TOME I
SOMMAIRE
Comment il faut entendre ce mot : Terre inetmnue, — De Yilla-Clart à Santo-Espiritu. — La route royale. — - Oiseaux. — Caracaras. — - De Sanlo-Espiritu à Puerto-Principe. -«Savanes. — Sensation nouTclle. Haciendas de crianza et haciendas de ganados. — - Immenses troupeaux de bœufs. — Arreadores. — Cochons marrons. — Attaque. — Exploit de Pepe. r- De Puerto-Principe i Las Tunas. — • Modifications dans Paspect du paysage. »- Forêt de Gaîac. — ^Une nuit dans le désert. — Arc-en-ciel nocturne. — Forêt vierge au clair de lune. — Hymne de Cuba à Dieu.
Au moment de racohtet notire voyëge dans Cette pàhie de llle tjiie M. de Hùihboldi a appelée une terra incognita, nous ne pouvons nous déreiidre, nous Tayouons, d'un certain sentiment d'orglleil. Depuis près de vingt ans que l'illustre vbj^ageur à noiiimé ainsi l'intérieur de Cuba, aucun explorateur n*â essayé de le débaptiser èti y pénétrant. Dn visite bien les tilles de l'intérieur, et quelquefois oh traverse l'Ile avec le courrier de la Havaiië à Santiago ; mais quel est, noue le demahdotis, celui qui a quitté ce qu'on nottime la route royale, pour s'égarer à droite et a gauche, dans des savanes qui s'étendent à jiefle de Vue , pour côtoyer ces forêts vierges où Vbû ïie sautait pénétrer, poUr franchir à giié'
toutes ces rivières qui ne se sont jamais indignées de couler sous un pont^ pour demander enfin à toute cette nature si elle ne se prépare pas encore à ses prochaines fiançailles aTec rhomme. II fallait un enfant de cette nature elle-même, déjà familiarisé avec les montagnes delà Guadeloupe et des autres tlesde Tarchipel américain, une sorte de Caraïbe à qui la civilisation n'avait pas enlevé toute son énergie; il fallait une grande curiosité d'explorer le premier une nature qu'on rêve si belle, et aussi ce besoin, qui vient d'en haut, d'être utile à ses semblables.
C'est peut-être une témérité ou une faiblesse à nous d avoir intitulé ce chapitre : la Terre m-connue. Sans doute, à. ce mot, le lecteur s'est déjà promis des révélations éitraordinaires, des tableaux entièremenlinouveaux^; car on est toujours porté à s'exagérer Jesl>eautés dune région inexplorée. Il est vr^i, toujours et partout, le mot de l'auteur d'AgrieQla^: Omne ignotum prq mqgnifico est. Biais qu'y a-t-il ai^ourd hui d'absolument neuf sous le soleil ? Eii parcourant les notes que nous ayons prises sur les lieux* nous y voyons des choses, hélas! trop connues. £t pourtant nous croyons, si nous pouvons donner aux objets la çouleuf originale que nous leur ^avons vue, être à même de justifier, du moins
en partie, ce que ce titre porte avec lui d1nté-> rét.et éveille de curiosité.
De Villa-Clara à Sanlo-Espîrilu, le paysage ne change pas encore d'aspect. Pendant quelques lieues vous passez sur les derniers renflements du groupe de l'Escambray. puis vous entrez dans la plaine; mais, à votre droite, vous avez presque toujours des montagnes en vue, surtout aux approches de Santo-Espiriiu, où court presque parallèlement à la roule la sierra du même nom, et à votre gauche s'étendent de vastes plaines.
Je piirtis par une fort belle mutinée dé Villa- Clara, et me dirigeai au petit trot vers le sudest. Les premiers pas d'un voyageur, dans une contrée si belle et si peu fréquentée, ont quelque chose d'analogue aux ravissements encore inéprouvés du premier amour. Ce vent des montagnes, qui vous arrive si frais que vous frisonnez sur votre selle; ces rayons horizontaux d'une lumière dorée qui glissent jusqu'à vous à travers les trônes des arbres, et allongent sur le chemin l'onibre du cavalier; ces cèdres, ces orangers, ces acobas, ces magnoliers surchargés de lianes en fleurs, et formant des masses confuses dobscurité interceptant à vos yeux les douces splendeurs de l'orient ; ces herbes imprégnées de rosée, cette couche épaisse de
parfums descendus pendant ]^ nuit à la ^Hpfafi^ du sol refroidi et que yqus agitez en pas^nt ; cette terre virginale qui s'éreille et frén^it ^ul premiers baisers du soleil» tous ces qaystèce^ ^ pur^f0 et de poésie de la jeune i^ature, à cette îiepredujour, sontpotir le pèlerin ce que sqiit poyr Tamant ces lueurs indécises et charmantes qui annoncent dans lajeune fille le Içyer de Tame, et l'aube ipe]prablederanK>ur. Abreuvés Tun et l'autre à la coupe de v|e et d'enchantenient, ils sentent grandir en eux le courage et Ténergiç nécessaires à Taccomplissement deTœuvre corn* pienoée.
Je passai quelque^ ravines et de petites ri vie* res très-pittoresques, et, entre autres, la priq- Cip^le, je croîs, fie celles qui fwmenj; Sagm-la- Grande, et, un peu plus loin , la source ^i| Tuinucu, long afiOuent de la Sasa. Quelques heures après, je quittai 1^ juridiction de Villa-: Clara, et franchissant Sagua-la-Cbiça , à uqe lieue environ de sa source, j'entrai dans le territoire qui relève de San- Juan de los Remedios. Dans le partido de Guaracabuya que je traversai en partie, je n'ai pas vu un cafier ou une canne à sucre. C*est une suitQ de fincas, terme général par lequel les habitants désigi^ent toutes espèces de propriétés iipipobilières autres que yngenios qu cî|fet?ijes.
A fiearaciabuya (aldea dô 751 faabitaiU», éùàt 489 blases, 121 deconkmr, libres, et seulement 141 poirs esclaves) la route se bifurque. Et c'est, ea vérité, pour me conformer à l'usage que je me sws du mot route, que pourtant je ne prbnmcerai pas de nouveau sans Tavpir commenté ici même. La route royale passe au milieu de la plaine, mais seutement sur les cartes ofidelles é& rUe. Dans la réalité, elle comprend la plaine f^tière. Je n'ai pas vu en effet la moindre trace indkmant qu'dle fût ^m âm çMé que de Tautre, surtout dans cet immense espace de quatreiringt^lieuesqui sépare Santp Espiptu de hà^-Tur nas. Aussi, peut-on dire que si dans bs colcmie^ françaises les routes sont à Tétat de projets, dans les Iles espagnoles^ ell^ n'existent quedanç rimagination des chefs et sur les cartes qu'il3 foiM; dresser. Cepencbint je dote à la vérité d'ajouter que l'œil de Pepe Ascension ne fut pas wi seul nuHnent en défaut. Il suivit avec un instinct de sauvage le tracé de la carte qu'il n'avait probablement janiais examinée.
Nous prknes Tembranc^ement de droite, et nous entrâmes bientôt dans le partido de Baez, qui termine au S.-E. la juridiction de Villa- Clara; puis, après avoir ffancbi les limites d^ celle de Santo-Espiritu, et plusieurs ravines qui se jettent dans le Tuiniji:j| §jiif g?i 4^,QUp> npif? |î-
mes sttcoessivèment, des aldeas s des caseriost et des haciendas, El Jum^to, Pozas, Santa-Lin cia; dans tot^ ces lieux, un cafetale, un ynge* Bto sont de grandes raretés, et le nombre des blancs forme, le plus souvetat, les deux tiers de de toute la population, et quelquefois les huit dixièmes.
Le soir de ce premier jour^ nous suspendîmes nos hamacs aux troncs d'un petit bois depins, peu éloigné de la route/ et, protégés par ces beaux arbres qui jetaient sur nous leurs grandes brandies horizontales et leurs sentéttfs balsamiques, nous nous endormîmes sous Toeil de Dieu.
Le lendemain matin ^ nous fûmes bientôt sur les rives du Tuinucu, quinze lieues plus loin que Tendroit (A nous l'avions passé la veille. Nous choisîmes Pq[)e et moi une place charmante, toute pleine d'herbe, de mousse et de fleurs, et BOUS nous mimes à déjeûner. Pendant notre repas, il vint autour de nous une si prodigteuse quantité doiseaux de toute sorte, que je chassai une partie de la matinée. Dans les savanes et sur les halUers, c'étaient des troupes de passereaux qui pouvai^t rivaliser avec les fleurs par Téclat de tour parure et avec les papillons
1 Hameau.
t Assemblage de quelques maison».
par la légèreté de leur yoI. Un peu plus loki, les arrieros sauvages guettaient en silence les insectes et les reptiles dans Tintérieur des buissons; tandis que le moqueur S tour-à-tour courant à terre ou perché sur quelque haute branche 9 mais jamais en repos, disait ses chansons imitatives et variées qui semblent reproduire les divers chants des autres oiseaux. Le plus souvent, lorsqu'il commence ses hymnes harmonieux, il voltige, bat des ailes en Tair, au-dessus d'un buisson sur lequel il se laisse ensuite tomber mollement. UUoa le nomme le roi des oiseaux chanteurs ^
Les arbres étaient aussi chargés de carpenteros souvent couronnés du cramoisi le plus vif^ à la robe variée d'or, de noir, de vert; decotorras et de guacamayos qui ne sont pas moins beaux, mais qui, amis de Tombre, semblent avoir reçu de la nature une teinte générale destinée à les cacher au milieu de la verdure. Le charpentier sémillant, souvent isolé, frappe gatment de son bec les troncs d'arbres, et fait retentir Técho des forêts de coups redoublés, tout en grimpant verticalement surTécorcedes arbres. Lés colombes, toujours par couples amoureux; se caressent au sein des bois, sous le
' 1 Â cuba, Sin$(m(e.
t Koiieioê aouricana», entrée, viii.
fiBnillage, et dans les plaines, tandis que les pe« riquitos sociables, formant des troupes babUlardes, étourdissent le cultivateur dont il? yeu- Içnt dévaliser les cbanopp.
Je pourrais noniiner une foule d'^i|tce$ qî* seaux, mais je préfère ipdiquer c^ux p^i^qqih^ qui voudraient se livrer à cette étpde^ {§ fuyant ouvrage de M. d'Orbigny, ej; ceui: de P(^)^1a- Hernandez de Oviedo, 4§fiB dp î^aët, M^xpsf%¥9f Francisco de Fernan4p?i. Duftertre, 91q*n, C*tesby, Brown, Wilson, P^nnant, Viellot Qtïîr gors. Il reste établi que Cuba, par 8» ptmtioil» semble être le point leplusinlériQSf^ant di) naond^ pour l'observation des pi^ea^x américain^, icar elle en a beawcoifp qu'op pe trpjiye qi|^ pl}^ elle, et elle reçoit ceux du continent méridional par les tles du vent, et peux du npr4 par Tarchipel des Lucayes.
Lorsque nous revînmes d& la chaise, nous trouvâipes les débris de notre déjeuner, et dq3 provisions aussi, yivempnt disputés par uf^ troupe decarâcaras ' qui les avait UvrésaupUlage. Notre approche ne les troubla npUempiU. Il y en eut même plusieurs qui s'avancèrent ^ndevant de nou^, marchant lentement, avec 0}«jesté, la têle droite et Ip corps borizoQtal. ^^^
1 Gros oiseau de proie, connu dans l'histoire UJ^ureHe sou* le oom de caracara polyborui.
^peq^ip^ parut vivement contrarié da sans* f^çqp de leurs manières, et sa mauvaise humeur se traduisit par un coup de carabine qui mit la îîfpupe en fuite sans coûter la vie à ancunde ce^ ipiK)ceots indiscrets, grâce à la maladresse ba- |)it|ie|lQ (lu guide.
— Vous n'êtes pas généreux , maître Pepe , )|ii ^is-je, en arrêtant sa main qui , tremblant^ de dépit , commençait à recharger son arme.
— Ah ! seigneur , répondit-il , vous ne çonpaissez pas encore ces vilains oiseaux. Ils ne yoilJ; pas nous quitter durant tout le voyage, et fOHJqurç ils seront occupés pu h s'enaparer de fi03 gl^lprs ))lesaés, ou à voler nos provisions.
Je l'avQup , dans le premier moment, je crqjj l'accusation portée par Pepe Ascension dicléu par son ressentiment, mais, plus tard, j'en reconnus la stricte vérité. Les caracaras qui nous avaient dévalisés avec si peu de gêne, sur les bords du Tuinucu , nous suivirent jusqu'au terme de notre voyage, s'arrêtant quand nous nous arrêtions et mesurant leur vol sur le pas de nos chevaux. Mais je dois aussi ajouter en faveur de leur moralité si gravement attaquée par les dires de Pepe, qu'ils respectèrent nos provisions toutes les fois que nous eûmes la prudente attention de leur laisser sur nos plats des débris assez copieux pour satisfaire leur appétit.
Nous arrivâmes à Santo-Espîritu vers le coucher du soleil , après avoir franchi , en deux jours, l'espace de vingt-troîs lieues qui séparent Villa-Clara de celte dernière ville. Elle est dans un site agréable , arrosée par une petite rivière qui se jette dans la Sasa. Ses rues m'ont paru assez réjgulières; son architecture rappelle la manière des premiers habitants , quoiqu'k un degré moindre que Puerto-Principe. Sa population, selon le recensement de 1841, serait de 9484 âmes, mais je croisée chilTre au dessous de la vérité. Quoi qu'il en soit, les noirs n'y sont qu'au nombre de 1466, dont 992 femmes. Quant à ce qu'il; y aurait à dire sur les proportions inverses des hommes et des femmes de cette classe dans les villes et dans les campagnes, je renvoie le lecteur au chapitre spécial de la seconde partie qui traite cette question avec détail.
Après avoir quitté Santo-Espiritu» nous passâmes d'abord «et pour la troisième fois, la jolie rivière de Tuinucu, et ensuite le rio de Sasa. L'homme qu n*a vu que les fleuves troubles et jaunes de l'Europe , ne peut se faire une idée de la beauté et de la transparence des eaux des Antilles. La Sasa, qui m'inspire cette réflexion, est certainement, parmi les rivières de ces Iles, une des plus remarquables par les qualités exquises et l'abondance de ses ondes cristallines.
A mesure qu*on avance dans Tintérieur du pays» la route devient de phis en plus déserte, et le pays lui-même change d'aspect. Sa physiononoie reste toujours bdle > mais elle prend bientôt une teinte de mcmotonte que rétemelle
richesse de la plaine et la pureté des horizons ne font encore qu'augmenter. Cette nouvelle apparence se fait surtout remarquer dans ces savanes sans bornes qui s'étendent entre Santo- Espiritu et Puerto«Principe. Elles présentent une succession indéfinie de plans d'un vert chaud, qui vont , se découpant avec netteté les uns sur les autres, jusqu'à ce que la couche atmosphérique qui les sépare, rendue plus dense par l'éloignement et Taccumulation, les adoucisse et les confonde enfin dans une dernière bande transversale plus ou moins ample > d'un bleu foncé, et surmontée d'une pénombre blanchâtre et vaporeuse. Là, pendant des lieues entières, on ne voit, comme au milieu de Tocéan, qiie ces douces ondulations d'un sol qui n'est élevé que de quarante à soixante toises au-dessus dd niveau de la mer ; mais on rencontre beaucoup moins cette distribution variée des formes végétales qui embellit et renouvelle sans cesse Ife paysage dans les plaines de la partie Occidentale de nie.
Depuis que j'avais quitté les côtes et les nioiP tagnes , pour m'^foncer dans ces savane^, J'éprouvais une sensation singulière. J'atais peitie à m'accoutumer à l'espace nu, à la lumièt-e que rien ti'iaccidentait. Je cherchais toujours linéique grande ifiasse de verdure Ou de rocher qd
put appuyer mon regard flottant , et je ressehtslls pins ëncot-e de fatigue d'esprit que de corps, iine soHe de vide de tête , de voir se dérouler devant moi cette immensité toujours franchie et sâhs cesse renaissante. Aussi, quand je vous aperçus au loin, sauvages collines, qui mirez ^oà fiants verts dans le Jatibonico méridional , avec iitielle joie je me détournai de ma route po^T aller vous saluer et reposer mon regard , dd haut de votre sotnmet, sur les rives fleuries de là rivière qui baigne vos pieds ! Lagunes sans liôrii de ces déserts, qui bordez les bois de cèdres, sbùs lesquels vous jetez un peu de fraîcheur à l'heure de midi, que j'ai eu de plaisir à contempler, démon hamac suspendu sousTombre aromatique , votre surface sur laquelle le soleil faisait monter et trembloter, comme un rêve de mon demi-sommeil, une nappe ondoyante de vapeur! Rochers tapissés d'angarillas qui me prêtiez , à l'heure la plus chaude du jour , votre ombrage et vos parfums, humble cabane du pauvre guardiero qui m'avez aussi abrité , combien souvent , au sein même des pompes parisiennes , votre image passe et repasse devant tneà yeux !
De âanto-Espiritu à Puerto-Principe, je n'ai vti àur \à route que deux villages, Cîego de Avili qtiifcbntîent une quarantaine de maisons, à Vingt-
et-nne lieues 4e SâBtchE^iritu,et San Oerommo^ pueblo moins ccmsi^érabiey à douze Hones de Puerto-Pri^cipe. J'y ai rencontré aus^i quelgoes baciendas, mais c'est surtout d^ns Fintériâur du paya qu'dles sont en grand nombreHajuridictioa de Piierto-Principe contient 2201, et celle de Santp-Espiritd 2668fincas, ou établissements ruraux de tous genres^ en exceptant toujours leà sucreries et les caféyères. C'est en effet dans cea parages que s'élèvent là presque tot^ité des bœufs qui. approvisionnent Tlle entière. Ces sa«vanes toujours vertes» ces pâturages excell^its ^ plantureux où les troupeaux s^ébattent fin liberté» contribuent plus que rhomme à fournir de beaux et nombreux produits.
Il faut distinguer les haciendos de crtama^i les haciendas de gànados. Dans les premières on élève, dans les autres on engrais^ les bestiaux,
Les haciendas de crianza ressemblent beaucoup aux polreros deTrinidad et de Villa-rClara. C'est le même désordre et le mêmet abandon; les mieux installées sont^à peine eutpurées d'un mur ou d une haie ; la plupart ne se composent que delà case de^ gardiens» et ne sont fermées par aucun enclos. J'ai eu souvent occasion de visiter rintérieur de ces haciendas qui s'appellent aussi vulgairement potreros. J'aimais à voir ces grands troupeaux wrer et bondir dans la plaine^ s'en*
fimcer eir mugissant dans ces steppes yerd(^an-» tes, se plonger dans les marais, au mifieu des troiipes d'oiâeaux aquatique^ qui les regardât impassibles. Maiàle bcmif de Cuba a cQlade par*ticuUer qu'il ne devient jamais complètement sauvage ; élevé dans ces savanes solitaires, ii conserve néanmoins ses instincts domestiques. Od dirait que cette nature bi^faisante repousse tout ce qui est sauvage. Selon la remarque des habitants les plus ipstruits* rapportée dans VEs-wipoiiiiquej les agrumi des jardins conservent toutes les qualités e^^quises de leurs fruits^ alors même qu'ils sont privés des soins de Thomme.
Les bûBufs de Santo-Espiritu sont dirigés sur la Havane, tandis que ceux de la partie est du défartemeût centra approvisk>mient Santiagode Cuba et le départ^jnent oriental. La Havane consomme en moyenne, d'afH^ès le dernier re- ]e^% le coiffre énorme de soixante mille létesde bestiaux par an. Il faut ajouter aussi que cette villp approvisionne à son tour Guines, San Mar* çoB» Marieh enfln toute sa banlieue» fort étendue £t très peuplée. C'est dans la belle saison que Ton conduit de préférence les bœufs de Tintéjpieur à la boucherie de la Havane et de Santiago, ^n de curieux comme de rencontoer alors un de ces troupeaux mené par les arreadores. Pen« dant mon voyage, j'ai été ^ssez heureux pour