‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 234 sur 283 · LIVRE I, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XVI

moins, cet avantage d'amener la noblesse et ia royauté à préciser leurs pré- 1^272tentions réciproques et à articuler leurs griefs. Le souvenir en resta comme d*an préliminaire indispensable et accompli, qui aida plus tard à terminer le débat

La continuation de la guerre devenait cependant impossible, quand la su- ^<^< bordination et le devoir militaire étaient ainsi publiquement mis en doute. . .,po«: .

* * 1« ville d'Acre.

Le roi Hugues se décida à demander au sultan le renouvellement des trêves. Edouard, miraculeusement préservé d'une tentative d'assassinat, confiée par Bibars à detix Ismaéliens entrés au service du prince ^ reconnaissait Finutilité d'un plus long séjour outre-mer et désirait rentrer en Angleterre. Bibars, en acquiesçant à la paix , ôta tout prétexte à une intervention du roi de Sicile, qu'il redoutait par-dessus tout, et se trouva plus libre vis-à-vis d'Abaga. L'acte de la trêve entre les chrétiens et les Arabes fut scellé dans la plaine de Césarée, le 21 ou 33 avril 1272^. Comme la plupart des traités précédents, il promettait la paix pendant un laps de temps minutieusement fixé à une durée de dix ans, dix mois, dix jours et dix heures, et celui-ci fut, par exception, fidèlement observé.

Il n'y avait nul motif d'y faire figurer le prince Edouard , venu passagèrement en Terre sainte, conmie tant d'autres princes croisés. Mais on serait surpris que le roi Hugues n'y fût pas intervenu personnellement et en nom. Les renseignements fournis par les chroniqueurs arabes sur ce traité, dont on n'a pas le texte, semblent indiquer cependant que Bibars, en acceptant peut-être la médiation du roi de Chypre, traita seulement avec les chevaliers de Saint-Jean d'Acre *. Plusieurs fois, il est vrai , le sultan avait témoigné, durant les hostilités, qu'à ses yeux Hugues III n'était encore que le régent ou le seigneur du royaume franc. Il put refuser, en cette circonstance , de se lier directement avec lui , afin d'affaiblir son crédit et de ménager Charles d'Anjou , qui aspirait au rôle de protecteur des chrétiens de Palestine.

La convention de Césarée, d'après ce que nous en savons, n'eut point le caractère d'un traité général réglant les limites et les droits du royaume. Ce fut, à ce qu'il semble, un simple accord pour la pacification de la plaine d'Acre et du chemin conduisant à Nazareth. Cette dernière ville , un instant

* M.Reinaud,p. 53o; Gautier d'Hemin g- p. 2a^; G. d'Hemingford, loc, cû. p. 692;

ford, loc. cit. p. 691; Guill. de Nangis , Gesla Makrizi , t. 1 , 2* part. p. 102 ; M. Reinaud ,

Philipp. ap. Bouquet, t. XX, p. àS^. p. 53o.

^ Contin. de Guill. de Tyr, p. ^62 ; Saoudo , ^ M. Reinaud , p. 53o.

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possédée par les croisés, était accessible aux pèlerins, mais restait dans le domaine du sultan. Partout Toccupation chrétienne se restreignait et se divisait. Les seigneurs de Tyr et de Beyrouth avaient pourvu sépai^ément à leur sécurité. A partir du Carmel, depuis la prise de JafTa, tout le sud du pays vers TEgypte appartenait aux Arabes; dans le nord, il ne restait plus aux Francs que le comté de Tripoli avec la ville de Laodicée et les territoires de Margat et de Tortose, occupés par les ordres militaires, qui s étaient interdit le droit d'y élever aucune fortification.

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