TOME I
meures enchantées où les magiciens, qu'a fait disparaître le rire immortel de Cervantes, gar* daient de belles et royales prisonnières.
Comme la nuit avançait, je dus songer à trou** v^r un gtte* Outre les hôtels qui, à la Havane, sont nombreux et splendides, on y rencontre en-» core des maisons bourgeoises telles qu'il n*eu existe certainement pas en Europe. Parmi toutes, celle de madame Dominguez se fait re* marquer par le luxe des ameublements et le ton parfait de 1 hôtesse, créole de la Louisiane. Elle voit grandir autour d'elle une famille char« mante qui rend moins cuisants aux voyageurs les regrets de l'exil. Je dois donc bénir le hasard qui me conduisit dans celte maison. Fanny Elss-* 1er y était descendue quelques mois auparavant. De la sorte, j'eus le voluptueujc honneur d habiter la même chambre et de coucher dans le même lit que la Sylphide allemande. Mais ee n'est pas à celte circonstance que les jours pas* ses en celte demeure empruntent leur charme le plus doux. Je ne vous oublierai jamais, femmô qui, au chevet du malade, lui avez montré la sollicitude d'une mère, et vous non plus, jeune« et aimables filles qui lui avez rappelé des sœur^ absentes par vos délicates attentions et les inépuisables trésors de vos cœurs créoles!
Il y avait un autre souvenir plus sérieux «ttt-
çhé à ceUe maisoa, sise Calle de l'Obispo, n. S4. Un jour vint m*y Yoir le général comte de Uon^ talvo. Nous causâmes quelques instants ; je Tae» compagnais jusqu'à sa voiture, lorsque, s*arré-^ tant au milieu de rescalier, il me dit, en m*in*> dîquant de la main une pièce à Tentresol oè je faisais quelquefois des armes le matin : « Voici ujoe, chambre que Louis*-Philippe a habitée pendant son séjour à la Havane. Nous étions jeunes alors et. ainsi que vouf, nous avons fait bien souvent des armes ensemble dans cette pièce. % Et comme un homme qui a trop vécu et trop médité pour paraître surpris des plus étonnantw vicissitudes humaines, le vénérable vieillard me quitta sans me faire remarquer à quel sommet était parvenu le jeune voyageur qui errait alors sur la surface du globe, entrevoyant peut-être «d^à, par delà Thorizon des temps, qudqlie faâtôme couronné fait à sa ressemblance. Oti bien encore, le général s'était-il abstenu de cts ' réflexions, dans la crainte d'être amené à me raconter les services rendus par sa famille M jeune prince^ à ses frères.
Comme celle de madame Dominguez, toutaé les maisons de la Havane sont hautes et spacieuses. A Textérieur, larchitecture u en est pas désagréable à Vm\, quoique n'appartenant, d^e nsaaièrc précise, à aucune école. C'est ttn
mélange, quelquefois heureux, le plus souvent grotesque, de tous les styles connus parmi les« quels prévalent cependant les rormes mondaines ^ indécises de TAmériquedu nord, à côté de la gravité des édîGces mauresques. Un grand nombre de maisons sont à un seul étage, à bj}. con et à terrasse avec des tuiles cidtrées et des vases en porcelaine peinte pour ornement. D autres, plus modernes, comptent un entresol et un premier, mais la plupart ne se composent que d'un rez-de-chaussée; et comme il n'existe en général ni volets ni rideaux aux immenses fenêtres grillées qui régnent dans toute la hauteur des appartements, rien nest plus facile aux curieux que d'assister de la rue aux réceptions du dimanche et aux scènes d'intérieur de la semaine. Il n'est pas rare, non plus , de voir au crépuscule, arrêtés devant ces mêmes fenêtres, des galants qui causent famillèrem^t avec de jeunes femmes vêtues de blanc et assises dans , rintérieur. Que de doux serrements de mains , que de paroles d'amour et d'enivrantes caresses discrètement échangés à travers ces barreaux et à la faveur de la nuit; mais hàtons-oous de le dire, ces mœurs des comédies de Calderon et de Lope de Vega, si elles appartiennent encore àlacl sse moyenne, sont depuis longtemps bar.« nies des rangs de Taristocratie qui, dailleurs, n*habite plus de rez-de-chausséef
C'est encore une mode à la Havane de barbouiller, de haut en bas, la façade des maisons de rouge, de blanc, de vert ou de jaune, de sorte que de loin, on les dirait tendues de tapis et ornées de fleurs comme en un jour de fête.
L'intérieur est ordinairement ce qu'il y a de plus beau dans les demeures havanaises, ce sont de larges escaliers en pierre de taille, d'immenses salles lambrissées de sculptures et pavées de marbre d'Italie. Mais, en retour, les ameublements sont généralement très-simples, k cause de la température élevée de ces régions. On le conçoit, en effet, le velours et la soie seraient également déplacés par 23 degrés de latitude, et tous les tapis orientaux du monde ne vaudraient pas cette fine natte de jonc blanc qui couvre les parquets de la Havane. Les meubles, tirés presque tous de TÂmérique du nord, sont d'acajou massif ou en bois peint et recouvert de paille habilement tissée, et certes, il y a autant de molles rêveries et de paresseuses voluptés dans la bulaca * créole que dans la plus attrayante causeuse de Meurice. Chaque famille habite une maison tout entière, et cette circonstance, jointe à la valeur des immeubles à la Havane, porte le prix des loyers à un taux
i Fauteuil qui se balance*
§fâ pai'attrail ifictbjaUe en Europe. Fmir se bien loger, il faut payer au moins douze onces (lioa francs) par mois : M. le comte de Monlalvo afferme son bôlel trente quatre millefrancs, et les somptueuses demeures de M. le marquis tfArcos et de rexcellentissime seigneur don loachim Gomez ont coûté plus d*un million diacune.
Il faut de pareilles demeures à de pareils gentilsiiommes. Eh ! comment s*y prëndraient^tls, ces nobles à millions, pour sei^vir un simple étner dans le plus bel appartement de Paris? Car. voici comme il y est procédé. On dresse d'abord un premier sertiee ; quand il est terminé, une porte s'ouvre et un domestique fait l'annonce d'usage. L'amphitryon invite alors les convives à passer dans une seconde pièce où ils trouvent de nouveaux domestiques et un nouveau service, car depuis tes porcelaines, Vargenterie et le linge jusqu'aux serviteurs, tout a été changé. Après ce second acte, une troisième porte s'ouvre et le même renouvellement Repère dans les personnes et dans Ls choses jusqu'au dessert qui est également offert dans une nouvelle salle et par des domestiques nouveaux.
le n'ai pas besoin de le dire, il n y a que les premières maisons de la Havane qui déploient ce laie inconnu à nos habiti^9s bourgeoises;
mais il en est peu où le dessert au moins ne soit offert dans une seconde pièce, avec un service entièrement renouvelé, et je nen sais pas une seule où tout le repas se prenne sur la même table, sans interruption. Dans les maisons les plus simples» on passe entre les deux services au salon de compagnie^ où Ton attend, en fumant le cigare et en prenant des sucs de fruits glaces, 1 annonce du dessert.
Mais dans ces demeures seigneuriales, dans ces splendides repas, on n'admire qu'un luxe de bon aloi. S'il surpasse les magniflcences si vantées des hôtels Hope et Thorn, et assurément celles de la table des fois constitutiotiheto, il faut se garder de croire qu'il tente de singer les folles prodigalités de Rome devenue maîtresse des nations. Jamais Marc Antoine havanais ne fit servir huit sangliers' devant un triclinium de douze convives, et si quelqu'un de ces nobles enfants de Cuba a parfois fait comme cet empe* reur qui mettait à contribution pour sa table ' le nionde alors connu; c'a été pour demander leurs vins les plus exquis au Cap, à Madère» à l'Espagne, au Rhin^ à Chypre, à la Fratee.
1 Plutârque, vie d'À«tome.
3 Tacite, Hiator. 1. ii, J 62.
J'avais des letlres d'introduction de Tambassade espagnole à Paris pour les principales autorités de rile ; je voulus les porter dès le lendemain de mon arrivée ; mais son excellence le Capitaine-Général m'ayant fait l'honneur de me retenir à dîner, je fus obligé de remettre au jour suivant ma visite au général de marine et au superiirtendant, Texcellentissime seigneur don Antonio de Larrua. Je me hâte de le dire> j'ai trouvé dans ces hauts fonctionnaires une poli-
(tesse et une urbanité que leurs agents subal4 ternes devraient bien s'efforcer d'imiter ; Gero-I nimo Valdès, surtout, plait parle sans-façoii de ses manières, sa franchise et sa simplicité de soldat, à travers lesquelles percent une grande
finesse et une profonde connaissance du cœur humain. Chargé depuis peu de temps et au milieu de circonstances difficiles, du gouvernement si compliqué de Cuba, il avait été souvent incompris, quelquefois même soupçonné par les crédes. On ne se rappelle pas assez à la Havane, qu'un capitaine-général n'est pas un roi ; qu*à la fois gouverneur et gouverné, il peut faire exécuter ce qu*il n'aurait jamais conçu. Pour ma part, après avoir eu Thonneur de plusieurs entretiens avec le général Valdès, je lui dois ce témoignage public, que je Tai toujours trouvé animé des meilleures dispositions pour le pays dont je le crois un ami sincère et dévoué. Mais, je le répète, il n'est maître à Cuba qu'après l'Espagne, et souvent la bando ^ qu il y publie, est daté de Madrid.
Je n'ai pas autant vu don Antonio de Larrua; mais sa réputation d'intégrité est venue jusqu'à moi. Pourquoi faut-il que son arrivée à Cuba ait été le signal de la retraite du comte de Villanueva, dont il ne peut jamais faire oublier l'administration intelligente et les nobles qualités personnelles. Des événements politiques avaient frappé cet homme de bien au milieu des travaux qu'il faisait exécuter pour la p|u? grande
i Arrêlé, règlement.
|^ro9périté du pays. Aujourd'hui retiré dans âa maisoD de campagne du Cerro il vit entouré de Tamour et des respects de ses concitoyens. J'eus rhonneur de lui faire, dans ce volontaire exit , une visite durant laquelle brilla lour-à-tour à nies veux, l'élévation de ses sentiments et l§s ressources de son esprit. Alors, comme tout le monde, je me pris à regretter une disgracie auasi peu méritée et je souhaitais à Cuba de voir 1 illustre dréole revenir bientôt à un poste d où l'avait banni 1 intrigue et où le replacera, je ue saurais en douter, la justice éclairée du gôuvetnement espagnol.
Par une attention toute castillane, le Capitaine-Général avait réuni pour dîner avec nK»i, pauvre diable qui n'entendais guère 1 Espagnol, les personnes de son entourage qui parlaient le français. C'est à ce rafînement de politesse que je dus d'avoir fait, dès le lendemain de mon arrivée, la connaissance du général du génie Carillo, officier plein de mérite et de bonnes -manières;
Du brigadier Àcosta» qui s'est fait chérir comme un père, vénérer comme un caeiqae dans son gouvernement de lexlra^-muroê de la Havane ;
Du général de cavalerie Lopez, surnommé le Murât espagnol ;
IM Heàteifairt gourerneur de 1 1 Havane, YiK*hlferde^ esprit supérieur, jurisconsulle pro-
Et deTicente Maria de Y asqdez, jeune homme êè science et de cœur qui emploie les moments de loisirs que lui laisse sa charge de procuraèbr, une des plus considérables de l!Ile» à F^ude des bases possibles d'un collège royal à fonder à Cubas étude publiée que nous aurons à ei^aminer.
J'ardis fifissi des lettres à l'adresse de divers habitants de la Havane, entre autres pour Télexant coAte de Penalver. J'allai le voir à son hôtel de la rtie des lo% Of^om où je le trouvai montant en voiture pour se rendre au Paseo*. Il m'offrit, avec une grâce de par ait hidalgo, ou un siège dans son salon, ou une place dans Éonquitrin. J *optai sur-le-champ pour la voiture, et nous part mes de toute la vitesse de deux vigoureux chevaux louisianais, Chemin fasaot, le comte me mit au courant des promenades et des divertissements habituels de la fashlon havanaise dont il me parut alors le légitime et di-
i Depuis que ce chapitre a été écrit , une révolution s'est accomplie en Espagne. Beaucoup de ceux dont il est parlé sont tombés ; les aulKs «ii eontraire ont monté. L*auleur a pensé que retoueber à ce qtt*ii dit des uns ou des autres, eut été une faiblesse également coupable, égate» Mmt iodigiie de éon ttfft«t4f« d'iMmm^ ^ é« M tkmémmf A*ééH#4i.
gne roi. J'appris de cette façon qu'il y avait deux promenades à la Havane, le paseo d'I* sabelle seconde, et le paseo de Tacon ; mais que celui-ci, placé à une lieue de la ville, ouvert bien après l'autre , avait ainsi contre lui l'habitude et la proiimité ; le paseo d Isabellle seconde» qui commence où finit la ville, était beaucoup plus fréquenté les jours ordinaires. Je fus bientôt capable d'en juger par moi-même, car nous arrivions sur le paseo après avoir franchi la Puerta de ïierra. Les voitures, placées sur deux lignes, circulaient en sens inverse entre une double rangée de flâneurs et sous la surveillance spéciale d'un piquet de lanciers, qui en réglait Tordre et la marche absolument comme aux Champs-Elysées, les jours de Longchamps.
On est tout d'abord frappé de l'étrangeté de la voiture appelée valante et quitrin^ selon qu elle est ordinaire ou de luxe. Pour ma parl^ je fus fort long-temps à lui rendre la justice qu'elle mérite; que le lecteur en juge lui-même. La caisse, à peu près semblable à celle de notre cabriolet, en diffère cependant par Tabsence du tablier autant que par sa forme plus renversée; la longueur démesurée du brancard est, du reste, parfaitement en harmonie avec les gigantesques roues, hautes de six à sept pieds. La disposition
de ces rôues est surtout particulière. Jetées à l'arrière de la voiture, elles évoluent à peu près à deux pieds de la caisse à laquelle elles semblent étrangères. Avec sa capote et le rideau placé en guise de tablier pour arrêter l'œil indiscret ou les rayons d'un soleil trop chaud, le quitrin est assez déplaisant à voir; mais la capote et le rideau baissés, rien d'aussi élégant, d'aussi gracieux, d'aussi coquet que sa forme aplatie et frêle. C'est surtout la richesse des voitures havanaises qui paraîtra incroyable à ceux qui ne les ont pas vues. II y en a, et beaucoup, dont tous les ornements et jusqu'au marche-pieds sont en argent massif; celles-là coûtent de trois à quatre mille piastres (quinze à vingt mille francs) ; il faut comprendre dans ce prix le harnais du cheval et la livrée du cale^ «c'^ro *, ordinairement brodée avec une profusion dont la richesse excuse le mauvais goût. Ce personnage excentrique est invariablement nègre ou mulâtre. Les jambes englouties dans de grandes bottes à Técuyère ornées de larges éperons d'argent, caparaçonné et sanglé comme un danseur de corde, il se tient immobile et ferme sur le seul cheval dont on attèle ordinairement la volante. Tour à tour voiture dans la
1 Cocber,
rtw et meuble daiHs )a maison t <>n #» rpit i0 remisent au beau milieu du salmi, eotre um porc(3laine de Sèvres et une marqueterie chinoise.
L 1 manière de conduire la voilure havanaise «'est pas moins bizarre. Le mattre donne , de rinlérieur et au fur et à mesure, ses ordres au palesero qui les suit en aveugle. Ils sont inva^* riablement formulés dans quatre mots, et lew* exécution proippte et précise constitue à eux ^euls Tart du bon cocher : à la izguierda (à gauche), à la derecha (adroite), segua (continue), arrima (arrête). La même méthode et les mêmes inots sont adoptés pour les volantes de louage qui stationnent sur les places; au lieu d'être icondi^it par elles , il faut les diriger, de telle ,£orte que 1 étranger qui prend d'ordinaire une voiture parce qu'il ne connaît pas son chemin est obligé de le tracer par avance au cocher y sous peine d être promené par toutes les rues 4e la ville. C'est à peu près ce qui m'est arrivé un jour où je dînais au consulat de France. Cepeo* dant, prévenu à temps du danger, je m'étais armé des quatre mots sauveurs. Même j'étais déjà parvenu , grâce à eux , jusqu'à la porte in consulat, lorsque, j'en frémis encore! je di^» dans Texcès du plaisir que me causait mon suc* cèSt segua pour arrima. Le calesero exi^c^ita
mùn ordre avee une telle conscience qne j'eni be9u crier et tempêter, et faire dans ma Gplère un affreux amalgame des terribles quatre moto» il continua jusqu'aux remparts de la ^îlle , d où il me fallut beaucoup de temps, et pluB encore d'attention à ne commettre aucune erreur pour revenir sur mes pas.
J'en étais là de mes observations sur les voi^ tures et sur les cochers lorsqu'après bien des évolutions le quitrin du comte s'arrêta devant Ip t)iéâlre Tac6n« élevé au milieu du paseo d'Isabelle seconde. Il n'existe peut-être pas di) J>f t})éâtre aussi vaste et aussi bien distribué que cette magnifique salle, auprès de laquelle San Carlo même pâlirait. Pour donner une idée 4^ ses dimensions cc^ossales t il suffira de dire que pleine elle produit sept mille piastres(trentet qinq mdie francs) de recette *• Outre le Taeon^ la Havane possède encore deux autres théâtres : le Diorama où se jouent les pièces nationales et le Principal sur la Lameda *. Moins vaste mais plus coquette que le Tacon, cette dernière salle a le privilège exclusif d'attirer Taristocratie qui Ta adoptée pour sienne. Du reste toutes deux sont régies par le même directeur e( desservie^
Jy^ place est k ii réaux sineUlos ^fomçf^ / T Z' r
Promenade auprès de la mer. ^^^ JCl^Â tû n^f^^^K
par la même troupe qni y chante alternatite-* ment. Quoiqu'à Tépoque de mon arrivée on ytntde perdre mademoiselle Borghèse, cette charmante fauvette échappée successivement des loges dorées de la Scala et de Feydeau, la troupe offrait une réunion fort remarquable d'artistes auxquels de grands avantages pécuniaires font braver l'implacable vomito.
Après la représentation, comme je remerciais le comte de Penalver qui avait poussé la galanterie jusqu'à meconduire, dans sa volante, à la porte de mon hôtel :
— N'oubliez-pas, me dit-il, qu'il y a bal demain à la Filarmonica^ et que je veux vous y conduire.
Cette première nuit, je ne fermai pas l'œil, et cela pour plusieurs excellentes raisons. D abord il existe à la Havane une douzaine d'églises, et le double à peu près de couvents qui tous, possèdent des horloges à carillons. Or, comme il il n'y a pas une seule de ces horloges qui soit d'accord avec les autres , il s'en suit que tout l'espace compris entre les quarts d'heures, qu'elles sonnent impitoyablement, est employé par elles à régler leurs sonores différends.
i Espèce de cercle où Von danse et où Top f^ît ()e In miisiquei copo^M on le Terra plu» loin.
èièFe là premi^e r<MX)mtii€»ice. Ce sont un va^ «arme étdë&dlsoorâtDced, qiii, la ritiitflurtoùt, ëtlùfs que k^ autres bruits somÉièilIènt / pro^ mèàeat sur la vîUâ un charivari continuel dont il teriiit impossible de âoniier tmè juste idée ; à cet îercSfêÀrede bronze se marie la voîxThbnotène *el f»arçante des serenoSy espèces de àîeurs qui; toute la nuit, interrompent ïè sommeil des bons baintànts pour leur ânnôîïcér lé tem^s quil fait et les heures qu'ils n'entendent; hélas!' qiiH trop. Alors le tintamare est à son comble, car les seretios n'étant pas plus d'accord entr'eux que les horloges à carillons, il arriyeque, comme elleS; ils en ont pour toute la nuit à troubler un repos pour la garde «duquel ils sont institués. Encore, si Ton avait la ressource d'un bon lit; retranché dans un mol édredon, la tête enfoncée dans de la dentelle et de la soie, peut-être résisterait-on mieux à Tassaut renouvelé des cloches et des cris ; mais non, le coucher de la Havane est encore plus dur à supporter que tous ses bruits nocturnes. Qu'on se figure, je n'ose le dire, un pliant au naturel avec une couverture de laine en guise de matelas, et des draps de toile pour couvertures, le tout parfaitement émaillé de punaises. Je ne vous oublierai pas non plus , génie allée, cinifes et musticos, qui
TOMfi I, 8
«Eécotts «?«• «■ maté bmaxéotaetiimst let pu iMplos fantastiques sur la pavjpière, ddn lèt DariMS, as bord des Idf ras. mv toatâs les |iar% lies da corps exposées à vos impôrtonités. O Faniqr^ qœ ce Ut dut tous paraître difiéreot en mMefu cofÊtàKit de la rae Lafflttel Je ne dois qu'à Totre sonvenir. rêve a«x aUes d'or, à ïhaf* ieine parfomée* d'avoir goftté quelques instants desemaieil; je ne dms qu'à toi... maisiie œ'ar» rite» il est trap facile 4e se piquer les doigif aox épingles de Sterne.