‹ L'ile de SardaigneChapitre 9 sur 55 · LE PAYS · texte numérisé non relu

LE PAYS

u contre ïisage, leurs yeux avidement se repaissent « l'un de l'autre. Puis elle s'incline ; tour à tour sur « ses yeux, sur ses lèvres elle ceuille des baisers, et « alors un soupir si profond sort de la poitrine de « Renaud qu'on croirait que son âme s'est envolée « pour aller s'unir à celle d'Armide (1). h Puis rappelé à la réalité par une orange qui tombe ou par une branche qui tous fouette le visage, ou par un ânier qui jure, on se dit qu'il serait doux de passer là sa vie, de s'y faire moine, de s'y enfermer avec des livres dans la solitude et de consacrer ses jours à l'élude de soi-même et de Dieu, au milieu des splendeurs inspiratrices de cette belle nature, loin du tracas des affaires et des petitesses du monde, fin se le dit, et l'on remonte ensuite à cheval, on poursuit sa route et au premier bateau on repart pour Paris ou pour Lon-

Les Sardes font comme les étrangers, ils admirent les beautés de leur campagne, mais ils ne s'y fixent pas, ils la laissent aux paysans. On pourrait compter les villas 2] où quelques grands seigneurs viennent au printemps se reposer des plaisirs de l'hiver et goûter les charmes d'une vraie vie rustique. Là, au milieu des portraits et des souvenirs de leurs ancêtres, entourés d'une population qui est leur clientèle héréditaire, ils sèment les bienfaits et donnent une impulsion féconde;

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mais ils n'ont, jusqu'à présent, que trop peu d'imitateurs.

D'où viennent cette Hëscvl ion ries l'hamp, cette décadence des villes? L'histoire va nous l'apprendre.

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