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une somme égale à vingt fois la contribution annuelle à laquelle elle correspondait. Par exemple, si la somme totale de la contribution imposée à la commune était de 100 francs, que la part raclietable fut de 75 et la part perpétuelle de 25, la commune pouvait s'exonérer île la première partie en versant en une seule fois un capital égal à 20 fois 75 francs, soit 1 ,500 francs, et elle continuait à payer perpétuellement 25 francs par an à l'Etat [1). Les communes n'usèrent pas de la faculté de rachat qu'on leur avait donnée et leurs anciennes redevances se trouvant converties en un impi'it. elles gardèrent vis-à-vis de l'Etat les droits qu'elles avaient antérieurement vis-à-vis des barons. Les barons conservèrent leurs titres. Deux ou trois acceptèrent en échange de leurs droits des concessions de terres en pleine propriété, ou des terres destinées à accroître leurs anciens fiefs, et à constituer un majorât plus considérable. Mais la plupart exigèrent de l'argent. On leur donna une rente perpétuelle équivalant aux redevances qu'ils percevaient. Cette rente fut soumise aux mêmes règles que le Ref et transmissible comme lui par ordre de primogéniture. Reniement chaque baron put disposer du tiers du capital qu'elle représentait. Par exception, deux barons obtinrent même la disposition
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de )b moitié rie ce capital. La somma totale nécessaire au rachat représentait, à cinq pour cent, un peu moins dt> 12 millions divisibles entre quarante feudataires dont la plupart avaient plusieurs fiefs. Aucun feudataire n'eut à recevoir une rente de plus de 50,000 francs. Cette législation du reste était à peine en vigueur qu'elle fut modifiée. Les majorais avant été abolis en Piémont et
ciennes propriétés nobles el les rentes inscrites eu faveur dos reuâataires furent déliées de toule entrave. Le propriétaire peut maintenant en disposer librement. Il n'y a plus de droit d'aînesse et les parties disponibles sont à peu prés les mêmes qu'en France.
La suppression du régime féodal accomplie en un instant en Sardaigne, par une suite de simples décrets, montre assez combien ce régime avait conservé peu de vitalité. Elle devait avoir sous tous les rapports les plus heureuses conséquences, et cependant dans le principe elle fut loin d'être populaire, et le peuple l'apprécia d'autant moins qu'il en avait espéré davantage. Les barons y trouvaient un bénéfice évident, car ils échangeaient contre des redevances précaires et payées en nature, des revenus certains régulièrement payés en argent et ordinairement supérieurs, et ils ne perdaient guère que le vain titre du seigneur qui leur donnait plutôt une satisfaction d'amour- propre qu'une réelle autorité. Mais le peuple, envoyant les mêmes juges
pas en quoi la jnsiio; royale valait mieux que la justice
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féodale et, le plus souveul, ignora même qu'il y eût eu substitution de l'une à l'autre. Car, pour lui, c'étaient les juges qui conslitmiifiiit l:i jii.srici:, et c'étaient eux <|u'il détestait, plus encore que le système dont ils étaient les représentants. Ce fut bien pis pour les impôts. On les trouva plus lourds que les redevances qu'ils remplaçaient, et ils pouvaient le paraître en effet, d'abord parce qu'on n'y était pas habitue et, qu'à poids égal, les taxes les plus anciennes sont les plus aisément supportées, et ensuite parce qu'ils devaient être payés en argent au lieu de l'être en nature, et que l'argent était rare dans les campagnes privées de marchés, de voies de cninmunieatinns et do débouchés. 11 y eut donc des murmures, et, il faut le dire, d«s regrets. La suppression de la féodalité n'eu était pas moins un grand acte. Kilo arrachait la Sardaigne à l'étreinte de l'ancien régime, elle la faisait entrer dans le courant de la vie moderne, et elle était pour elle la condition nécessaire de tous les progrès ultérieurs, le premier pas dans la voie de la renaissance (1). 11 restait seulement à la compléter par une réforme non moins importante et plus difficile à réaliser : la reconstitution de la propriété foncière.
(1) Sut lu méduille nnm&nonitiva do lUralil»» île lu féodale, uu a gniïi H\rc niim i Su, dfjna marbrait.