LES ROUTRR ET LE» CHEMINR PE FER
Premières routes ouvertes. — 1821-1830; 1818-1860. — Loi de 18tf2.
— Route (le oôintnre.— Routes centrales. — Routes transversAleg.
— Cliemins de fer. — Importance stratégique.
La Sardaigne a longtemps vécu dans Tisolement» sans relations avec le continent, sans voies de communication à l'intérieur, et c'est là une des causes quiont le plus contribué à y retarder le développement de la richesse publique. Il y a quarante ans on n'y voyageait encore qu'à cheval. La première route carrossable y fut ouverte de 1821 à 1830 et c'est alors seulement que les deux capitales de l'île, Cagliari et Sassari ont été véritablement rattachées l'une à l'autre. Satisfait de ce premier effort on se reposa dix-huit ans. En 1848, on se remit à l'œuvre, et la fusion de la Sardaigne avec le Piémont, les progrès de la liberté, une mystérieuse et profonde ardeur de rénovation stimulant les esprits, on consacra chaque année de 8 à 900 mille francs à la création de nouvelles routes. On en fit en douze ans
2IS i;iLE DE SARDAIGXE.
pour 10 millions et demi. C'était beaucoup pour un petit Etat, mais il s*en fallait encore que la viabilité fut assurée d'une façon suffisante. Heureusement les circonstances changèrent, la révolution de 1860 eut lieu, l'Italie fut créée, les différents États qui la composaient devinrent les provinces solidaires d'un grand royaume, et les ressources s'accrurent, en même temps que la sphère des intérêts s'agrandissait. En 1862, le Parlement italien décida que la Sardaigne n'ayant pas assez de ressources pour participer sur une large échelle à la confection de ses routes, l'Etat se chargerait des plus importantes. Les routes provinciales qui existaient déjà furent déclarées nationales, et pour les compléter on vota une somme de 24,260,(XX) francs répartis en seize exercices. Les routes à ouvrir furent divisées en deux classes, celles de premier ordre, qui doivent être faites d'abord, avoir sept mètres de large et coûter 24 francs le mètre, et celles de second ordre, qui doivent avoir six mètres de large et coûter 21 francs le mètre. Le réseau entier doit être achevé en 1877. Dans la situation où se trouva la Sardaigne, ce délai n'est pas trop long, car les bras ne sont pas très-nombreux ni les ouvriers très-habiles, il y a beaucoup de cantons où les conditions atmosphériques ne permettent de faire ni études ni travaux pendant l'été, et l'on ne peut guère dépenser utilement par an plus d'un million et demi. On a déjà travaillé activement ; sur les sommesvotées, 5 millions étaient dépensés à la fin de 1863. A cette époque, la Sardaigne avait on tout 986 kilomètres