‹ L'ile de SardaigneChapitre 14 sur 55 · SUPPRESSION DE LA FÉODALITÉ · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DE LA FÉODALITÉ

rencontraient point un terrain favorable pour fructifier, il est naturel que la société y soit restée immobile et que le régime féodal s'y soit maintenu jusqu'à nos jours.

Mauvais partout, ce régime eut en Sardaigne des conséquences plus funestes encore que dans d'autres Etats, précisément parce qu'il y dura plus longtemps, et que les maux qui durent s'enveniment et deviennent plus difficiles à guérir En subordonnant le droit à la force, il habitua le pays à ne plus croire au droit, à ne compter que sur la force, et il substitua le règne du fusil à celui des lois. En entretenant longtemps de petites guerres intestines entre les seigneuries, et en ciiijièekint jusqu'à nos jours la constitution île la propriété parfaite, il ne permit ni à l'agriculture, ni au commerce, ni à la richesse de se développer. Il mit un obstacle invincible à l'accroissement de la population et perpétua ainsi la misère, l'abaissement et l'inertie.

Au momeut on il fut supprimé, la noblesse sarde se composait des barons possesseurs de fiefs, des nobles ayant un titre, mais n'ayant pas dé fiefs, et enfin des cavalieri. Les cavalieri étaient très-nombreux, cette distinction ayant été à toute.- les époques accordée avec nue urande futilité e( vendue ;i très-lia- prix. Le- u:i-. c'étaient ceux de la première catégorie, faisaient précéder leur nom du titre don. Le barreau et la magistrature en étaient peuplés. Les autres ne pouvaient placer qu'après leur nom le titre de cavalieri. Il-

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avaient encore un pied dans la roture et la plus souvent n'étaient que des paysans enrichis. Tous les nobles, quel que fut leur rang, avalent des privilégia qui leur étaient communs. Ils étaient exempts de la corvée. Ils étaient jugés au criminel par leurs pairs, et mi civil, ils n'étaient pas justiciables des tribunaux ordinaires, mais du vice-roi ou do la royale audience. Les barons possesseurs de fief3 étaient tous, sauf deux ou trois familles, d'origine espagnole. Ils descendaient des gentilshommes castillans, aragonais et catalans qui, au quatorzième siècle avaient conquis le pays et se l'étaient partagé. I~a plupart s'étaient fixés dans l'ile, mais quelques-uns des plus riches avaient fini par retourneren Espagne. Eu I&10, sur 370 fiefs, six seigneurs espagnols en possédaient 188, trente-six seigneurs sardes en possédaient 15G, et 'il appartenaient an roi de Piémont.

I,es fiefs n'étaient pas très -importants. Ils l'étaient beaucoup moins qu'en Sicile, où avec un territoire un peu plus étendu et une population trois fois plus considérable, seize cent mille habitanU au lieu de cinq cent mille, leur nombre était moindre à la fin du dix-huitième siècle et ne s'élevait qu'à trois cent quarante trois. Les paysans étaient libres. Ils n'étaient point attachés à la gièbe, ni immobilisés dans une seigneurie, ils pouvaient quand bon leur semblait quitter leur baron; ils étaient seulement soumis à des redevances. Ces redevances variaient presque dans chaque flef. On eu a compté treize cent quatre-vingt quinze

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