CHAPITRE XVI
HUGUES 111 D'ANTIOCME - LUSIGNAN ,
nOI DE CHYPRE, PUIS DE JERUSALEM.
Hugues d'Aulioche prend le nom de Lusignan. Il passe en Syrie, où les hostilités étaient reprises. Négociation et rupture d*un traité avec le sultan. Marie d*Ântioche conteste les droits du roi Hugues à la couronne de Jérusalem. Le roi Hugues maintient sa requête , sans engager de déi>at. Il est reconnu roi de Jérusalem. Conradin se trouve évincé de ses droits au royaame de Jérusalem. Mort de Conradin. Couronnement du roi Hugues à Tyr. Observations sur les événements précédents. Faits militaires. De la nouvelle croisade du roi de France. La mort de saint Louis oblige les Orientaux à demander la paix. Expédition de Bibars contre Tile de Chypre. Dernières hostilités en Syrie. Dissentiment entre le roi de Chypre et ses barons au sujet du service militaire. Prétentions du roi. Droits allégués par les hommes liges. Il nest rien statué sur la question. Paix de Césarée entre, le roi Hugues et le sultan pour la ville d^Acre.
Le régent de Chypre et de Jérusalem, fils du prince Henri d'Anlioche, Décembre i267. petit-fils de Boémond IV, s'était déjà séparé d'intérêts de la souche paternelle Hugues de sa maison. Isabelle de Lusignan, sa mère, fille du roi Hugues l®^ lui avait proud lenom
donné son nom patronymique, et Hugues, en l'adoptant, avait notoirement Lusigma. marqué son annexion à la famille maternelle dont il se portait héritier. Sur les actes et les monnaies de son règne il ne prit jamais que le nom de Lusignan ; les chroniqueurs ne lui en donnent pas d'autre.
La proclamation de Hugues d'Antioche en Chypre ne pouvait rencontrer de contestation. La haute cour de Nicosie lui donna l'investiture, et les liges lui rendirent hommage comme roi. Son sacre eut lieu peu de temps après, dans la cathédrale de Sainte-Sophie, le 2&de décembre, au milieu des solennités de la fête de Noël , jour où l'on commençait alors l'année, dans le royaume de Chypre. Le patriarche de Jérusalem, Guillaume d'Agen, venu dans l'île
/i22 HISTOIRE DE LILE DE CHYPRE.
J2fi7. pour la visite pastorale de ses diocèses, fit les cérémooies de louction royale et déposa le diadème sur la tête du prince ^
Avril 1208. Au printemps, informé par les chevaliers de Syrie que le sultan avait en-
iipa»se ^ vahi le sud du royaume, Hugues passa sur le continent^. U annonça, dans
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où Im hostilité» une réunion où se trouvaient les seigneurs et le clergé^, son intention arrêtée rrpriscs. dc preudrc possession de la couronne de Jérusalem; mais il ajourna sa requête légale, afin de pourvoir avant tout à la défense d'Acre et du pays environnant, seul but qu'il pût se proposer, tant que les Orientaux ne seraient pas assistés par une nouvelle armée d'Europe. Il se rendit d'abord à Tyr.
auprès de Philippe de Montfort, dont le fils aine, Jean, épousa peu après Marguerite de Lusignan, sa sœur. S'il ne put alors accorder les Vénitiens et le prince de Tyr, sa présence empêcha, du moins, de nouvelles hostilités entre les partis , et prépara les voies à un arrangement définitif. Le roi de Chypre parait avoir ménagé aussi, vers ce temps, et obtenu, peu après, la rentrée des Génois dans la ville de Saint-Jean d'Acre, qu'ils avaient été obligés d'abandonner depuis dix ans, à la suite de la guerre de Saint-Saba. Il vint ensuite s'enfermer dans les murs de Ptolémaïs avec les chevaliers et Geoffroy de Sergines.
Bibars, arrivé sur les côtes de Syrie, dès le mois de mars^, s'était emparé de la ville de Jaffa, épai^gnée durant la vie du comte Jean d'ibelin, et s'était avancé vers le nord , en évitant les terres de Saint-Jean d'Acre. U en voulait eiors aux Templiers, et surtout au prince d'Antioche, que le roi d'Arménie, son beau-père, était hors d'état de secourir. Au mois d'avril, il avait enlevé le château de Beaufort aux chevaliers et était venu attaquer Boémond VI à Tripoli. N'ayant pu forcer la ville, il ravagea la principauté entière et alla mettre le siège devant sa capitale, qu'il parvint k emporter vers la fin du mois de mai^ Abaga, occupé de ses guerres contre les Mongols duKapichalc et de la Crimée, n'avait pu envoyer les secours demandés par les chrétiens d'Antioche.
^ Conlin. de GuiU, de Tyr, p. 455 ; Amadi, M. Heinaud , Chron, arab, p. 5o3; Contin, de
fol. 174; FI. Buslron, fol. 186. Giii/^ (fe7yr^p.456;Sanudo,p. 333;Âinadi,
* Assises, Doc. ch. xiii, t. II, p. 4i5; fol. 17^; MaLrizi , trad. de Quatremère , en
Amadi, fol. 175. Suivant Sanudo, le roi de 1267, ^' ^» a* part. p. 5i. Chypre arriva à Saint-Jean d^Acre le 2 s avril ; ^ ^ M. Reinaud , p. 5 1 2 ; Condn, de GaiU. d€
p. 2 23. Tyr, p. 456; Sanudo, p. 2 23; Makrizi. t. I,
' Assises, t. II, p. 4 1 5. 2' part. p. 5a , el appendice, p. 190; Aboul-
^ En 666 de Thëgire (1268 de J. C). féda , tr. de Reiske , t. V, p. 21.