‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 235 sur 283 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

FIN DU RàONR DE HUGUES III D'ANTIOCHE-LUSIGNAN,

Marie d'Antiocfae défère à la cour romaine le jugement de sa réclamation contre le roi Hugues. Accord entre le roi et les barons de Chypre au sujet du service militaire. Mesures du Saint- Siège et de la France en faveur de la Terre sainte. Difficultés que Tautorité du roi de Chypre rencontre en Syrie. On lui refuse la tutelle de Boémond VII, son neveui Grégoire X s'efforce d'empêcher les entreprises d'Hugues de Brienne sur le royaume de Chypre. Mort de Grégoire X. Insubordination des habitants d'Acre et des Templiers. Le roi Hugues se retire en Chypre. Marie d'Antioche se désiste de ses réclamations en cour de Rome. Elle cède ses droits au roi de Naples. Nullité de la cession. Roger de Saint-Sévérin prend possession d'Acre au nom de Charles d'Anjou. Les chevaliers dy royaume refusent l'hommage au comte Roger. Paix entre le seigneur de Tyr et les Vénitiens. Souche des-Mo'ntfort d'Orient. Les chevaliers de Syrie se résignent à reconnaître Roger de Saint-Sévérin. Le roi de Chypre essaye de reprendre Saint-Jean d'Acre. 11 proteste contre l'usurpation de Charies d'Anjou. Révolutions survenues en Egypte après la mort de Bibars. Les chrétiens de Chypre et d'Asie s'unissent aux Mongols contre Kélaoun , nouveau sultan d'Egypte. Bataille d'Émesse. Roger de Saint-Sévérin demeure en bons rapports avec le sultan. Les projets de Charles d'Anjou sur Constantinople amènent les vêpres siciliennes. Kélaoun renouvelle les traités de paix avec les chrétiens de Syrie. Observations sur ces traités. Le roi de Chypre échoue dans une nouveïle tentative contre Saint-Jean d'Acre. Il perd son fds et son beau-frère. Il meurt.

Ce pays si morcelé et si amoindri représentait tout l'ancien royaume des 1272. croisés, et, après avoir tenté Tambition des empereurs d'Allemagne, le mo- Mari*-

. . . d'Anlioclic

(leste héritage de Godefroy était encore l'objet de conflits incessants entre àéttre

à la cour romaine

les princes d'outre-mer. le jugement

(le

Marie d'Antioche ne s'était pas bornée à protester contre le couronnement scsréciamaUon»

• . . conlro

de son neveu. Poussée par les conseils de l'ordre du Temple ^, qui n'avait le roi Huguc». jamais accepté cordialement la royauté d'Hugues III, elle en avait appelé au pape de la décision des barons de Saint- Jean d'Acre, et, après l'investiture de

' Conlin. (le Guili. de Tyr, p. à'jb.

Hugues m, elle était allée chercher en Italie les défenseurs qui lui faisaient défaut en Orient. Elle vit le roi de Sicile, et lui offrit la couronne de Jérusalem ^ Les propositions de Marie d'Ântioche stimulèrent les désirs de Charles d'Anjou , et lui parurent une confirmation suffisante des droits qu'il prétendait déjà au royaume de Palestine du chef de Frédéric et de Conradin, ses prédécesseurs. Mais la réserve du Saint-Siège força le roi à ajourner ses projets. Grégoire X connaissait personnellement la décision de la cour des barons de Syrie qui avait appelé Hugues III au trône. Il avait pu en apprécier la régularité à Saint-Jean d'Acre même , où l'élection du conclave était venu le surprendre en 1271. Il accueillit avec réserve les plaintes de Marie d'Antioche. Il déclara cependant à la princesse, comme satisfaction, qu'en donnant à Hugues de Lusignan le titre de roi de Jérusalem dans les lettres de sa chancellerie, il n'entendait, ni pour le passé ni pour l'avenir, porter atteinte à sa position et gêner ses poursuites^. Marie d'Antioche, demandant catégoriquement que la cour apostolique se prononçât pour ou contre sa revendication, Grégoire X chargea un conseil de prélats de Terre sainte d'instruire juridiquement le procès, tant sur la valeur des premiers appels de Marie d'Antioche, que sur le fond même de sa contestation avec son neveu ^. Neuf mois après la citation qu'auraient à lui adresser les conunissaires apostoliques, Hugues III devait justifier devant le juge délégué de ses titres à la royauté de Jérusalem contre Marie d'Antioche. Mais l'affaire traîna en longueur, et n'amena aucune satisfaction à la princesse.

Accord entre le roi

let barons

âf Chypre.

Le roi était rentré en Chypre après le départ du prince Edouard, et, depuis lors, ni le temps, ni les efforts de la conciliation n'avaient pu amener l'entente si désirable entre les liges et la couronne, au sujet du service militaire. Les grands maîtres, le sénéchal Jean de Grailly et plusieurs seigneurs de Jérusalem étaient inutilement passés à Nicosie , dans l'espoir de terminer le conflit, qui, en se prolongeant, pouvait s'envenimer. Enfin, dans le courant de l'année 1273, de nouveaux pourparlers amenèrent une transaction satisfaisante, grâce aux concessions qui, de part et d'autre, furent consenties. * On décida que tous les hommes liges, vassaux ou arrière- vassaux du royaume de Chypre , devraient au roi quatre mois par an le service militaire en per-

^ Diaprés les chroniques d' Amadi (fol. 177), et de FI. Bastron (fol. 1 89), il y aurait eu un accord entre Marie et Charles d^Ânjoudës 1 270.

' Lettres du i3 avril 1272. (Rinaidi,

127a, S 18, t. XXII, p. 299; Retnhard, t. I, pr. p. 61.)

^ Lettres du 24 octobre 1272. (Rinaidi, 1272, S 19; Reinhard, t. I, pr. p. 61.)

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