GUT DE LUSIGNAN
Relations amicales des princes chrétiens avec Saladin. Guy de Lusignan annonce au sultan 11^*
son acquisition de Tile de Chypre. Établissement de Guy de Lusignan en Chypre. Guy distribue des fiefs et des revenus à ceux qui viennent se fixer dans Tile. Nombre et nature diverse de ces concessions. Ressources que trouva le roi Guy en Chypre pour ses donations. Origine du domaine des rois Lusignan. Caractère de Toccupation de Tîle de Chypre par les Franc/. La population indigène est réduite à Tétat de vasselage. Classes diverses de cette population. Démêlés de Guy de Lusignan avec le roi Richard I*' et avec Henri de Champagne. Les Pisans veulent livrer la ville de Tyr au roi Guy. Henri de Champagne menace de chasser les Pisans de la Syrie. Ses différends avec Âmaury de Lusignan » connétable du royaume. Mort du roi Guy de Lusignan.
Guy ne porta point le titre de roi de Chypre. Jugements divers émis sur ce prince. Guy de Lusignan ne put prendre toutes les mesures que lui attribuent les modernes. La société latine passe en Chypre telle qu'elle existait en Syrie. Origine de la législation et de la constitution du royaume de Chypre. État encore imparfait de rétablissement des Latins en Chypre à Tépoque de la mort de Guy. La prise de possession seule consommée.
On vit pour la première fois, durant la troisième croisade, les chefs ReUiïon»
.,. 1 . amicale»
musulmans et les chefs chrétiens^ au milieu des représailles d'une guerre àt» thuam»
. . • avec
souvent barbare, entretenir des relations amicales, se visiter en plus d'une saïadin. occasion , et porter dans leurs rapports personnels les attentions et la véritable courtoisie des temps modernes. L'art, en s'emparant de ces notions, les a sans doute beaucoup exagérées, mais il en a trouvé la pensée et les premiers indices dans la tradition historique; et cette situation étrange et nouvelle, qu'on serait disposé à considérer comme une invention des poètes et des romanciers, a réellement existé un moment dans le royaume de Jérusalem. Les chroniques arabes, comme les chroniques chrétiennes, attestent toutes cet échange de communications prévenantes et délicates que la
nos. chevalerie des Francs avait inspirées au génie de- Saladia, et qui cessèrent après lui^
Losignau La loyauté du sultan avait surtout frappé les chrétiens. Telle était leur
■u confiance dans la générosité de son caractère, que le roi Guy de Lusignan,
•vltan
aoD acquMiiion bicu quîl eut à sc Tcprocher à aon égard un manque de panJ^e, n'hésita
de Cbypr*.
pas, lorsque le roi d'Angleterre lui eut cédé Tile de Chypre, à donner avis de cette circonstance à Saladin , en lui demandant conseil sur ce qu'il avait à faire pour s'assurer la paisible possession de soa nouvel État. « Je n'aime «point le roi Guy, répondit le sultan aux envoyés de Lusignan; mais, puis- « qu'il s'adresse à moi, je le satisferai de mon mieux; car l'honmie consulté « par un autre, fùt-il son ennenû,,doit répondre franchement à sa confiance. « J'engage donc le roi Guy ,. s'il xeu* conserver l'île de Chypre , à la donner «(tout entière^.»
H est possible que le idei) auteur ok notts trouvoDs le premier récit de ces faits, rappelés depuis axec fes mêmes particulSarités par la plupart des historiens des guerres sacrées, n'ait pas gardé soa véritable sens à la démarche de Guy de Lusignan. Peut-être^ en adressant un message à un prince voisin, longtemps son ennemi, l'ancien roi d«* Jérusalem voulait-il seulement, par une- sorte de déférence prévoyante,, témoigner au sultan son désir de vivre désormais en paix avec lui. Mais les dispositions que prit Guy de Lusignan ea s'établissant dans sa seigneurie semblèrent dictées par une pensée si sagjs et si prudenjte,, que ITopinioiii géniéraile ea attribua le mérite à Saladin.
ÉubiUMmeot Dès quc Guy de Lusignan eut reçu du roi d'Angleterre la possession , ou , Guy^dc Lusigti.ii comme Ton disait alors, la saisime de l'tle de Chypre, il s'empiressa de ras-
oa Chypre. ^
surer les paysans chypriotes, effrayés encore de la vengeance des Templiers » ks engageant à regagner leurs villages et leurs laboura; il assura de sa protection les habitants des villes, et fit replacer des gardiens dans les châteaux. 11 distribua aux chevaliers venus avec lui,, comme récompense cLe
' Philippe-Auguste et Richard donnèrent de Damas. ( Voy. Vinisauf , p. 34o , 368 , 38o ,
dies bîjouiLà Saladin, qui offrit plusieurs fois 4 19; Condn. de Gaill. de Tyr, p. 196, 197 .
aux pdnces les pliM beaux cbevaux «le ses 198, extr; du ms. i>. M. Reinaud, Cihrvi».
4cuiiies4 Qu<ind le roi d'Angleterre fut nia- vFabes,p^^bi^ ^^-l llld^ , lai neige-, ljss«p4ches et les autres fruits *- Contin. de GuiU. de Tyr, extr. du ms. d.
rafraîchissants dOnt il' eut besoin tut furent p. 188; Chronique de Strambatdi, fol. 8,
envoyés, par^ ordre de Saladm, drs vergers foi 9 v"; Hist. de Çkypn, t. III, p. h^.