‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 250 sur 283 · LIVRE I. CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE XVIII

cesses de Beyrouth et de Tyr, et consentit aux armistices de dix ans qu'ils 1285. lui demandèrent ^

La dame de Beyrouth était alors Échive d'n>elin, fille de Jean H, veuve depuis quelques mois de Humfroy de Montfort. La seigneurie de Tyr appartenait viagèrement à Marguerite de Lusignan, veuve de Jean de Montfort, seigneur de Tyr et du Toron, et belle -sœur de la princesse de Beyrouth. Marguerite était soeur du roi Hugues III et tante du nouveau souverain de Chypre , qui avait reçu héréditairement de son père et de son frère le titre mais non la possession du royaume de Jérusalem. Sans se faire illusion sur ses projets, les chrétiens de Syrie, savaient gré au sultan des trêves qu'il leur accordait.

Un retour favorable aux princes de Chypre s'était cependant manifesté à i^se. Saint-Jean d'Acre depuis les Vêpres siciliennes. La mort de Charles d'Anjou La population

a AcTP

était pour les barons de Syrie une occasion de rompre les liens d'une suze- «» pronone»

^ en faveur

raineté imposée par les circonstances et subie toujours avec contrainte. Le ^u ni Henri. peuple se prononçait plus librement contre lui. Les Vénitiens, satisfaits des avantages obtenus à Tyr, étaient moins malveillants pour les enfants d'Hugues IQ qu'ils ne l'avaient été pour le jpère. De sages démarches, dont le roi Henri n'hésita pas à prendre l'initiative et que seconda l'ordre de l'Hôpital, achevèrent de le réconcilier avec les Templiers 2. Le roi, informé que la population d'Acre le verrait arriver avec plaisir, se décida à aller débarquer au milieu d'elle, ne sachant pas comment l'accueillerait le sénéchal Eudes Poilechien et les chevaliers de Naples. La ville, en l'attendant, se trouvait dans une grande agitation. Le sénéchal, mis en défiance par quelques symptômes d'insubordination, rassembla ses hommes, appela à lui les chevaliers restés encore à la solde du roi de France, et se renferma avec tout son monde dans le château royal , dont il fit assurer les portes '.

Le lundi 24 juin 1286, le roi de Chypre, escorté d'une flottille de guerre, 24 jdn i28g. où se trouvaient ses grands officiers, débarqua dans le port de Saint- Jean Le roi d'Acre. Le peuple se porta en foule à sa rencontre , en poussant des accla- s^ Stim-jean

d'Acre.

* Le traité avec la dame de Beyrouth est teur de la Vie de Kélaoun, est du 19 juillet

indiqué seulement sous la date de 1 385. 1 385. (Makrizi , t. II , 1 ** part. p. 3 1 3 ; M. Rei-

(Makrizi. Hist. des saUans mameh trad. Qua- naud, p. 558.)

tremère , t. II , l '^ part. p. 3 1 3 ; M. Reinaud . ' Amadi , fol. 1 83.

p. 558.) Le traité condu.avec Marguerite, ^ Sanudo, p. 339; Amadi, fol. i83; FI.

princesse de Tyr, et donné en entier par Tau- Bustron , fol. 19^.

Juin 1386. mations de joie. Le clei^é vint le recevoir au rivage et Taccompi^a s<dennellement à l'église cathédrale de Sainte- Croix. Après avoir rendu grice à Dieu de son heureuse arrivée dans son royaume ^ le roi annonça qu'à l'exemple de ses prédécesseurs il se proposait d'habiter le château royal, et il pria deux ecclésiastiques d'aller s'infonner de sa part des intentions de messire Eudes Poilechien.

Les députés, frère Mathieu, religieux franciscain, évéqoe de Famagouste, et fr^re Martin, abbé du Temple Domini ^, allèrent s'acquitter de leur mission assistés de quelques chevaliers de Jérusalem, pendant que le cort^e royal se trouvait encoro, entouré du peuple, à l'église Sainte -Croix. Les messagers ne dissimulèrent pas au sénéchal la résolution du roi d'employer la force, s'il le fallait, pour entrer au château, et de ne rien ménager pour reconquérir le royaume de ses pères. Ds assurèrent, d'ailleurs, les hommes de la garnison, surtout les Français, qu'ils pouvaient demeurer en toute sécurité dans la ville. N'ayant pu rien obtenir de Poilechien, ils firent dresser acte de son refus dans le château même, en présence d'un notaire et des témoins qu'ils avaient amenés à cet effet ', et allèrent rejoindre la cour a Sainte-Croix.

Il fait c«raor Le roi fii cerner inmiédiatement le château et se disposa à l'attaquer. Des MU noya . ^^^^^ furent même lancés de part et d'autre ^. Mais les grands maîtres, venus dans l'intervalle à l'église pour présenter leurs hommages au roi, obtinrent de lui l'ordre de suspendre les hostilités, assurant que le sénéchal du roi de Sicile,' reconnaîtrait l'inutilité de la défense, et finirait par se rendre. Le roi consentit à aller habiter, en attendant, l'hfttel que les seigneurs de Tyr possédaient à Saint-Jean d'Âcro ^.

Le jour même, il fit proclamer par le héraut public, devant la porte du fort et sur les principales places de la ville, une défense formelle de rien dire ou rien faire d'hostile contre la garnison et les habitants du château. L'ordoonance était ainsi conçue : « Oies le ban et le conomandement de mon- « seigneur le roi Henri, par la grâce de Dieu roi de Jérusalem et de Chypro,

^ Amadi, fol. i83; cf. Hist. de Chypre, ^ Une expédition de cet acte de protesta-

t. III, p. 671-672. tien, originale et scdiée, se trouve aux Ar-

* Monastère de Saint-Jean d'Acre , rappe- cbives de l'Empire, à Paria, aeetion hist

lant le monastère du même nom existant au- J. 5 1 1 ; Sicile , n^ 6.

trefois à Jérusalem , dans l'enceinte du Temple. ^ Amadi , fol. 1 83 .

( Voy. Bihl de l'Éc, des chartes, 2* série, t. IV. * Hist, de Cl^n, t. III, p. 67 1 ; Amadi .

p. 394, 396.) fol. i83.

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