‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âgeChapitre 72 sur 90 · EKOIIVH0H · texte numérisé non relu

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Au-dessous, effigie d'un homme vêtu d'une longue robe portant une fraise autour du cou, et sur la tête une toque semblable à celle de nos juges ou des papas grecs.

Cette pierre, comme la précédente, est à l'intérieur de l'église ; les autres se trouvent dans le cloître avec de nombreux fragments de dalles tumulaires françaises ou grecques, et les débris gothiques de l'ancienne église, que les

Grecs ont presque entièrement renouvelée. Sur la porte septentrionale sont deux écussons dont on a enlevé les armes ; non loin de là, est un bel écu en marbre blanc portant dans le champ un moufQon qu'on appelle en Chypre Agrino, Un marbre blanc, orné élégamment sar la tranche d'un cordon de roses et sur sa partie horizontale de deux écussons, recouvrait peut-être, conune la dalle n« 1 de Sainte-Sophie, le tombeau de famille d'an de Norès, allié aune princesse du sang des Lusignans. Le premier écusson est coupé, et porte trois croix dans le chef; Tautre est écartelé de la croix de Jérusalem recroîsetée de quatre croisettes et d'un lion couronné.

OMOLOITADES

Église à une demi-lieae de Nicosie, du côté de la porte de Paphos.

80. Ci git le très noble baroun monseigneur de Bresvic très noble amirail dou roiaume de Chipre qui trespassa le lundi a ii jours de Juniet Tan de M.cccc.xïv de Crist. Que D[ieu ait] pité et miséricorde de Farme de lui. Amen.

Grande dalle, parfaitement conservée, mais d'un dessin très incorrect. Elle n'en est pas moins fort intéressante. Elle nous fait connaître un amirsj de Chypre, et nous donne une nouvelle preuve qu'une branche de la famille de Brunswick, dont on connaissait l'alliance avec la mère du roi Pierre 1«% s'était fixée en Chypre. Philippe de Brunswick Grubenhagen, épousa la reine Alix d'ibelin, veuve de Hugues IV et reçut du roi Pierre et son beau fils la dignité , de connétable de Jérusalem en 1360. (Hist t. II. p. 2^0, 249-396. n. Machaut. Prise d'Alex, p. 284).

L'amiral, fils peut être du connétable, porte sur son

tombeau une riche armure de fer, ornée de ciselures et de moulures, qui s'arrête à la hauteur des épaules. La gorge et le cou sont protégés d'une cotte de mailles rattachée à un casque pointu et bizarre. Des gantelets de fer protègent ses mains ; sa chaussure, recouverte aussi de fer, se prolonge en deux griffes recourbées. Il lève le glaive hors du fourreau, et de la main gauche il tient un bouclier en ogive où sont ses armes : deux lions léopardés, dont le supérieur semble tenir un besant dans sa gueule. Le champ est traversé, peut-être accidentellement, d'une raie. — Cette belle dalle a été reproduite dans le magasin Pittoresque, 1847, p. 224.

Sur la façade septentrionale de l'église est incrusté un écusson de marbre avec fleurs de lys. Dans l'escalier qui monte à la tribune, dans l'intérieur, de la nef et dans la cour fermée qui environne l'église, on trouve encore de nombreux fragments de tombeaux avec des vestiges d'incriptions françaises ou latines. Je n'ai vu sur ces débris ni noms de famille, ni armoiries, et il est inutile de les décrire ; mais je signalerai d'une manière toute particulière un beau marbre blanc, orné de trois écussons en relief, qui me paraît avoir évidemment fait partie d'un tombeau royal, et peut-être du tombeau de Janus, que l'on sait avoir été fort riche. L'écussondu milieu porte les armes propres des Lusignans de Chypre : champ burelé au lion à dextre. L'écu de gauche est écartelé au 1 et 4 de la croix potencée et recroisetée de 4 croisettes, qui est Técu de Jérusalem; au 2 et au 3 du champ burelé des Lusignans. Les fions n'ont pas de couronnes et sont en tout semblables à ceux des armoiries du roi Hugues IV, qu'on voit à Lapaïs, près de Cérines. Le troisième écu porte un lion dans le champ, emblème héraldique du royaume chrétien d'Arménie (1).

Ainsi^ cette frise est postérieure à l'an 1395, date de la

(1) Voy. BW, de VÉc. des Chartes, tom. V, p. 4«2, 426.

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réunion fictive des royaumes de Chypre et d'Arménie, et peut appartenir aux tombeaux de Jacques P', de Janus ou de Jean II, derniers rois de Chypre inhumés au couvent de Saint-Dominique. Ce riche et royal monastère, démoli malheureusement par les Vénitiens était situé précisément dans la partie de Nicosie qui s'étendait vers l'église d'Omoloitades ; il devait même se rapprocher beaucoup de cette église, par ces dépendances.

J'avais à cœur de sauver ce fragment, le seul peut^tre échappé à la destruction au milieu de tant de richesses historiques accumulées pendant trois siècles à Saint- Dominique, le seul que je puisse croire avec quelque certitude avoir couvert la sépulture d'un de nos rois Lusignan. M. Goëpp et M. de Summaripa se sont intéressés aussi à sa conservation, et le marbre a été transporté à Larnaca pour être placé dans l'hôtel du consulat de France.

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