‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 223 sur 283 · LIVRE I. CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE XV

elle le fief principal du vieux sire de Beyrouth passa aux Monifort d'Orient, D<:crnibr.> 1207. déjà seigneurs de Tyr el de Toron.

Il paraît que le traité de saint Thomas d'Aquin sur les meilleurs moyens

Ecrit

d'assurer la prospérité des Etats, intitulé, Du gouvernement des princes, et saim Thoma» dédié, d'après les manuscrits, à un roi de Chypre ^ qui n'est pas nommé, était dosiinë destiné par lé saint docteur à l'éducation politique et morale du fils de Henri I^ de Lusignan. Cependant, d'après le P. Etienne de Lusignan, l'un des descendants de l'illustre famille royale de Chypre ^ réfugié en Europe après la conquête de l'île par les Turcs , le De regimine principum aurait été dédié à Hugues DP.

Nous croyons, comme les savants historiens de l'ordre de saint Dçminique^, et par les mêmes raisons, que le livre et l'hommage s'adressent plutôt au roi Hugues II, cousin et prédécesseur de Hugues III. Est-il vraisemblable que saint Thomas d'Aquin, sujet du roi Charles d'Anjou, auquel sa famille était toute dévouée, eût placé un de ses écrits sous le patronage de Hugues III de Lusignan, qui, à peine investi de la couronne de Chypre, reçut aussi celle de Jérusalem, et devint ainsi l'adversaire des prétentions du roi de Sicile à la royauté de Terre sainte, prétentions avouées déjà par Charles d'Anjou, avant que Marie d'Antioche lui eût fait, comme nous le verrons, l'abandon de ses droits? Les conseil» et les exemples réunis par saint Thomas dans le De regimine pour la bonne conduite des peuples n'étaient-ils pas plus naturellement et plus opportunément offerts à l'esprit d'un prince jeune encore, comme Hugues II, et appelé à prendre prochainement la direction, de ses États, qu'à un homme déjà mûr et depuis longtemps initié aux difficultés du gouvernement, tel que Hugues III?

La fin prématurée de Hugues II rendait inutile l'œuvre commencée pour lui , et c'est peut-être là le motif, jusqu'à présent inconnu, qui détourna saint Thomas d'Aquin d'achever cet ouvrage, bien que le docteur angélique ait survécu de six années au roi Hugues II ^.

^ Frère Etienne de Lusignan , nommé Jacques avant son entrée dans Tordre de Saint- Dominicpie , était Tun des nombreux enfants de Jason de Lusignan » gouverneur de Limassol , fiis lui-même de Philippe de Lusignan , seigneur de Psimolopho, qui descendait directement , de mâle en mâle , du roi Jacques I". Le P. Etienne publia d'abord son Histoire de

Chypre en italien à Bologne ( 1 SyS), puis en français à Paris (1 58o), au couvent de la rue Saint-Jacques , où il vécut.

* Etienne de Lusignan» Hisi, de Çypre, fol. i36; Généalo(fies , fol. 17.

^ Quétif et Écliard, Script. Prœdicat. t. I, p. 337.

^ Des quatre livres composant le De régi-

/j20 histoire de L ILE DE CHYPRE.

1267. Avec ce prince, s'éteignit la première maison royale de Chypre etlades-

Extinciion cendance immédiate des enfants de Hugues le Brun, comte de la Marche, donir^STcr" vcnus cu Oricut avec les Anglais de la troisième croisade. La vraie dynastie des Lusignan n'avait compté que cinq degrés de filiation et quatre r^oes. Hugues II était arrière -petit -neveu du roi Guy, premier seigneur latin de Chypre, arrière-petit-fils d'Amaury, le vrai fondateur du royaume. Il ne restait pas un seul parent mâle issu directement de Tun de ces ascendants. Quelques princesses, filles d'Amaury et de Hugues I*% avaient créé des alliances et apporté des droits dans les familles d'Antioche, de Brienne, d'Arménie et de Montbéliard. De tous les mâles rattachés ainsi collatéralement à la race de Lusignan , il avait été déjà reconnu que le plus rapproché, d'après la coutume d'Orient, était Hugues d'Antioche, fils du prince Henri. Les décisions des cours de Nicosie et de Saint-Jean d'Acre avaient valu à ce nouvel Hugues la régence de Chypre et la régence de Syrie, en lui assurant par avance une double couronne.

La mort du pupille royal n'amena donc en fait aucun changement à la tête des deux royaumes. Les pouvoirs temporaires du baile s'élevèrent et se perpétuèrent, en devenant les droits du roi même. En Syrie, ils restaient cependant subordonnés à la souveraineté de Conradin, seul héritier de Frédéric et d'Isabelle, reconnu et toujours attendu dans le pays conmie le roi définitif de Jérusalem. '

mine principam, saint Thomas n*a rédigé que mis en ordre les matériaux du second et ré-

Ic premier et ébauché le second. Toloméc digé entièrement le troisième et le quatrième. (Barthélémy) de Lucqnes. son disciple, a (Voy. Qn et if et Échard, /oc. cil.)

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