CHAPITRE VII
INBTKICTIUS Itni.lijl'h
aoiiieriifincHl |.ii-|]n,i lui-, - Vv.,\ |ir>'>wit[. - Uiiiieitilf". — l nlllllifllil,'. :l II1L1.T. .le:- iilÙïIBiitl.lci. — l-Jiirfiîrrifonjul -ci'Oiiilairv.
lis-.'tt ]hv. [.<■- 'n.: itii.lc. .le lm™.- Les nn>joïi.
Il l'ut peu question d'instruction publique en Sardaigne sous le gouvernement espagnol. La fréquence îles délits, l'incurie île l'administration, l'excès des iiupota, l'appauvrissement iréiiéi'al, la dépopulation ne laissaient à la société aucune énergie, aucune puissance d'initiative, et l'ip-titii'aiice. qui servait les intérêts du pouvoir, ne pesai! pas assez aux habitants, pourqu'ils cherc liassent à la secouer. Ce ne fut qu'un siècle après la découverte de Guttemberg, en 1566, qu'une imprimerie fut établie à Cagliari par un particulier, Nicolas Cannelles, plus tard évèque de Bosa. Vers la même époque on ouvrit à Sassari la première école élémentaire de latin, et la ville établit un jardin de planter
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médicinales et fonda un cours public où deux relîgiuux devaient enseigner, moyennant 20 écus, la théologie ef l'écriture, et où un médecin de\uif fui ru chaque année, moyen liant vingt -cinq écus, l'auatoroie d'un corps. Peu après, les jésuites créèrent dans l'ile quelques écoles publiques. Enfin, au commencement du dixseptième siècle, en lOUi et en 11KJ2, grâce à la générosité privée et aux suunncj fournies à la fois par les villes et par les États, les deux universités de Cagliari et de Sassari furent fondées. Mais les maîtres manquaient, les livres modernes faisaient défaut, et tandis qu'ailleurs la soienoe, née au souffle de la renaissance et rie la réforme, étudiait la nature, en décrivait les lois et s'édifiait sur la base inébranlable rie l'observation, renseignement arriéré de deux cents ans se réduisait à rie vides formules scolastiques. Les auditeurs étaient peu nombreux, la plupart des cours n'avaient qu'une existence nominale. Il n'existait pas de bibliothèques publiques. Les bibliothèques [n'ivéfs étaient rares et pauvres. 11 n'y avait pas de savants dont l'exemple et les conversations fussent un stimulant pour lajeunesse. Les lettres ne donnant ni le succès, ni la richesse, ni la considération publique n'étaient pas cultivées, et l'instrument même de toute lit'.ératiir<> faisait défaut, far tandis qu'on parlait et qu'on écrivait concuremment lu sarde, l'espagnol et l'italien, ces différents idiomes se faisant des emprunts mutuels se corrompaient à l'envi et avec trois langues le pays n'en avait réellement aucune. La littérature espagnole servait ordinairement
INSTRUCTION l'Li;LU(Ui:. m
de modèle. L'espagnol étail compris et parlé par presque tout le monde, mais tomme on ne l'enseignait nulle part il était incessamment déformé par la langue vulgaire Enfin l'italieuétail >i négligé, que pou ries rendre intelligibles au peuple, on avait été obligé de traduire eu espagnol les anciennes lois municipales de Sassari, tPgUîsias et dcUosa. Dans des circonstances si défavorables ou comprend que ni renseignement public ni les sciences ne pouvaient prendre un grand essor.
Au commencement du dix-huitième siècle, pendanl que l'Autriche et l'Espagne se disputaient laSai'daigne, la décadence devint plus profonde encore. Les universités furent converties un casernes et l'on fut obligé de sortir de l'ile pour aller étudier à llologne, ù l'avie, à Padoue, à Madrid, a Salamauque, à Saragosse.
Le premier soin du gouvernement piémoutais fut de refaire la Sanlaigiii; italienne. On continua pendant quelque temps k édicté r les lois et à rendre les jugements en espagnol, mais peu à peu on s'achemina vers uti changement. A partir de 1738, les proclamations parurent avec la traduction italienne en regard. Vingtcinq ans plus tard, elles furent rédigées en italien avec la traduction espagnole eu regard, puis ea italien avec la traduction eu sarde, et enfin, en 178!!, l'italien finit par devenir la langue officielle. Pour relever le niveau des études, on fit venir d'Italie d'habiles professeurs qu'on mit à la tète des collèges, on distribua gratuitement des livres aux élèves pauvres, on accorda des bourses à des Sardes au collège de Turin, on en envoya ta
ill L'ILE 1>E SAHDAIliNt,
il Paris pour étudier la médecine. Chaque jour amena un progrés; sons l'administration du célèbre comte liogin, les universités de Cajjliai'i ot de Sassari furent reconstituées, l'enseignement secondaire fut amélioré, beaucoup de bous livres furent réunis dans les bibliothèques publiques. Pendant l'exil ùCagliari dos princes de la maison do Savoie, un musée fut créé, des chaires de botanique et de chimie furent fondées, et un décret ordonna la création d'écoles, élémentaires dans toutes les communes de l'ile. Mais il y a toujours loin d'un décret à son accomplissement, ot en Sardaigne plus qu'ailleurs. Ce n'est guère que dans ces dernières anfait beaucoup, il resteeneore davantage à faire. Un rapide coup d'œil sur la statistique intellectuelle delà Sardaigne suffira pour nous en convaincre.
L'enseignement supérieur est représenté par les deux universités de Cagliari et do Sassari. L'université de Cagliari a cinq facultés : une faculté des lettres, une faculté des sciences, une de théologie, une de droit, une de médecine. Le nombre des chaires, fixé par le règlement, est de ((8, mais il n'y a eu réalité qu'une cinquantaine de cours. Il y a 36 professeurs en activité, dont 24 ordinaires, 6 extraordinaires et 0 suppléants. Il y a de plus 7 professeurs honoraires ou éraériteset :17 agrégés. Eu 1862-tSH, lo nombre des auditeurs a élé de 77, dont G» inscrits, celui des étudiants reçus à l'csameii final de (13, celui des grades académiques conférés de 15. Les auditeurs étaient
INSTRUCTION PUBLIQUE. ïlS
ainsi répartis : théologie, :i; droit, Z~: médecine et chirurgie, :S7; sciences, 10. En lR(il-i>2, le nombre total des auditeurs était do 1 10. Il y a donc eu une diminution de 5:1 auditeurs en tin an.
L'université de .Sassari a trois facultés, une faculté
(1). Cette diminution, depuis assez longtemps, a été presque, constante; cependant il y a ca après des phases de décadence, des retours de prospérité relative. En 1825, le nombre des étudiants était de 268 à l'université de Cagliari, et de 262 à celle de Sassari, en tout 530. En IS37-:iS il y en avait 4fti ù Cagliari et 318 à Sassari, en tout 720 (2); en 1X51-52, 320 à Cagliari et 254 à Sassari , en tout 574. Si le nombre des élèves diminue plus vite maintenant, ce n'est pas seulement à cause de la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve l'Italie, de la
(IJ .le nW ]piu iri lilcr de diilFrt», purra .|ue wu il a l'Annuaire ,-mlîatiqae italien peur 1 Cl aiftërotit m, peu Je cem donnés pur t'Anmiun ■ L' l':ii'triir(i'jn publique,
[9] Ca eliilîro de Jiil n'ml pu puis.; ù une aonra officielle, mail lire >1a )■ «taliitiane iLMuIh du comte S,., T isiori. PtnWtra ne iloit on ruecueillir na avei' imu cerluir.i- (Idiaute. Le nuuiliri- du» élève* Je l'univeriiio rie Cagliari était, on 18S849, de i-17; an ISôii lin, de 190. Celui de. élève» Je l'université" de Safari OUiil.vu lU-tl-â», .le 13i,tt eu IB-ÎÏKW, do 100.
iîti L'ILE in: SAUDAlUNK.
perturbation qu'amène dans les habitudes la révolution qui est en train de s'accomplir et de l'entraînement momentané de lajeunesse vers la carrière militaire, c'est surtout parce que les communications étant devenues plus faciles et plus promptes, beaucoup d élèves vont étudier sur le continent dans des universités plus célèbres. Aussi la diminution du nombre des élèves ne se produit pas seulement en Sardaigne, mais dans toutes les petites universités italiennes. Sur dix-neul, il n'y eu a que trois, les plus grandes, qui aient eu 1862-63 plus d'élèves qu'eD 1WS1-02. Celles de Sarilaigue ne sont même pas celles qui ont subi la diminution la plus considérable. Celle de Sassari était pour le nombre d'élèves la dernière en 1861-62, elle n'est que l'avant-dernière en <>i-(i'i. 11 n'y en avait que quatre en lStîI -LV* 4111 eussent moins d'élèves que Cagliari, il y en a 5 en iW-iiS. Dans l'avenir, les causes qui amènent la décadence des petites universités continueront à agir, et il sera sage de supprimer peu à peu les moins florissantes afin de renforcer les autres. C'est ce qui a eu lieu en Allemagne. Il y en avait autrefois 40, il n'y en a plus aujourd'hui que 2S, et cependant le nombre total des élèves est loin d'avoir diminué, et le niveau général des étude* s'est beaucoup élevé.
Le même résultat se produirait infailliblement en Italie si l'on supprimait un certain nombre d'universités. Dans les petites, en effet, il est difficile de recruter de bons professeurs, et le traitement qu'on leur donne est insuffisant. Il y a dix ans ce traitement était,
IKSTIlUCTION PtlBUQVK. ST.
ù Cagliari, pour -5 professeurs titulaires ou agrégés, de 38,830 fr. do fixe et 8,088 fr. de droits d'examen, en tout 40,016 francs, c'est-à-dire environ 1,800 francs par professeur. Les dotations des établissements scientifiques s'élevaient à 11,842 francs dont 4,000 poulies bibliothèques et 2,950 pour le musée. A l'université de Sassari il y avait, pour 10 professeurs, 31,260 francs de fixe et 0,70!) de droits d'examen en tout 38,05!) fr., soit 2,000 fr. environ par professeur. l/»s établissements seiemitiqucs !wev;tient 0,825 francs sur lesquels 2,950 étaient dévolus à la bibliothèque. Les chrises ont peu changé depuis celte époque.
Avec de si faibles ressources il n'y a pas de quoi entretenir deux universités. Le gouvernement piémoiitais l'avait bien compris et il avait agi sagement eu décrétant la suppression de celle de -Sassari. Mais ce décret a soulevé dans l'Ile la plus vive opposition. On a contesté au gouvernement le droit de supprimer une université qui n été fondée par les libéralités des particuliers et par une contribution municipale; on a allégué on outre la distance qui sépare de Cagliari un grand nombre de villes et de villages. A mesure qu'on établira des routes dans l'île, cette raison cessera d'être bonne, et si l'intérêt général en même temps que les exigences des bonnes études n'amènent pas les Sassarais à résipiscence, ils verront leur université devenue de jour en jour plus déserte mourir à la (in de mort naturelle (1).
[1) Do IBr,; s ih.-m, lu moraine des élèves île PuninnM <lo Sawri
L'enseignement secondaire est. donné en Sardsïgne par les lycées et les gymnases. Les lycées ont trois classes supérieures l'iirrespiniilant à ce que nous appelons les humanités, lu rhétorique et la philosophie. Les gymnases ne comprennent que les élusses inférieures au nombre de cinq. Il y a deux lycées : l'un ù Cagliari, ayant 40 élèves, et l'autre à Sassari en ayant 58; en tout lft! élèves (1). La population de la province (le Cogliari étant de 372,007 habitants, c'est 1.2 étudiant, par KUXtO hululants, et la population de la province de Sassari étant de 21ô,%7, c'est 2.(i étudiants par 10,000 habitants. Si l'on prend l'île entière, la population étant de 588,064, la proportion est pour 10,000 habitants de 1.7 élèves recevant un enseignement secondaire complet. Il y a dans la province de Cagliari 8 gymnases dont 3 dirigés par l'Etat et S libres. Deux sont à Cagliari, les six autres dans six villes différentes. Ils comptent en tout rifi!) élèves. l);ms la province de Sassari, il y a trois gymnases royaux et deux gymnases libres comptant ensemble 1117 élèves. Il y a on outre une école technique ii fagliari ayant l'ii) élèves, et une à Sassari en ayant 7 1 . Dans ces écoles techniques on n'enseigne pas le latin, mais l'italien, un peu de dessin, de géométrie, d'algèbre, d'arithmétique, de physique et quelquefois les éléments du français. Le niveau des études ne dépasse pas, il atteint à peine celui d'un
IXSTltnjTKlX PUMJQUE.
grand nombre de nos écoles primaires. Le nombre total des élèves des gymnases et des lycées est pour l'île de fWH ; en y ajoutant celui des écoles techniques c'est pu tout 1,077 élèves, soit sur une population île "i8K,001 habitants, 18 étudiants pour 10,000 habitants, on, en d'autres ternies, 0.18 pour cent qui reçoivent la plupart, fort incomplètement, l'instruction secondaire (1). En Toscane, la proportion est à peu près la même. En Sicile, elle n'est que de 0.076 pour cent En France elle est de 3 pour cent, et, une chose bien remarquable, c'est que cette proportion était presque !a même il y a un siècle, en 17a'!.
Pour l'enseignement secondaire comme pour l'enseignement supérieur, ce n'est pas le nombre des établissements qui fait défaut, c'est le nombre des élèves et la force des études (2). Les programmes sont vastes et
(1) Je comprend» ici les écoles techniques pnrmi les établissements d'instruction secondaire, pour me conformer n l'usage suivi en Italie et pouvoir ['oni[nti-ei' l.i b'nr.l.ii^nu .lu* :iu:rrs [.r...vir..'i'- [retiennes ; xnnis, en réalité, ei l'on roulait frire lu comparaison avec la France, il ne faudrait compter parmi les élevés recevant l'instruction secondaire que les élève* do> lycées, ce qui doiiuvrnit nlnrj sciilcir.r-ti: ii.ol I". éli-ves pour 100 linbiuwts.
(î) On tut en ginéral fort injuste pour le* iiiiiverwli:< Ennles. Dans un article publié au mois d'août IBM, dans l'flaJft (de Torta), je m'exprl-
mérite ou qu'il sépara .'en venge souvent par en médire. Ou tait que madame Troloppc n'njnnt pus réussi dans le baxar Je mode» qu'elle avait
. elle «mit assea singulièrement enrôlée. . Je ne veux pus, a, l'exemple ,les tardes, clicrcher dans un iuauccùa analogue la rnison d'une broclmrc sur leur Ile. qui a paru l'amiéc dernière h Paria, -le suis trop poli pour n'en pus oroire l'irateur do lionne loi, inuii je prends In II ban 6 do lui dire qu'il est mal iiiforirn 1 , qu'il n'ri j'i- êii à puni,? de l'ii'ii voir, et que le tubleu qu'il trace ,1e In gardxigne n'est nos ™ct. I.ori-uu'il écrit que
aw l.'ll.l: l>E =A!tDA!(lNK.
brillants, maïs ils ne sont pas toujours bien rempli.-. Il en est de même de l'enseignement primaire.
L'enseignement primaire est constitué de la manière suivante. I! y a dans la province de Cagliari -123 écoles élémentaires dont 1] tenues par des particuliers et -H 4 au nom de l'Etat. Le nombre des élèves est dans les premières de 207, et. dans les secondes de 0,687, soit en tout 9,084. Le nombre des enfants de six à dou^o ans étant dans la province de 54,103, c'est 18.45 pour cent qui fréquentent les écoles et relativement à l'ensemble de la population 2.68 pour cent. Dans la province de Sassarï, le nombre îles écoles élémentaires esi de 240 dont 10 tenues par des particuliers et 230 au nom de l'Etat. Les premières ont 211 élèves, les secondes 7,965, an tout 8,176. Le nombre des enfante de six à douze ans étant dans la province de 31 ,4(12, la proportion de ceux qui vont à l'école est de 22,53 pour cent et relativement, à l'ensemble de la population de 3.73 pour cent. On voit, que la province de Sassari est un peu plus avancée que colle de Cagliari.
Si l'on fait porter les observations sur tonte l'ile, les résultats sont les suivants : 671 écoles et 18,100 élèves
l'cjHinifriniiciit iluns lemliiiix unin'ï-iliî* l'i:«;i:m cl île Sasuiri est nu], je ««i^onnc qu'il en a [*u fréquenté let ooniï qui se font on iMlhn et non point en Inlin, enninie il 1« <npp«a; ei lor.qu'il Baille : . Comprend- ■ en l'iMmle île lu inOdwiua khi s I II li(,:i,;-,]in.», rms l,i"i,iiniiï,si(n]nboni.
inlnnt d'erreur* ■lui île iw>;s. Il y a ii M-.--.ri i-l r.^-li;,,-; de; I. il. lin.
tlitquwi « nidno il- «nain, l.il.hotWiiri-* 1er. lifp^irniis et le* cnbi-
nets in pnynquo tic mnnqncni pin, n il >■ * i! bien no lobomtoira de clilmic :'i ' njlLiri que je von» niirli-riii. -! voue le voiitci, A> l'onvignp. nient qui l'y donne lin prolei-eur qui le dirijo. >
INSTRUCTION tUilLlQ.UK S«l
des deux sexes, c'est-à-dire, pour 85, 505 enfants de six à douze ans, une proportion de 21 .23 pour cent, et pour une population totale de 588,064 habitants une proportion de 3 08 pour cent qui fréquentent les écoles. En 1861-02 cette proportion n'était que do 2.78 pour cent, savoir : pour les garçons de 3.19, et pour les filles de 1.7C pour cent; à la même époque elle n'était que de 0.86 pour cent en Sicile, del.55pourcentàNaples, de 1.70 pour cent en Toscane, tandis qu'elle atteignait 7.94 pour cent en Lombardie et 8 04 pour cent en Piémont. Pour l'ensemble du royaume actuel d'Italie, la moyenne était de 3.67 pour cent. La Sardaigne restait ainsi un peu au-dessous de la moyenne. Sur huit divisions territoriales elle occupait le quatrième rang.
En France, le nombre des écoles primaires était en 1857 de 40,000. En 1803, il y a encore 818 communes qui n'ont point d'école. En 1832 le nombre des élèves était de 1,935,024 enfanta; en 1847 de 3,400,486, en 1863 de 4,382,22.". Kn d'autres termes il y avait en 1832, par 100 habitants 5.0 élèves; en 1847, 9.9; en 1863, 11.6 élèves.
L'augmentation a été bien plus rapide en Sardaigne dans les dernières années. En 1801-62, sur 371 communes, il y en avait 361 qui avaient des écoles élémentaires. Tes écoles étaient desservies par 423 instituteurs et 173 institutrices, soit en tout 599 maîtres des
écoles et de 99 instituteurs. En Sicile, lo nombre des maîtres n'est que de 83?. ce qui, eu égard à la popn-
îation, constitue la Sicile, par rapport à la Sardaigne, dans un état d'infériorité remarquable, d'autant plus que la moyenne des élèves par instituteur est. en Sardaigne de 27 tandis qu'elle n'est en Sicile que do 24. A coté des écoles élémentaires, il y a les écoles du soir et du dimanche, qui sont au nombre de 203, fréquentées par 7,558 élèvea; les salles d'asile, au nombre de 3, recevant 548 enfants, et enfin 2 écoles normales et une école spéciale d'instituteurs contenant ensemble 75 élèves.
Comme on le voit, les écoles sans être en nombre suffisant ne manquent pas. Mais la plupart sont de création très récente et n'ont encore qu'une existence pour ainsi dire nominale. Les élèves qui y sont inscrite, n'y vont ni régulièrement, ni longtemps, et bien peu jusqu'à présent ont eu le temps d'en profiter. Aussi, si en regard des promesses de l'avenir on cherche la réalité du présent on trouve que sur 1,000 habitants il y an a fil 1.73 ne sachant ni lire ni écrire ; 16,05 sachant lire seulement et 72.22 sachant lire et écrire. L'instruction est. beaucoup moins répandue chez les femmes que chez les hommes; car sur 1,000 personnes les femmes ne sachant pas lire sont au nombre de 951 .72, les hommes seulement nu nombre de 872.26; il n'y a que 13.17 femmes sachant lire, il y a 18.00 hommes; il n'y a que 36.1 1 femmes sachant lire et écrire, il y 108.84 hommes (1). Sous le rapport de l'instruction.
(1) C» chiffi* io»t «nx qui riniltent d« décUiniligna individuilles &ilM fc l'Ifoquo iln nctniement général (jmnvier !«!»). Il» sont beau-
IN-STFUCTION FI'IIUQUE. Î83
la Sai-iliiigno est donc jusqu'à présent au dernier rang des provinces italiennes. I a Sicile est à lavant dernier. Sur 1 ,000 personnes elle en compte 1)02 île complètement illettrées (1). La Lombttrrtie occupe le premier rang, elle n'a que 590 illettrés sur 1 ,0(10. La moyenne pour l'Italie est (le 781.
Et encore si les X ou 0 personnes sur 100 qui savent lire eu Sardaigne lisaient; mais elles ne lisent pas. Elles n'ont ni livres, ni goiU de lecture. Elles sont en possession d'un instrument intellectuel dont elles n'usent pas ou dont elles usent à peine, etqui, dès-lors, ne leur donne aucune supériorité sur ceux qui en sont privés. C'est parle contact fréquent avecles classes lettrées, c'est par l'estime que professe une société pourlasoience et l'instruction, c'est par la multiplication des bibliothèques, c'est par la rapidité des eom nunications, c'est pur le développement de la vie industrielle, commerciale et politique, que le goutetle besoin de s'instruire naissent et se répandent. Voyez les États-Unis; chacun v sent l'importance du savoir, car chacun a besoin de connaissances spéciales pour faire, pour développer son commerce et a vu des hommes s'élever des derniers aux premiers rangs de la société, élévation qui leur eut été impossible s'ils n'avaient pas eu d'instruction. Les
■Halle») rar on ne peut pu* toujours croire sur parole le, mnniripnlltei qui n T o «t pas établi d'écoles, les malires qui ne donnent pu de leçww, les pavent» qui négligent l'éducltion de leurs enfont»; lominiitni do l'inti ni ni ion publique d'Italie le illt fmncli émeut.
il) .l'emploie loi illellré:i dont lo sens d'un met italien qui nous manque, tHil/nMi, ne «HimJmnnl pu lettre! >le l'alplislict.
;HI l.'H.K DR WARDAWXi:.
fin m H nés, les comtés faisant eux-mêmes leurs affaires, tous les habitants sentent le besoin d'être in- truite de ces affaires. Des journaux naissent. La lecture des journaux conduit à celle des livres, et les connaissances usuelles et générales se répandent. Rien de semblable n'existe en Sai'ilai:;iii>. Kn dehors il' quelques villes, et les villes ne sont pas nombreuses, il n'y a pas, il ne saurait y avoir d'éiniilatinn intellectuelle. Kn dehors de quelques grandes questions nationales, il ne saurait y avoir de vie. politique. 11 n'y a dans les campagnes que des paysans; on hoit. ou mange, on. chasse, on ne lit pas et cette oisiveté intellectuelle est d'autant plus profonde que les classes riches la partagent dans une certaine mesure avec les classes laborieuses. Kntrc nobles et vilains il y n sous ce rapport une grande égalité. Les boutiques des libraires sont mal fournies, les bibliothèques publiques pauvres en ouvrages modernes et peu fréquentées. On veut jouir, on n'aime pr>inl à travailler. Toutefois, le ma! esl loin d'être sans remède. Il diminue chaque jour. Il guérira d'autant plus facilement qu'il est la conséquence d'une organisation sociale vicieuse et qu'il ne tient poinl aux défauts de la race. Il est impossible d'en trouver une qui ait l'esprit plus ouvert, la conception plus prompte, un sentiment plus vif et plus poétique de la nature. Que la société n'y mette plus obstacle, elle sirtira peu a peu do sa longue somnolence et l'ur.leur de connaître ne lui manquera pas. Je n'en veux pour preuve que l'institution des Majoli,
1NSTKUCT10N l'UBUliUE. Wi
Les Majoli étaient îles (ils île paysans bien doués, mais pauvres et qui n'ayant pas de quoi subvenir aux frais de leur éducation outraient comme domestiques dans les maisons nobles et suivaient en même temps les cours des collèges ou de l'université. Ils servaient à table, achetaient les provisions au marché, accompagnaient leurs maîtres au théâtre ou eu visite, veillaient sur les enfants. On ne leur donnait aucun gage. Ils étaient logés et nourris, et on leur laissait assez de loisir pour consacrer chaque jour quelques heures au travail. Lorsqu'ils étaient assez avancés dans leurs études ils quittaient le costume de paysan, prenaient l'habit bourgeois, et recevaient le titre de secrétaires ou de précepteurs. Plusieurs do ces Majoli ont fourni de brillantes carrières, et dans le clergé, la magistrature et le barreau, se sont élevés au premier rang. Il y a, suivant moi, quelque chose de touchant dam ce contraste d'une serviunls volonirure, servant de prix à un affranchissement inteileeitiel. J'éprouve la plus vive sympathie pour ces pauvres qui ne craignaient pus de s'abaisser pur la position afin de s'élever par l'intelligence, et pour ces riches qui consentaient à tendre la main à leurs inférieurs pour les faire monter à leur niveau, ut je ue puis songer aux Majoli sans me rappeler cette vie précaire des étudiants allemands au moyen âge, qui quêtaient leur nourriture ei leur entretien sous les fenêtres où ils allaient chanter, et ce pauvre Martin Luther qui, malgré sa belle voix, ne put trouver à Magdebourg de quoi se faire entretenir aux Cur-
reud-Schuleii. L'institution des Majoli, qui a dis|iuni avec la féodalité, ou était un des entés aimables, elle s'était développée à son ombre malsaine, comme ces plantes qui se sont enracinées dans les vieux murs et qui sans les ciicber eu eml>el lisse ut les ruines.