‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 29 sur 283 · LIVRE I, CHAPITRE IL ftS · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IL ftS

leur dévouemQnt, le» terres et les pr^ioières hahitiftlîons doieiA i) put dififKMr ; M«i nos. il fit en même temps annoncer dans lea villes d^ Syrie qult doMerait des fiefs, des biens et des franchises, à tous ceux qmd s^rendraionA dana 11k avec rintention de s'y fijwr ^

Un grand nombre de personnes répoodii^nt à aon appd „ et vinrent en Guy dUtriixM Chypre de Saint-Jean d'Acre et des villes voisines; il en arriva ég^l^nentde et d» rev«oos. la principauté d'Ântioche et de rArm^énie. Beaucoup de chevaliers et de sei^nts d'armes, que les cow}uélQa de Saladi^ avaiei^t privés d« leurs seigneuries ou de leurs maîtres,, ouM&atnt leurs anciennes quereMea avec Guy de Lusignan, demandèrent des terres,, es^ juran^t ^éKté. Les femmes eA ks enfants de ceux qui étaient morts daM la guerre passèrent aussi dans l'île, . avec beaucoup de gens du peuple,, indigèoMea ou occidewlaux,, vivant du travail de leurs mains ou de c^elqpe talent,, daiu^ Vespoir de trouver en Chypre» avec la sécurité, des mioyens plus faciles d'existeMe. Hm écrivain du temps s'étonne des avantages cov^oédés 1^ quelques g^n3 de ces derAières conditions : « On vit, dit^il, de pauvres savetiers,, des maçciOA,, des écrivains « publics n'ayant eu jusque-là pour vivre^ (|ue le produid de leurs écaritures « en langue sarrasinoise , devenir tout ik copp ,. dam Fîk de Gh^ypre,, Dien «merci, chevaliers et grands propriétaires^..

C'est la satire toute naturelles et en partie notjéritée que Pbft dut faîr» de la première émigration^ nécessairen^nt très-onéfeangée,, qui vint d'abocd avec Lusignan. Mais, quoi qu*en aient pu dire l!es railleurs du temps,, de teilles fortunes durent être extrêmement rares. Ce fut eo^re une dérogation très-exceptionnelle que de voir des honunes de race grecque» admis, comme notre chroniqueur l'assure plus loin , k la possession de terres nobles et à la che^ Valérie. Les Orientaux et les Européens non nobles qui passèrent alora an Chypre obtinrent plutôt des établissements dans les villes ou dans leur banlieue, en maisons et en enclos. Les fiefs territoriaux, avec les privil^es de la noblesse, furent réservés de préférence aux hommes d'ancienne race franque, héritiers des fondateurs du royaume de Jérusal^n, ou aux croisés qui étaient venus d'Europe depuis la conquête et qui étaient leurs successeurs naturels. S'il y eut, dès ce temps, quelque infraction: x ce priiii/cipe fondamental de la féodalité d'outre-mer, découlé conoms ud^b con^é<^eace

' Contin, de GuilLde Ty^*» p* iS8« eiU\ ^'^.EtasGnffoiisMas^dievaliei»... âiaacor*

du ms. o. p. 1 <>i > chap. xii ; HuL tk Chypre, «.vepsien et as mss^pB et as esciiîwiims.eià sart. II , p. 8 ; t. III , p. 594. «i,racineis. %(CoHt, deG.d^i 'fyr, p. 189» ma. d.)

kk HISTOIRE DE L'ILE DE CHYPRE.

1102. inévitable du système féodal de TEurope, ce ne put être qu*en faveur des Grecs-unis, presque assimilés par le culte aux Latins, et surtout en faveur des Arméniens, leurs alliés habituels contre les musulmans et contre les Grecs eux-mêmes. À leur arrivée en Chypre, les hommes obtinrent des concessions de terre, les veuves et les orphelines furent mariées convenablement, en recevant pour dot, sur les domaines réservés au prince, une rente fixe et en rapport avec leur condition *.

NombNetiiaiiire Une Certaine règle s'établit peu à peu dans la distribution des terres et

de

e«»coiie«Mioii«. dans l'assignation des revenus. Après les premières concessions, forcément hâtives et peu régulières, on décida que les fiefs seraient donnés dans les proportions suivantes. Un chevalier eut droit à une terre rapportant 4oo besants blancs; un écuyer, à un fief d'un revenu de 3oo besants; un sei^nt à cheval, à un fief d'un revenu de 3oo besants également; enfin un fief d'un revenu semblable fut attribué à chaque turcople possédant deux chevaux et portant le haubert ou cotte de Vailles, qui était l'armure des nobles^. Les Francs désignaient alors sous le nom de Turcoples une milice à cheval, accessible aux roturiers, et recrutée indifféremment parmi les Européens comme parmi les chrétiens orientaux. Ce corps, intermédiaire entre la noblesse et les hommes à pied de la bourgeoisie, prit beaucoup de développement dans le royaume de Chypre, et son chef devint, sous le nom de Grand tarcoplier ou Grand tricoplier, un des principaux officiers de la couronne.

La donation des fiefs eut lieu à titre héréditaire, et chaque feudataire reçut une charte ou privilège comme titre de propriété'. Une restriction, toute favorable au suzerain, fut apportée aux usages suivis dans les inféodations de Syrie. Tandis que , sous le régime pur des Assises de Jérusalem , on admettait en Terre sainte que les fiefs passaient du premier possesseur à tous ses héritiers, qu'ils fussent en ligne directe ou en ligne collatérale, en Chypre, soit dès les premières donations féodales de Guy de Lusignan, soit plutôt dans la révision et la nouvelle collation qu'en fit exécuter Amaury son successeur, il fut expressément déclaré que les terres et les revenus donnés en fief étaient seulement transmissibles aux héritiers immédiats du premier

# ' Contin. de GuiU. de Tyr, p. iSg , extr. du * Contin, de GailL de Tjrr, p. 19a ; Hist,

ms. D. p. 191, liv. XXVII, ch. xii; Hist. de de Chypre, t. II, p. 8.

Chypre, t. II, p. 8; t. III, p. 694* extr. du ' Philippe de Navarre, Assises de Jèrus.

ms. de Florence. et de Chypre, 1. 1, p. 5od.

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