‹ L'île de CubaChapitre 18 sur 54 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

M hk fOOiri lATAlUIM.

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A SON EXCELLENCE LE COMTE ÉÉ FEBNANDINÀ.

SOMMAIBE.

CMp-^'cMl céoéral. «- BivînoB 4e la •ocîM ka?aBiÎM : — rtutenr k eootîdère font le point de Y«e politique, fodil el prepwiif. -. U WinÉkilirti; k A^ta&èk i4lhiilÉt4ttkj^',jAolitio«ftfli. isdépeiHUBU el contenratenrt. •« Encore TaiigUis ! — RéflexioDS et eosteik.— ^ rariiloeratie haYaiiaiae.-^>Nip-<l*ttil sur la boor^eoiiie deCuba.— Les Catalans. —Un bal i la FilanMnica.— RèTe ibord et réalité à terre. — La créole. — Mœurs et caractère. ^^ Danse el toftnaint. — Errews m alfeillanleB lelet ées par l'a

L'4f|«|^«r«tiiii«ie Eapa«ii«. la dififttB àm cla«« de )9 société n'est aussi nette, aussi trandté» q^'è )» 4«f anç. fiiitr'ftUei poiat éo Iihmb «&- Qm>pUe;U«obleiselrai« ««eela Mbleve, la l)Oiiiïgewn« avec la bawgeaûie. fies AatiacttaH, qii étaieirt siirtoat ngmirauieB il 7 a fueliiMs iwnéM. Dot naluffdleœent aaeaé la fonnatiM do pliiMeiin5oet>tadn oa fiei^x 4e témaiam ; «up. à r^aeQulre de ce qui se paasa en Bonfpa. lat pa^^i^areçoireat pen à ta Haranat iii ai- Btant «HMi laisser à d'alÉMa la «m 4e 1m aiwpier, «t'«0lrÀ-^i»» qa'iM ai|Mfnat laaaai plaisirs à un entrepreneur qui s'engage à leur fowrnir en retour de cotisations tinniliMi à^

bord> pour toute l'année, un local vaste et commode, puis, au moins une fois par semaine, tantôt un bal, tantôt une tertulia^ C'est) comme on le voit, le système des cercles mis en pratique à l'endroit de la danse et du chant. Ces sociétés sont au nombre de trois : la Filarmonica^ où se réunit la noblesse, la Santa-Cecilia où se réunit la bourgeoisie, et la Havanera qui peut être considérée par Tobservateut dont l'œil voit un peu dans l'avenir, comme Theureux prélude d'une alliance possible entre les deux classes. Cependant, il faut le dire, les hommes seuls se sont rencontrés jusqu'à ce jour sur ce terrain à peu pràB.nMtjrer^ant^iix femmes,, elles sontres* tim. ianmaUement dànâr l^iB^^u^tief&^respee*

-jBewar^jfuotas àioQ prop6»^4iiie^é» t#uê 4eflipt Qtl dans itras ^fed >pay»> oe tùià %aoîMr»Aeê liemiktw qiïi oat lait )|^ révolutions «Miatos, €^$Méi0» mégialttés des cpKStianS) eh un mot, pAiiiaéiaamVeUraimit des classes^ toit «en «e ipémUiaiit^ sôit eu f^tnonnéiit (tes imiOTations pdéb^tepneâi C'est en çlïet> xomn&nmid l'avons dit» Mcose à-aixquie.la BUarmonità doit de n^tre)plu8un sAnctubiréesèlasif de la {mm aoris» tecnrtie:«iii|ia3rs* B^'abprd «i a été en qoe^pie

i^Siirét^iÉliOi

Mtle oMIgé dy admettre au moins les officiers ^périeursde )a garnison; puis sont Tenus les fiëgfociénts avec leur importance (et leur or. Fouraît-on les laisser frapper inutilement lorsqpe chacun de leurs coups rendait ce son argentin si plein de promesses et d agrémentt Non; on leur ouvrit un beau soir, et ils entrèrent sans prendre garde qu'ils laissaient à la porte leurs femmes et leurs filles. Pour ma part, moi, homme de sage progrès quoique assez amateur des vieilles mœurs , je n'aî pu m'empêcher è^ïtpplaudir à ce commencement de fusion. Il y a, en effet, des pays où la classe qui possède est tellement enviée, menacée, attaquée mème^ qu1l lui faut se voir, s'entendre , s'unir, pour opposer au moins une digue à l'envie, une précaution à la menace, une défense à l'attaque; malheureusement cette sage conduite n*est pas celle qui apparaît en général dans I histoire des nations, et présentement à la Havane. Chose tnzarre, plus un peuple a les mêmes intérêts, et plus il se divise; est-ce un besoin de contrad ction inhérent à la nature humaine, ou bien la conséquence de cet esprit de vertige dont parle TEcrîture? Toujours est-il qu'à mesure que les nuances sociales tendent à s'effacer à la Ha- Yane, tl s'en établit de nouvelles et à un endroit lM^:^phi^dangeret![x^ çelgi des questions f^

■as 1^ ra.

tQHt^lfs J^èglPS dl». ÏMW 8^«^ flu'il y #t ^i&}>*

^ cût^ 4ç eem qui veulapt taifl baipt le imi(ip|i|j|^ 4ç l'eut actuel, l^t totite^ eef opi^io^ diffi^f\en$f|| s^g^ent, se hQur^nt, se c|isçtt(P|it |ipi}r ^^i^ 4ùre sou^ ^ cpu|6«(|i dos nègres et à iqu^f^p^ l|Q|l^^ peine 4;? $aiftt-.pomiiig^ ettsfttij^nykf, ])fai^iItt'ipi{iiQr|e aux idétilpgHe&l'ofpiépjepçe d% pa^? Pour «i|x rhi«lpii>e Q> p(^ d'eii^QJgn^^ meipt, les fails point de déducticMis Iqg^uef.,,». Q^.jC'est ainsi que remuait à toute lvç(ur^t f^ff». Qi^çessité. 4es questions brûlantes, ils pr^p^re^ d'we »aip parricide une catastrupfaer gu^ conj^::^ l^lerait de joje l'Angleterre jt.^o»|se. c;epen4i*aA. iJL f^nl le dire, les conservateurs soAt ^ Gi^a eçi. grande msùorité ] c'est à peifie si les i4ées j^iJt^-r tikOUiM^ comptent un millier d'adhérents p^^oqii Ijçs ^t cent mille habitants qui forment la pp^ piUaiLion. blanche du pays. Semées parl'iu^^, cep^ul anglais, elles éprouyent mi^i^ «s^es, d'embarras à se ^oduire, aujourd but que cet ag^pt a été- arrêté, la propagande et rinsMrreç»> t^f^tabP<)plK9>% effet, laj9uaewehay«^.apQ»

ÏL

ètt0 étiKïiottâiaftè et ^lOitènM, tt%n Ml pm «uolns accessible à la logiqee; et TurnbulU jrtîail fe tnâsqtte d^une hypocrite hnoiaiiitë pour w^ bôrer contre le pays le drapeau roug« ée i« ré» volte, est uti enseignement qcii J'en suisca<«ift^ i^^a pas échappé à sa perspioaeitè aatureHiBi D'ailleurs je erois,etje le démontrerai, que l'a» exagère beaucoup les intentions mêmes de es parti progressif. Après avoir causé longuemeÉl et à différentes reprises avec plusieurs de sea plus chauds adhérants, je leur dois la justice de dire que je les ai trouvée beaucoup moins té^r^ hitionnaires qu'on me les avait faits* Tous v&a^ lent bien également TabolUionde la traite et Bcût-être rêvent en seeret Tindépefidance de Cuba , mais pas un seul qui m'ait avoué être partisan d'une émancipation imaoédiate. C'esâ liu moins ropimon que j'ai emportée de mes omn tefsation^ avec MM. OTarreilet de Castro, ftem jeuAes créoles qui de bomie heure se sont ùman pés des afTaires de leur pays avec unoœur 4» eïtoyen et lA esprit de savant. A eeui*€i, je le Hèpèke, je crois des idées de procès, mais Cordre ; d'amélioration, mais de emservalion ; ftusîi je neles crains pas. Mais tous lews con« f^res en philanthropie n'OM pas été conduits e»ifimê ètt auici^esavanoè^l^ar liéftudeetde

•dbi^iiit, vvkx perfi^ insolations duo fourb^ Miglais, 0t^ plu^ grand nonobre, il faut Tavouer* k Tiodigne envie de passer pour de^ hommeif de prqgrès. Ce sont ceux-là que je craint, et ^ evx je dis : Amis, progresser n'esC fm ebanger. Oaps ces grandes fièvres sociales Qu'on pop)rtt9 révolutions, quand tout s^agite et se déplace, il y a souvent un plus grand courage et uoe force plus intelligente à rester stationoaîre qu'à $uiyrjg le torrent. Il e^t beau surtout ë*arréter ses ravages- Amis, j'ai vu dans une de 1&0S profondes fajiaises un baobab gigantesque; touchant presqiiç de ses fortes branches le^ lancs des jdeux qi(mts voisins. Dans quelque ou** ragan sans donte, un fleuve à pic s'était iautrefois précipité des sommets d alentour^ entraînant avec lui des foréto et des rochers ar^ajC^és de leurs pentes, liais le tronc séculaire f^i ea vain ébranlés il arrêta cette inon^gi^ de déturis sur lesquels il j^te aujourd bui son pmbrage plus vaste que jamais^

Si divisés que soient le^ javanais sur leurs questions politiques et social^Si il est un poin| sur lequel ils se renconlT^nl toqs,je yeuxparr; 1er de Turbanité de leurs naa^ières et de Télévation de leurs sentinients Aujourd'hui où les ^J)eltes langiies des grande écrivains français et «pagncds^ «t Jtoe |Hraii^.e:^lu^8 (te r^

société ont été remplacées en Europe par l*af* got et les poignées de main des carrefoors, on les retrouve avec surprise et bonheur à deux mille lieues de leur berceau. A la Havane» la noblesse est ce que doit être la noblesse, une institution forte et digne. Si elle ne descend pas sur la place publique pour faire de la popula-> rite, elle n'en est pas moins affable et polie dans les somptueuses demeures qu'elle habite. Loin de froisser par un vain étalage de titres et de noms, elle s'efforce de mériter le rang élevé qu'elle occupe par une conduite et des manières irréprochables. On ne voit pas non plus, dans les rues de la Havane , des marquis crottés, ni des comtes en guenilles. Là, comme dans tous les pays nouveaux , ou qui ont gardé leurs institutions primitives, qui dit noble, dit riche. A Cuba, comme en Allemagne, en Angleterre, en Russie et dans l'ancienne France, la noblesse est nonseulement un ordre honorifique, mais un corps politique et territorial. Laissant dé côté les sots ^irs de grandeur d'une aristocratie improvisée, elle s'occupe des affaires de son pays, du moins jutant qu'on le lui permet. £n agriculture, en commerce et dans les arts, il ne se fait pas une découverte, un progrès, auxquels elle n'attaché son nom. Généreuse et éclairée» pleine d'une dignitéexempte de morgue et d'affécfàtibiii; elle

l^pf ésente au complet ce noble et él^ant (yp* du parfait gentilhomme qui n'est plus eh Éuroj^é qu'un regrettable souvenir.

. On. voit à la Havane des personnes qui né seraient déplacées dans aucun de nos cerclés» éf certmnemçnt, madame la comtesse de Fefnatt-> ^inAf par ^^9 vastes connaissances autaht qtitit par la grâce ei la distinction de 6a pei^nne, serait partout ailleurs ce qu'elle est au pays natal» la reine de la ihode et des belles maniérés. ; C'çst upç opinion généralement répandue que; ]» Havanais est joueur et libertin. Poui'quoi le taire ? cette opinion est vraie. Mais retrouverons* npus ici lé jeu et le libertinage dans les effrajran-^ tes proportions qu'ils pnt acquises quand ils Gageaient unç société à Téxclusion Fun de l^autfei^ Car» dans celle que nous a peinte la main à'm pialtrçy où le jeu était une affaire sérieuse^ » 6ft» après avoir tout perdu, l'homme, par un der^ nier coup« jouait sa liberté et son Corps» ééïd cette société» le libertinage était inconnu» eî rbistoire ne nous dit pas que Tibère» k Cà^ * prée» se soit livré à des jeux de hasard. Noti» fei fureurs du jeu et les plaisirs de Tamour senâblent se tempérer mutuellement. Us perdent» k côté Tun de l'autre» leur aprèté essentielle, tli

pmrrmf Mœ aimi être encore de dëpforabfel paftsioÉs, mais ils ne se présentent plus dânt tour kratele nndité. Une sorte de foile aimabld Ici tiulYte ctez le dnc de Rîdietieu. A Ouba^ ili BMn&ent efasémWe. Là, le jen n*est pas seules oient le délassement da Toisivelô, èar Tin^ ielUfenbe de ces hommes n'est pas inactite * 4 Biais U les aide encore à supporter le poids de hsmr fiortnne qâi semble les fatiguer et les tôfif^ lœnter, et la tdlupté est à son tour le délasse^ m^it 4a yra. Cc^ieodant* le Havanais tieM qu^ ^pslns des cartes durant des jouta eiftien et <lè longues nuits. Sacrées sont pour lui les dettes d« JeiM^BlBiiepAirtoÉiâli^déaceiidaflts desrabes gieroMtt^uâi. B ti?re; la chose s^st ne; il Imei •ana bésiter# bu p^ais à scm adversaire, Ibi^ua 1« ^iitiee eUe^^Béate aurait pn contester la Ta^ Mté dii coiip Mais ceseieàs aànt rares. Le j^uè mmtÊlti à demi r^nrersé dans son nlolMle Im^ t»ca, sitoBCMuii BOn(dialant, tKqpassible, mais wm^wa^ le Jdueur qne bràle aonidedient la

1 4 à$m édairétf q&e tel £tiMf>éeiii, fli «ntfMdé à la Bavanedeft îâê' titutions scientifiques qui peuvent rivaliser avec celles du contin^nl; Sft Sâveàt àiettre à profit toutes les inventions de la civilisation pour paiipxdir^ Ifvr» euUvrfs; perfectionnèrfoun mof eus innH;^IKstftriei»^ augmenter leur3 richesses, et cette heureuse activité industrielle, au lÉllielf ^ 4itie des ^Hrts, eÊrt une [«posante étude i fécononâste. 4 gest afloatie^Sahc^h» ^f^^fttdfw^^ flous îrerrons plus tard quelle» déductions il en tire» {Coloniei éfriu^

fièvre de For /on le voit Jeter un regài^d T«nip9 duâe ég^le iûdifféreîice et^r la fumée odo^ rànte de son Cigare sat» riyal, et sur les qIoih ceanx de son^ or qoî se dissipent devant laiv comnie te nuage éphémère qa'il dia^se Àe ses lèvres. La cbance, moqueuse ou souriante, Ift prouve t<mjours caln^. Vainqueur ou battu» fl sel^ve auâ9t tranquille qu'il s'était assis, et bi moitié de c^ or qu'il entassait tout à rheiré sur uneotrte^ il va le jeter à Totiget de sdA ea-** priée d'aujourd'hui» en revint pour ^temail les mèfi^âs luttes atealoive^ et des amours umh veltes.. ^

' NoiB aroi» matotenaat à t>ai:ler de la bo«r^ geofsie; mais qu^le est la elàssede la MCiélÉ de Cuba que nous allons comprendre sous oe titre europé^ ? Nous n'hésitons pas à répondre, tout ce peuple de petits marchands, de petite ^rentiers et d^gricu^urs înintment secmdak^ qui forment dans.VUe la classe intermédiaire entre Je grand propriétaire et lliomme de peiiM. L'étude de cette partie de la population ne saurait offrir qu'un médiocre intérêt. Composée d hommes pour la plupart uniquement occupés à gagner de l'argent , elle varie peu dans ses mœurs et dans ses types. Un d'entr'eux est le français. Jac<)uemont l'avait déjà rencontré à Rio«*Janeiro, et Von sait s'il avait été assez Tol^

jet de la mordante gaîté du voyageur et des spirituelles doléances du citoyen^ Il a été, ibi, quelque diose d'à p^i (Hrès semblable à ce qu'é^ taîant les Grecs à Rome du teaips de JuvénaP. Aujoufdhui il est uniquement coiffeur. Il faudra ]^us d'un assaut pour lui enlever cette dernière position.

Mais nous ne saurkms pàs^r sous silence cette fraction qu'on nomme les CeAalans, fractkm si intéressante d*un tout si nul. Pour TEuropéen> ce mot veut dire enfants de la Catalogne; pour l'habitant de Cuba, c'est bien cela* mais c'est autre chose aussi : c'est le synonyme de tra« vail, commerce, activité, îndustrte et louable opiniâtreté. Ces qualités semblent leur avoir été léguées par leurs ancêtres. On sait quels commerçants étaient les Catalans dès le moyen-âge, et qitô, premières assurances maritimes, négociation de lettres-de change^ peut-être même coor* dination et promulgation du code connu sous le titre de consulat delamer^, Thisloire attribue à leur capitale toutes ces initiatives civilisatrices.

' Sans considération et presque sans ressources au début, ces hommes* laborieux tiennent au-

1 Jacqueœoûty Lettres,

2Sal. m.

3 Dict. du Comm. 1. 1, p. 2«7,

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