ROUTES ET CHEMINS DE FEU
et la mer un massif de raonlagnes, se termine à Decimo-Mannu oii elle coupe la transversale méridionale.
Une artère secondaire vient au centre se relier aux artères principales ; elle part à Siliqua de la transversale méridionale qui lui sert de base, coupe la route longitudinale n° 1 à Sanluri et, se dirigeant au nordest, rejoint la route centrale n° 1 5 Nurallao.
Tel est le réseau des routes.
L'Etat y a ajouté un chemin de fer allant de Cagliari à Porto-Torres par Oristano, Ozieri et Sassari, avec une bifurcation d*Ozieri à Terranovaet un embranchement de Cagliari à Iglesias. Ce chemin de fer doit être terminé en 1809 (1). En principe je n'aurais pas été partisan de son établissement. Je crois en effet que quelle que soit l'économie qui préside à sa construction, il restera longtemps sans donner de bénéfices, et que l'argent qu'il coûtera eût été pour le pays et pour l'Etat beaucoup plus utilement employé à ouvrir des chemins communaux et forestiers, à creuser les ports, à assainir les cantons infestés par la mal'aria, en un mot à développer la vie dans les contrées qui en sont maintenant privées, plutôt qu'à la concentrer dans celles où elle est déjà le plus active. Mais le chemin de fcjr de Sardaigne se présente dans des conditions exceptionnelles où les règles ordinaires ne sont pas de mise ; son établissement n'exige en effet du trésor public que des sacrifices insignifiants. L'Etat ne garantit à la compagnie con-
(1) Voyez lu loi du 4 jauvier 1B63.
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cessioiiiiaire que 9,000 francs de revenu net par kilomètre en exploitation et lui accorde pour toute subvention 200,000 hectares de terres ademprivili en pleine propriété. Or ces terres, il n'en tirait aucun revenu, il n'en touchait pas l'impôt foncier, qui est de 140,000 fr. , et il en payait l'impôt provincial et communal, qui est de 75,000 francs. En les cédant, il ne perd donc rien, il gagne au contraire 140,000 francs qu'il percevra en plus et 75,000 francs qu'il payera en moins, c'est-à-dire 215,000 francs par an.
De plus, quand le chemin de fer sera établi, l'État réalisera sur le transport des dépêches une économie notable. A l'intérieur, il cessera de payer sur les ligues parcourues une subvention de 40,000 francs. A l'extétérieur, pour le service maritime, il pourra à la rigueur économiser près de 800,000 francs II paie sfctuellenient 1 ,200,000 francs par an aux bateaux qui apportent les correspondances du continent aux trois ports de Porto-Torres, deCagliari et de Terranova. Il pourra, en concentrant toutes les dépêches du continent à Santo-Stefano, point extrême de la Toscane ou aboutissent les chemins de fer italiens, et en dirigeant de lu ces dépêches sur Terranova, qui n'en est séparé que par quarante-deux lieues marines, les distribuer plus promptement et plus souvent dans toute l'ile, et diminuer sa subvention des deux tiers, tout en établissant des départs tous les deux jours au lieu de départs bihebdomadaires. Ajoutons que les 200,000 hectares de terrains ademprivili qui. étaient improductifs entre les
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mains du domaine acquerront par rétablissement des routes et dés chemins de fer une valeur nouvelle, et pourront devenir entre les mains de la compagnie concessionnaire le théâtre d'une vaste entreprise de colonisation, où une agriculture perfectionnée, disposant de capitaux abondants, montrera aux habitants ce qu'on peut tirer de leur sol si riche mais si négligé.
Mais au-dessus de ces considérations financières et économiques, il y a une raison plus importante qui a décidé l'Italie à établir un chemin de fer en Sardaigne, c'est la position stratégique de cette île.
Aujourd'hui que la vapeur a profondément modifié les anciens errements de la guerre, il est probable que si une lutte s'ouvrait entre l'Italie et une grande puissance maritime, la Sardaigne y jouerait un rôle. Car
non-seulement elle a des ports de premier ordre, mais elle est située de telle façon que si l'Italie la perdait
elle servirait de base d'opération contre elle, et que si elle la conservait, elle lui servirait à elle-même de poste avancé. Or, pour la conserver, il est de la plus haute importance de pouvoir transporter rapidement des troupes à tous les points où un débarquement peut s'opérer, et c'est à quoi servirait merveilleusement le chemin de fer qui, par Terranova, n'est qu'à quelques heures du continent.
Ces routes, ces chemins si libéralement accordés seront*ils ouverts à l'époque fixée par la loi? Je l'ignore, mais je ne le crois pas (1). On a dit des chemins
(i) Déjà la Compaguio demande la modiiicution de la couveiitiou iiiter"
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de fer eu certains pays qu'ils y sont construits plus vite qu'ils n'y sont votés, et suivant moi ce n'est point là une faute mais bien plutôt une preuve de beaucoup de maturité dans la délibération tt de beaucoup d'activité dans Texécution. Je ne crois pas qu'on adresse jamais aux chemins de fer sardes un semblable reproche, et je crains bien qu'ils n'aient été votés plus vite qu'ils ne seront construits. Toutefois la compagnie a déjà posé quelques rails et fait rouler quelques wagons dans les environs de Cagliari, et une maison française, qui se distingue à la fois par l'audace et l'habileté de ses entreprises (1), a inauguré il y a quelques jours un petit tronron qui conduit les produits de sa mine de San- Leone au bords de la mer.
venue entre elle et le gouvcinemeut. Elle se plaint de ce qu'où uc lui u remis que 1H,00<) hectares de terraius adomprivili, au lieu de 200,000, et les actionnaires qui ont déjà fait trois ou quatre versements refusent de continuer.
(1) Maison Pet in et Gaudet.