‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 264 sur 283 · LIVRE I, CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XIX

avait fondé et consolidé sa constitution; il s'était, par des moyens réguliei afiranchi de la suzeraineté féodale de Fempire d'Occident ; il avait achevé pacification intérieure du pays, réglé Tétat dies indigènes, en maintenant le complète soumission sans attenter à Tindépendance de leur culte; il av^ formé des alliances utiles avec plusieurs maisons souveraines d'Europe, appelé la marine chrétienne de toute la Méditerranée à participer à s< commerce.

Dans notre second livre, qui est le second siècle et le temps le plus prc père de son histoire, nous le verrons recueillir les avantages que les évén ments et la sage direction de son gouvernement lui avaient assurés.

commerciale et ses richesses égalèrent pendant un siècle celles d'Alexandrie et de Constantinople.

Combien la ekole du royaume

J^maalem fut favorable

à rtie

de Chypre.

L'abandon définitif de la Syrie fut ainsi un bienfait et une vraie délivrance pour le royaume des Lusignan. Depuis qu'Amaury II avait acceptéle glorieux héritage de Godefroy de Bouillon , les rois de Chypre n^avaient trouvé sur le continent qu'épreuves et déceptions. Sans cesse en défiance contre une aristocratie ombrageuse, gênés par les inmiunités des républiques marchandes, qui se considéraient comme copropriétaires des villes qu'elles avaient aidé à conquérir, amoindris par les prétentions d'ordres de chevalerie devenus des puissances militaires avec lesquelles il fallait compter, ils n'eurent en Syrie que les chaînes et les ennuis de la royauté.

A la perte d'un territoire impossible à défendre sans l'assistance de l'Europe et ne rappelant plus que de nom le premier royaume des croisés, les rois de Chypre gagnaient un réel accroissement d'autorité et l'avantage de pouvoir concentrer leurs moyens de résistance sur un pays défendu par la mer et assez étendu pour se suffire au besoin à lui-même. Il leur était, d'ailleurs, permis d'espérer que , si les princes chrétiens parvenaient à réunir leurs forces et réussissaient jamais à détruire la puissance des sultans d'Egypte, la nouvelle conquête de la Palestine ne se ferait qu'à leur profit.

Le royaume

Chypre

continne

en appareneo

le royaume

Jënualem.

Le royaume de Chypre resta toujours, en effet, pour l'Europe, comme l'héritier et le représentant du royaume de Jérusalem. En lui se confondaient le passé et l'espérance des croisades. Les princes de Lusignan , sans songer de longtemps à d'irréalisables projets, gardèrent religieusement le nom de rois de Jérusalem comme leur premier titre d'honneur. Ils recueillirent avec sollicitude les restes du gouvernement et de l'Église de Terre sainte. Ils conservèrent ses grands offices dans leur maison; ils leur attribuèrent des revenus et des fiefs nouveaux. Us conférèrent à leurs propres enfants les noms des seigneuries de Palestine. Grâce à cette pensée de politique et d'étiquette, on vit toujours à la cour de Nicosie des princes d'Antioche, des comtes de Tripoli , des princes de Galilée^. D'autres noms historiques de l'ancien royaume se perpétuèrent en Chypre, soit par la descendance des feudataires passés dans rtle, soit par les concessions nouvelles qu'en accordèrent les rois. Comme les Du Plessis, seigneurs de Morpho, avaient relevé le nom de comtes d'Edesse,

* Voy. ci-dessu8, p. 137.

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