‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âgeChapitre 62 sur 90 · EKHVH0I.O.A8AOC T8. 0V · texte numérisé non relu

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« Fut inhumé le serviteur de Dieu.... au mois de janvier.... » Bien qu'on lise distinctement 0.A8A0C sur la dalle, c'est une femme qui s'y trouve représentée, les mains croisées sur la poitrine, les cheveux tressés, chaussée de petits souliers à rubans flottants, et revêtue d'une longue robe à poches, à doubles manches et à double jupe, qui serre la taille comme celle des tombeaux de Marie de Bethsan, n» 24, de la femme de Jean Gorab, n» 35, d'Alix Bédouin, maréchale d'Arménie, n^ 37, et de la dalle n® 51. Les robes montent jusqu'au cou ; les bras sont couverts par la tunique de dessous, et je ne vois rien dans cet habillement, adopté, on en a ici la preuve, par quelques dames grecques, comme les dames françaises le por-

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taient, au xiv« siècle, en France et en Chypre, rien qui pût blesser la décence. Il faut croire qu'on avait voulu respecter la sainteté des tombeaux, et que les dames chypriotes portaient quelquefois, en leur vivant, des costumes moins discrets, car un chroniqueur d'Italie se plaint de Timportation des modes de Chypre dans la ville de Plaisance, sa patrie, et il blâme surtout la passion de ses concitoyennes pour la Cypriana^ vêtement chargé de broderies en or et taillé de façon à couvrir le moins possible le haut du corps. (Joann. Mussi. ap. Muratori, Script tom. XVI, et Antiquit., tom. II, col. 319. Cf. Boccace, Dé-* camér. VIII ; nov. X.) C'est bien là le sarka que l'on porte encore à Nicosie, à Limassol et à Larnaca ; mais il est à remarquer que les dames franques de ces villes négligent aujourd'hui de plus en plus ce costume pour prendre les vêtements européens, et il se pourrait bien que l'habillement léger dont se plaignait Jean Mussi eût été seulement à l'usage de la population indigène de Chypre, qui avait peu de rapports avec la société franque.

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MOSQUÉE DE l'ÉMERGHIE.

On n'a pu me donner la signification du mot Emerghié. Ne serait-ce pas une corruption du mot de Mariera ou Meriem, nom de Marie en arabe et en turc, et ne pouvons-nous voir dans cette mosquée une ancienne église dédiée à la Vierge ? C'est une g^cande nef ogivale, dont la construction me semble dater du xiii* ou du xiv« siècle.

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