conférait à un de ses ennemis des avantages presque égaux aui privilèges de sa couronne. Jaloux du nombre des honmies d'armes français, il avait offert une paye plus élevée à tous ceux qui délaisseraient leurs compagnies et passeraient à son service^; il avait fait répandre de faux bruits sur la santé du prince Louis, fils aîné du roi Philippe, afin de déterminer son départ, ou d'a^aver sa maladie^ Mais le roi de France, qui , dans ces circonstances, montra un grand esprit d'équité et de conciliation , ne voulut pas quitter la Palestine sans avoir assuré par son assentiment régulier l'exercice de l'autorité royale à l'un des prétendants.

Aceordananjei Les 27 ct 28 julllct, uuc grande assemblée ou pariement des seigneurs et la roytnU. des prélats du royaume, auxquels se joignirent les chefs des armées confédérées, eut lieu à Saint-Jean d'Acre. Il y fut reconnu que Guy de Lusignan, déjà sacré, conserverait seul le titre de roi de Jérusalem; mais on décida en même temps que les revenus du royaume devraient être partagés entre le roi Guy et le marquis Conrad. On déclara que, si Guy de Lusignan se remariait , ses enfants ne pourraient rien prétendre dans la succession royale. , La possession héréditaire de la ville de Tyr fut assurée à Conrad ; on y ajouta Beyrouth et Sidon, qu'on espérait reprendre, sous l'obligation habituelle du service militaire du au roi de JérusalenL Au cas de prédécès de Guy de Lusignan, les deux époux Conrad et Isabelle, et après eux leurs enfants, devaient succéder à la plénitude de la royauté. Enfin Geofiroy de Lusignan , frère du roi, reçut héréditairement le coiQté de Jaffa et la ville de Césarée^.

Le roi Richard Quclqucs jours après la délibération de Saint-Jean d'Acre, Philippe-Au- «eni en Syrie, gustc sc sépara du roi d'Angleterre pour retourner en France. Au premier

' Vinisauf, p. 342; M. Reinaud, Ckron, ^ RogerdeHoveden,p. 697. 714 ; Benoit

ara6e5« p. 3 18. de Péterb. ann. 1191; Sicardi, ap. Murât.

* Contitk. de GvUL de Tyr, p. 1 80 ; cf. Vini- t VII , col. 6 1 4 ; Brompton , col. 1 208 ; Vinisauf, p. 33 2 . sauf (p. 34 s ) dit : • le comté de Jaffa et d'As-

' Contûi. de Guill. de Tyr, p. 1 80. calon. »

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