‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 262 sur 283 · LIVRE I. CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE XIX

alors un des centres les plus atftirs des échanges entre les Orientaux, les Européens et les habitants de l'île de Clîypre'. Les rdations, nées de la conformité d'intérêts politiques , devenaient de plus en plus intimes et fréquentes pntre les Latins et les Arméniens,

Le roi Haïlon 11, comme tous les princes de la famille de Roupen, témoignait une cordiale déférence à la cour, romaine^. Son frère Théodore, quj lui succéda en 1394, avait épousé Marguerite de Lusignan, sœur du ro' Henri 11^. Amanry de Lusignan, frère du roi Henri «t seigneur de Tyr était marié à la prini^sse Isabelle, sceur.atnée d'Haîton 11. Appuyés sur d< nombreuses places fortes, pourvus d'une bonne organisation militaire e d'ane armée aguerrie, les Arméniens furent toujours d'excellents alliés poU' les Francs. Les Ifbans mongols, dont ils avaient demandé la suzeraineté i l'raiemple des rois chrétiens de la Géorgie, faisaient le plus grand cas d< leur nation. Houlagou, Abi^, Ai^un, eurent habituellement des troupe arméniennes dans leurs campi^nes et leurs entreprises à l'ouest de la Mésc potamie. Abaga avait même voulu rétablir l'empire d'Iconium en faveur d Léon m, qui refusa sagement cette oITre', bornant son ambition à défeudr son propre royaume contre les Egyptiens.

Les Mongols avaient hésité d'abord dans leurs premiers rapports avec U Francs. Après le départ de saint Louis, ils comprirent mieux que la co( oération des neunles occidentaux leur était nécessaire nour combattre eiBci

Par un étrange concours de circonstances, les promoteurs les plus actifs des croisades furent alors le pape et l'empereur des Tartares. L'espoir de convertir ces peuples détermina Nicolas IV à charger de nouveaux frères naineurs d'aller prêcher TEvangile dans leurs campements. Jean de Monte Corvino, créé plus tard archevêque de Khanbalek ou Pékin , fut à la tête de cette mission. Argoun accueillit favorablement les mandataires du Saint- Siège; il envoya encore une ambassade aux rois d'Europe; il les pressa de passer en Orient et de s'unir à eux. Il insista surtout auprès du roi de France, et lui donna rendez- vous, à un jour fixé de J'année 1390, dans la plaine de Damas ^ Les moments étaient critiques et le lieu bien choisi. Mais ni les périb de la Terre sainte, ni l'espoir de la sauver peutrêtre en une campagne ne purent rien sur les Occidentaux. Aucun des rois auxquels Argoun adressa ses propositions, tant en 1290 qu'en 1291, ne répondit à ses instances. La difficulté d'arrêter des combinaisons précises avec des peuples si éloignés, dont les truchemans entendaient encore imparfaitement la langue ou exagéraient les dispositions, empêcha d'obtenir aucun résultat.

La tiiMiion Les progrès de la civilisation et de la puissance publique semblaient per-

polîtiouo

de rEurope mcttrc cependant aux princes chrétiens de s'occuper de la Terre sainte avec •ax plus de confiance et d'efficacité que dans les siècles précédents. L'esprit

cju'.DtdrirtiFo. d'isolement et d'indépendance, qui rendait plus laborieuse l'organisation de grandes opérations de guerre, s'affaiblissait partout avec le régime féodal d'où il était sorti. Les pouvoirs suzerains se fortifiaient par l'affranchissement des oonmmnes, la facilité des enrôlements de soudoyers, la prolongation du service militaire^, l'augmentation du nombre de leurs vassaux et de leur fortune. La couronne de France, dont le territoire s'était accru, depuis cinquante ans, de la Champagne, du Languedoc et d'autres provinces, comptait, sons Philippe le Hardi , si on proportionne ses ressources militaires à l'état de ses terres , deux fois plus de tenanciers immédiats qu'à l'époque où Louis Vil partit pour la Terre sainte. De leur côté, les rois d'Angleterre avaient fini par réduire les Gallois et les Ecossais. L' Aragon , maître de la Sardaigne et

* La lettre onginale d*Argoun au roi de tiens et particulièrement des rois de France

France» accompagnée dune paraphrase en avec les empereurs mongols. (Af^.4i0riiea</.

français du temps , se trouve aux Archives de des inscr. t. VU , a* série.)

TEmpire. Elle a été traduite et commentée * Conséquence de Textension de Thonr-

par M. Abel Rémusat dans le second de aes mage lige, devenu, depuis le commencement

mémoires sur les relations des princes chré- du xni* siècle, Tus^ge général des fiefs.

menl.

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