‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 249 sur 283 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

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Mort du roi Jean I**. Henri II , son frëre , lui succède. Hostilités et trêves partielles en Syrie. Lia population d*Acre se prononce en faveur du roi Henri. Le roi de Chypre débarque à Saint- Jean d'Acre. Il fait cerner le château royal défendu par los Napolitains et les Français, lue chAteau lui est ouvert. Henri est couronné roi de Jérusalem. Il fixe sa résidence en Chypre et ne prend plus qu un faible intérêt aux affaires de^yrie. Kélaoun , sultan d'Egypte, s'empare de Laodicée. Troubles dans le comté de Tripoli à Textinction de la famille des Boémond. Kélaoun s'empare de Tripoli. Le roi Henri renouvelle les trêves pour dix ans avec le sultan. Subsides et secours envoyés outre-mer par le Saint-Siège. Les magistrats de Saint-Jean d'Acre s'efforcent de faire observer le traité de paix. Un incident, occasionné par les croisés, amène la rupture avec les Sarrasins. Le sultan Malec-Aschraf , fils de Kélaoun , investit Saint-Jean d'Acre. Forces respectives des Arabes et des chrétiens. Disposition et isolement des corps chrétiens chargés de la défense. Manque d'unité de la défense. Faux récit d'un contemporain. Progrès du siège. Courage des assiégés. Le roi de Chypre v^ent tardivement à Saint- Jean d'Acre. Il se retire bientôt du siège. Observations sur la retraite du roi de Chypre. Prise de la ville de Saint-Jean d'Acre. Héroïque résistance des Templiers. Le château du Temple est forcé. Derniers événements de Syrie.

Le roi Jean, fils aine d^Hugues III, couronné roi de Chypre à Nicosie, le i284-i2b5. 11 mai 1284 ^ eut à peine un an de règne. Sa mort, survenue le 20 mai Mon

1 285, appela au trône son frère cadet, Henri, troisième fils du roi Hugues roi Jean i^'.

et d'Isabelle d'Ibelin, fille de Guy d'Ibelin, Fancien connétable de Chypre, lui succède. que Joinville, lié avec lui en Orient, citait comme un des modèles de la chevalerie de son temps ^.

Le roi de Chypre avait pu pressentir, avant de mourir, un changement HoBtiiiié.

' et

dans les dispositions du sultan d'Egypte. Kélaoun allait réaliser des desseins irévwpariidiei

eo Syrif .

' Sanudo, p. 229; Amadi, fol. 182. — ' Voy. ci-dessus, p. 354.

1284-128!). préparés depuis longues années , et commencer la guerre qui , après quelques intervalles de repos, devait, en peu de temps, achever la ruine du royaume de Jérusalem.

Au printemps de Tannée 1285, rassuré par les rapports de ses émissaires sur les intentions des chrétiens d'Europe, Kélaoun rassenoJ^la tout à coup des machines et des troupes au pied de Margat, déterminé à s'emparer enfin de ce boulevard tant renonmié, dont les tours, disent les Arabes, étaient aussi élevées que les astres, et les remparts aussi solides que les murs de Palmyre^. Pour excuser l'agression de Kélaoun, les chroniqueurs sarrasins assurent qu'à l'abri de cette haute forteresse, devant laquelle aucun sultan n*avait encore mis le siège, les Hospitaliers se jouaient des trêves et des traités, et rançonnaient à leur gré les musulmans du voisinage ^. L'accusation est tout à fait invraisemblable, et l'utilité d'une pareille conquête qui, en affaiblissant Tordre de THôpital, isolait Laodicée et Tortose, dut suffire à Kélaoun, quand il crut le moment opportun, pour la tenter. Les travaux des mines, commencés le 17 avril, furent poussés avec une vigueur extraordinaire sous la surveillance personnelle du sultan , sans que les diversions des assiégés pussent les interrompre. Les galeries souterraines pénétrèrent jusqu'à l'intérieur du château, et les chevaliers, après avoir épuisé tous les moyens de résistance, capitulèrent le 27 du mois de mai'.

On croyait que le sultan , maître de cette forte position , continuerait immédiatement ses opérations; il n'en fut rien. Kélaoun se borna à détruire un château construit sur pilotis, au bas de la montagne de Margat, par le sire de Marakia, vassal du comte de Tripoli^. Il n'entreprit rien directement contre Boémond, ni contre les Templiers de Tortose. Il sembla même revenir pour quelque temps à ses premiers calculs de repos et de ménagements. Il renouvela le traité de Bibars avec le roi d'Arménie , en obtenant du roi la promesse d'un tribut annuel , et les assurances qui garantissaient à ses sujets la faculté d'exporter de la Gilicie toutes sortes de marchandises, notamment des chevaux, des mulets et des esclaves^. Il accueillit les députés des prin-

* Ses immenses ruines existent encore au * M. Reinaud, Cnron, or. p. 548, 55 1.

haut d'une montagne, près de ]a mer, sur ^ Id. ibid.^, 549;Sanudo, p. 22g; Amadi,

les confins des anciennes principauti^s d'An- fol. 182. tiochc et de Tripoli. M. Guillaume Rey, dont * M. Reinaud, p. 55 1 .

on attend une étude générale des châteaux ^ Traité de 1 285, entre le sultan d'Egypte

francs de Syrie , estime que le Margat pouvait et Léon III , roi de la Petite-Arménie. ( M. Rei-

renfcrmer jusi|u'à dix mille hommes de dé- naud, p. 555, Makrizi, t. II, impart Cf. ct-

fcnse. dessus, p. /i 2 3.)

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