ENVIRONS DE NICOSIE
ÉGLISE DE PALLURGIOTISSA
Non loin de la porte de Famagouste.
77. Ici gît dame Isabiau fille de sire Guill[aume de] Plesi[e] . . [bailli] dou coumerc e bai[lli de la taille ?J q[ui tres]pas[sa] a xvii jours [de Jen]yier de Fan ]
Du temps des Français on appelait en Chypre coumerc ou commerque les droits de douane, et l'office comme Thôtel préposé à la perception de ces droits.
. . « En tout le profit dou commerque Que marchandise paie et merque.
Commerque est une imposition.
(Machaut. Prise â^AUxandtiey p. 173.)
« Actum Nimotii in logia ante comerchium régis, » etc. Eist, t. III. p. 894. Le mot était passé avec le môme sens chez les Grecs: Georg. Acropolit. § 78, p. 174. C'était ce qu'on appelait dazio à Venise, gabella en Toscane, doana à Naples. Pegolotti, p. xx.
Guillaume de plesie était hailli de cet office, à Nicosie ou dans Tun des ports de l'île. Quoique venus en Chypre avec le roi Gay de Lusignan (voy. ci-dessus n<» 33 note) et ayant eu part à la première et à la plus généreuse répartition des fiefs, {Lignages, chap. 40); les du Plessie n'ont pas autant marqué dans l'histoire de Chypre que les che-
valiers de Morpho, comte de Rohais ou d'Édesse, leurs proches pïirents. En 1329, le seigneur Jean de Plessia, bailivus taliCy probablement préposé à la perception des impôts mais non bailli de la secrète, fut témoin du traité avec Gênes. (Hist, t. IL p. 158). En 1369, Sire Mathe de Plessie, bouteiller de Jérusalem, fut l'un des commissaires désignés pour rechercher le meilleur exemplaire du livre du comte de Jaffa, auquel on donna force de loi, au début du règne de Pierre IL (Assises^ t. I, p. 6.) L'origine de leur nom de famille est bien incertaine. Sont-ils des Du Plessis de France, comme on Ta pensé? Le nom ne vient-il pas plutôt d'un fief chypriote ? Et ce fief serait-il le village de Blessia, aujourd'hui village turc du nom de Pletcha, à droite de la route de Nicosie à Morpho ?