CHAPITRE VI
LÀ MABIKE.
Eicudiio ùiii côtes. — Ports. — Situation géographique. — Iiupor* tance militaire et commerciale. — Opinion de Nelson sur la Sardaigne. — Histoire maritime. — Statistique maritime. — Avenir.
La Sardaigue a 1,481 kilomètres de côtes, et en comptant les iles semées sur ses flancs, elle en a 1,851 . Ces côtes, admirablement découpées, sont garnies de ports nombreux et commodes qui la rendent de toutes parts accessible et qui sollicitent dans toutes les directions l'activité et l'industrie humaines. C'est d'abord à la pointe nord-est de l'île, avant d'entrer dans les bouches de Bonifacio, l'archipel de la Madalena qui forme plusieurs havres capables d abriter des flottes entières et dont l'entrée et la sortie sont faciles par tous les vents ; puis à 90 kilomètres de là, toujours dans le bassin septentrional et en regard de la Corse, Porto Tonnes, qui ne peut recevoir dans son port étroit que de petits navires, mais dont la rade est vaste et sûre, et l'Asinara qui présente entre ses cornes deux bons mouillages. La
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cote occidentale de l'ile n'est pas moins bien partagée. Alghero qu'on y rencontre d'abord, à 46 kilomètres de l'Asinara, n'est qu'un petit port vaseux et déchu, mais tout près de lui Porto-Conte ouvre vers le sud un beau bassin naturel très-profond, long de 6 kilomètres, large de trois et qui n'a qu'un défaut, c'est que la sortie en est difficile par les vents de sud-ouest. A 35 kilomètres de là on va refaire, à l'embouchure du Tirse, le port de Bosa (1) . Quarante-cinq kilomètres plus bas le golfe d'Oristano, dont l'entrée a 9 kilomètres, est un ancrage excellent par tous les vents de terre; plus exposé par les vents d'ouest lorsque la mer est grosse et a du ressac, il n'en offre pas moins alors un abri toujours sûr pour cinq ou six navires. Soixante kilomètres plus loin du cap Altano au cap Teulada, qui est la pointe extrême de la côte occidentale, sur une longueur de 46 kilomètres, les ports se succèdent pour ainsi dire sans interruption. L'île de San-Antioco forme d'un côté avec celle de San-Pietro un mouillage spacieux, et de l'autre, le vaste golfe de Palmas si apprécié de Nelson, si bien abrité et qui se termine lui-même à l'une de ses extrémités par deux petits ports. Le sud de la Sardaigne est presque tout entier occupé par trois golfes, celui de Teulada dont l'ancrage est médiocre, celui de Malfatana qui n'est à vrai dire qu'un petit port de 10 mètres de profondeur, et enfin le golfe de Cagliari dont l'ouverture du cap Pula au cap Carbonara n'a pas moins de 45 kilomè-
(l) Le port de Bosa coûtera 90(),()0() francs*
très et dont Thistoire explique assez Timportance. La côte orientale, avec le petit mouillage de l'Ogliastra, bon tout au plus pour un brick, mais auprès duquel on va creuser dans l'étang de Tortoli un excellent port de refuge (1), a deux golfes remarquables, celui de Terranova et celui degli aranci, ne formant à vrai dire que les deux parties du même golfe et situés à Textrémité d'une vallée fertile qui débouche dans le centre de l'île. Le port de Terranova est peu commode pour la navigation à vapeur, parce qu'il est trop étroit et trop peu profond à l'entrée, et qu'il est semé d'écueils granitiques. Mais il sera bientôt amélioré, et, en attendant, la rade degli aranci qui est vaste et sûre peut suffire à tous les besoins.
Aux avantages que lui donnent le développement et la configuration de ses côtes, la Sardaigne en joint un beaucoup plus considérable, celui de sa position.
Placée au milieu du bassin occidental de la Méditerranée, elle est le point le plus central entre l'Italie, la France, l'Espagne et l'Afrique, le port d'où l'on peut rayonner le plus promptement dans ces différentes directions et le plus aisément courir à l'attaque ou à la défense de Rome, de Naples, de Palerme, de Gênes, de Toulon, de Tunis, d'Alger, de Barcelone et même de Gibraltar. Si l'Italie la possède elle lui sert de bouclier, si elle sort de ses mains, elle devient contre elle une menace, car elle est pour ainsi dire attachée à ses flancs.
(1) Un premier crédit de 500,000 francs a éié ouvert.
2<>0 L'ILE DE SAllDAIGNE.
Cagliari est à 318 kilomètres de Trapani, à 383 de Païenne, à 475 de Naples. Terrauova est à 401 kilomètres de Naples et à 233 de Civita-Vecchia. LaMadalena en est encore plus rapprochée.
Importante au point de vue militaire, la Sardaigue l'est encore plus au point de vue commercial, et elle pourrait devenir comme entrepôt de marchandises une station de premier ordre. Elle, forme en effet avec la Corse les deux étapes directes de la France vers l'Algérie. Elle est comme un prolongement, comme la main tendue de l'Europe vers l'Afrique. Africaine au sud et provençale au nord, la nature en a fait le trait-d'union des deux continents, et elle sera sans doute un jour l'intermédiaire le plus fréquent de leurs relations. Gènes, Bastia, Terranova, Cagliari, Tunis sont à peu près dans la même longitude et se trouvent placées à de courtes distances sur la même ligne droite. Il y a 281 kilomètres de Tunis à Cagliari, 192 de Cagliari à Terranova, autant de Terranova à Bastia et 203 de Bastia à Gênes. Cagliari esta 285 kilomètres de Bone et à 600 d'Alger. Au nord la Sardaigne n'est séparée de la Corse que par un étroit canal. Porto-Torres esta quelques heures d'Ajaccio et à 314 kilomètres de Toulon (1).
Enfin Cagliari est le point le mieux approprié au ra-
(l) Ces distances soin évaluées eu lignes droites. Comme jo les ai calculées sur une carte qui n^est pas dMme très-grande échelle, elles peuvent n*être pas toutes d'une exactitude absolue, mais elles sont d*uue exactitude suffisante pour ]a dOmonstration h laquelle elles servent de base.
vitaillement des vaisseaux qui font les grandes traversées du nord ou de l'ouest en Orient. Tous ceux qui partent de Russie, de Suéde, de Danemarck, de Hollande, d'Allemagne, d'Angleterre, des côtes occidentales de la France» de Portugal pour aller dans la mer Noire, à Constantinople, en Egypte, en Syrie, et bientôt par le canal des deux mers dans l'Inde et en Chine, y trouveraient à l'aller ou au retour, sans se détourner de leur route, un port vaste et sûr par tous les temps, des provisions de toute espèce, et bientôt avec un télégraphe électrique en communication avec l'Europe, l'Asie et l'Afrique, une eau abondante et pure qui jusqu'à présent avait fait défaut. Nul autre port ne réunit les mêmes avantages. Malte n'est qu'un rocher stérile et ceux de la côte occidentale de Sicile sont insuffisants (1).
Que la Sardaigne sorte de l'état d'inertie où elle a longtemps vécu, qu'elle développe sa production agricole et son industrie, elle verra grandir chaque jour ses relations avec les pays voisins et elle pourra prendre une large part à ce grand courant d'affaires qu'ouvrira bientôt à l'Occident le percement de l'isthme de Suez.
L'un des plus grands marins de notre siècle, Nelson, semble avoir prévu pour elle cette brillante destinée. Il l'a dit vingt fois avec l'autorité que donne le génie et
(1) Voyez Comte Alberto délia Mannora, QuUtioni maritime apettanti alVisola di Sardegtia; m-4*, 1850; et rhtmo diSitez e Ja stazione telegrnficoelettrica di Cngliari; in-4*, ISSfi.
atl2 I/ir.p DE SARDAIGNE.
une expérience consommée, et pendant les différents séjours qu'il y fit au moment où il commandait la flotte anglaise dans la Méditerranée et bloquait Toulon, il en a souvent dans sa patriotique ambition souhaité la possession à son pays(l]. «La Sardaigne, écrivait-il, a des ports où nous pourrions établir des arsenaux et abriter notre flotte entière à vingt-quatre heures de Toulon, et d*où nous pourrions surveiller à la fois l'Italie et la France de façon à ce qu'aucune flotte ne passât entre la Sicile et la côte de Barbarie ou à travers le détroit de Messine. Sous le rapport de la position Malte ne saurait être mise sur le même rang. Quant à la Sicile tous ses beaux ports sont sur la côte orientale et par conséquent ne peuvent servir qu'à surveiller le phare de Messine (2). . . Si la France s'empare delà Sardaigne elle commandera dans la Méditerranée (3) . . . On m'arapporté que la visite de Lucien Bonaparte a pour objet d'arriver à obtenir cette île en échange de Parme et de Plai-* sance. Ceci ne doit pas avoir lieu ou tôt ou tard nous perdrons la Sicile, Malte et l'Egypte... La Sardaigne est le port le plus important de la Méditerranée et la Madalena la station la plus importante de l'île (4)... Quel
(1) En 1803 et 1804. Voyez The Island ofSardinia^ by John Ware Tyndale; London, 1849, tom. I, ehap. vi.
(2) Lettrt) du 22 décembre 1803 à lord Hobard.... Dans cette lettre, Nelson ajoute : « Mylord, j'ose vous prédire que ei, par délicatesse ou par pitié pour l'infortuné roi de Sardaigne, nous ne nous emparons pas de rotte île, les Français s'en empareront. »
(3) Lettre du 22 juin 1804 à lord Hawkesbury.
(4) IvCttre (lu 10 février IHO 4 à XT. .Taokson, chargé d'affaires d'Angleterre.
MARINK. 263
l)eau havre que cet archipel de la Ma(lalena(l)!... C'est le plus beau pour les vaisseaux de guerre qu'il y ait eu Europe (2)... Le plus beau du monde, un port qui vaut Trinquemale (3)... Posséder la Sardaigne est le «wmmwm bonum de tout ce qui pourrait nous arriver d'heureux dans la Méditerranée. Plus je la connais, mieux j'apprécie ce qu'elle vaut par la position, les ports, les ressources de tout genre (4)... On me dit que le revenu de l'île, les dépenses payées, ne donne pas au roi 5,000 livres sterling par an ; s'il en est ainsi, je lui donnerais pour la céder 500,000 livres sterling qui lui produiraient pour toujours 25,000 livres sterling par an... Dans les mains d'un gouvernement libéral, et délivrée .de la crainte des États. barbaresques, on ne saurait dire jusqu'où monterait sa production. Elle mérite qu'on y dépense .de l'argent, et je gage, sur ma tête, qu'elle pourrait être gardée à aussi peu de frais que Malte et produire un revenu plus élevé (5). » *»
On sait que malgré les conditions favorables dans lesquelles elle était placée, la Sardaigne n'a joué jusqu'à présent aucun rôle maritime, que ses ports sont restés longtemps déserts ou ensablés, qu'elle ne construit pas
(1) Lettre du !•• mars 1803 au capitaine Rvves.
(2) Lettre à lord St- Vincent.
(3) Lettre du 11 janvier 1804 à lord Minto.
(4) Lettre du 17 mars 1804 à lord Hobard.
(5) Lettre du 10 février 1804 à M. Jackson.
.T'aurais traduit ces lettres en entier et non par fragments, si Nelson ne reproduisait pas les mômes idées souvent dans les mômes terme», pour ses divers correspondants.
LHJI VIU: DE SARDAIGXK.
de navires, qu'elle ne se livre ni au commerce lointain, ni au cabotage, et qu'elle ne fournit ni capitaines au long cours, ni matelots aux marines étrangères. Son histoire explique assez cette déchéance. Comme elle a été pendant de longs siècles soumise aux cruelles invasions des Sarrazins, et qu'elle n'est que depuis 1830 à l'abri des incursions barbaresques, les habitants se sont retirés à l'intérieur pour y vivre en sûreté, et ils ne se sont point aventurés sur l'élément perfide craignant d'y trouver au lieu de profit la captivité ou la ruine. Il n'y a donc pas de population au bord de la mer; sur 1,481 kilomètres de côtes on ne trouve pas plus de six ports habités, Cagliari , Terranova, Porto-Torres , Alghero (1), Castel-Sardo et Santa-Teresa, et entre ces. différents ports il y a une distance moyenne de 246 kilomètres sans aucun village. Il y a, il est vrai, vingt-etun centres de population placés de un à cinq kilomètres de la côte, Quartu, Carbonara, Muravera, Villaputzu, Bari, Tortoli, Lozzorai, Orosei, Siniscola, Posàda, Bosa, Cuglieri, Oristano, Cabras, Flumini, Gonnesa, Villarios, Palma, Teulada, Pula, Sarroco. Mais ce ne sont pas là des villes, des villages maritimes, on n'y trouve ni marine, ni matelots. Voilà ce qu'a coûté à la Sardaigne le défaut de protection et de sécurité. Le défaut de liberté ne lui a pas été moins funeste. Ne s'appartenant point, sa vie commerciale ne s'est pas développée
(i) n ïi*y a en réalité que ces quatre premiers ports qui comptent comme villes importantes far lenr popn1n:i m.
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dans le sens de ses intérêts ; elle a été subordonnée à la vie politique et aux intérêts de ses maîtres, et comme ses maîtres ont souvent changé, les courants commerciaux ont changé aussi tour à tour. Le progrès a manqué du développement continu qui lui est nécessaire, et les efforts ne pouvant s'accumuler dans la même direction ont été stériles. La prospérité des ports a subi toutes les vicissitudes de la politique. Ce sont ceux de la côte orientale et septentrionale qui ont prospéré, lorsque la Sardaigne a appartenu à Pise, à Gênes, au Piémont ; ce sont, au contraire, ceux de la côte occi-r dentale qui ont eu le plus d'activité sous la domination espagnole, et si Cagliari a conservé alors son importance, c'est que la Sicile etNaples appartenaient à l'Espagne. Dans l'antiquité il en avait été de même. C'est à Cagliari, à Sulcis et à Nora que se trouvaient les centres principaux du commerce avec la Carthage, d'abord punique, puis romaine.
Aujourd'hui toutes les causes qui empêchaient la marine de naître et de prospérer en Sardaigne ont disparu. La mer est libre, les tarifs de douane sont assez libéraux pour attirer les pavillons étrangers, les entraves qui empêchaient le développement de la production industrielle et agricole ont été brisées. Rien ne s'oppose plus à ce que la Sardaigne profite des avantages que lui assure sa position. Toutefois il faut du temps. Les marines ne s'improvisent pas. Il y faut beaucoup de capitaux, il faut surtout le goût et l'habitude des choses de la mer. Or, ce goût, les Sardes ne l'ont guère. Cet
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esprit d'entreprise et cet amour d'aventures qui ont fait la gloire et la ricliesse des Génois, des Vénitiens et des Âmalfitains, leur manque absolument. Ils ont une école navale à Cagliari ; mais il n*en sort pas de capitaines capables (1). Et jusqu'aux pêcheurs de leors côtes sont des étrangers ; à l'exception des habitants de la Madalena et de Carlo-Forte qui sont, les uns d'origine coree, les autres d'origine génoise, presque tous viennent de Naples et de Sicile.
Ne désespérons pas cependant ; cela changera. Quand le réseau des routes et des chemins de fer sera plus avancé, quand la propriété mieux assise sera mieux cultivée, le développement de la richesse éveillera le désir de s'enrichir, et ces pasteurs, ces hommes de cheval, se feront peut-être hommes de mer. Les bergers de la Madalena sont bien devenus pêcheurs, coiitrebandiers et matelots, quand ils ont vu qu'il y avait plus de profit qu'à être agriculteurs. D'ailleurs, si l'île ne produit pas de marins elle en attirera. Quand elle aura beaucoup de denrées à exporter et qu'elle aura achevé ses phares (2) et amélioré ses ports, de nombreux navires la visiteront et viendront lui demander du blé, du sel, du vin, des minerais, lui apporter des étoffes, des outils, des machines II y a des 6ontrées où le commerce italien est appelé à prendre dans l'avenir un grand essor, et où la Sardaigne est
(1) Rapport au Conseil provincial de Cagliari, session de 1864.
(2) On construit cinq nouveaux phares.
admirablement placée pour nouer d'importantes relations, c'est l'Orient. Les Génois, les Vénitiens, les Pisans y ont -promené autrefois leurs pavillons et y ont fondé des royaumes. Leur langue y est restée la langue de la marine et des affaires ; leurs monnaies y sont encore conservées à cause de leur pureté. Les traditions se renoueront, et l'Egypte, la Mer noire, l'Archipel, l'Inde verront passer de nouveau la flotte de ces petites républiques qui n'ont plus maintenant qu'un seul nom, l'Italie. Pourquoi la Sardaigne ne s'assocîerait-elle pas à ce glorieux mouvement, ne prendraitelle pas sa part dans ces fructueuses opérations, et ne brillerait-elle pas à côté de ses sœurs sous le drapeau aux trois couleurs? Ce qui permet de croire qu'elle le fera c'est ce qu'elle a fait et entrepris depuis dix ans.
Son isolement a déjà cessé, elle est en relations régulières et fréquentes avec le continent; les bateauxpostes français et italiens mettent Porto-Torres, la Madalena, Terranova et Cagliari en communication directe avec Gênes, Livourne, Naples, Palerme, Tu^ nis, Bastia, Ajaccio et Marseille (1). Et si son mouvement maritime est encore bien faible, il n'est pourtant pas insignifiant. Voici les chiffres : en 1861, il est entré dans ses ports 4,422 navires portant 345,462 tonneaux et montés par 34,338 hommes d'équipage. Sur ces 4,422 navires, il y en avait 4,082 à voiles et
(l) Il y a par Bemaine quatre arrivages de bateaux italiens et un de bateaux français.
268 LILE DE SARDAIGXE.
340 à vapeur; 2,836 faisaient le cabotage, 1,580 de la grande navigation ; 755 se sont bornés à relâcher, 3,268 se sont livrés à des opérations commerciales ; 3,715 portaient le pavillon italien, 907 étaient sous pavillon étranger. II est sorti la même année 4,367 navires portant 315,800 tonneaux et montés par 34,061 hommes d'équipage. 4,030 étaient h voiles, 337 à vapeur. 2,825 étaient de simples caboteurs, 1,542 faisaient de la grande navigation. 676 se sont contentés de relâcher, 3,691 se sont livrés à des opérations commerciales. 3,472 étaient sous pavillon italien, 895 sous pavillon étranger.
Le mouvement mraMtime a donc été au total de 8,112 bâtiments à voiles et de 677 à vapeur, en tout 8,789 navires portant 691,262 tonneaux et 68,399 hommes d'équipage. 6,987 étaient sous pavillon italien et 1,802 sous pavillon étranger. La moyenne de chaque navire était de 78.80 tonneaux et de 7.78 hommes d'équipage. Sur 1,000 navires 923 étaient à voiles, 77 à vapeur.
En 1862 il est eiltré 4,233 navires ayant 385,042 tonneaux et 39,572 hommes d'équipage. 3 551 étaient à voile, 712 à vapeur; 3,473 sous pavillon italien, 790 sous pavillon étranger. 1,354 faisaient de la grande navigation, 2,919 du cabotage. 3,537 se sont livrés à des opérations commerciales, 726 n'ont fait que relâcher. 11 y a eu à la sortie 4,208 navires dont 3,496 à voiles et 712 à vapeur, 3,440 sous pavillon italien et 768 sous pavillon étranger. Ces 4,208 navires avaient un équipage de 39,043 hommes et portaient 380,094
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tonneaux. 1,327 faisaient de la grande navigation et 2,881 du cabotage. 3,585 se sont occupés d'opérations commerciales, 623 n'ont fait que relâcher.
En résumé le mouvement maritime de la Sardaigne en 1862 a été de 8,471 navires de 765,736 tonneaux et de 78,615 hommes d'équipage. 7,047 navires étaient à voiles, 1,424 à vapeur; 6,913 sous pavillon italien et 1 ,558 sous pavillon étranger. La moyenne pour chaque navire était de 90.30 tonneaux et de 9.20 hommes d'équipage. Sur 1,000 navires 832 étaient à voiles, 168 ù vapeur; 816 sous pavillon italien, 184 sous pavillon étranger.
On voit qu'en 1862 il y a eu tant à l'entrée qu'à la sortie des ports de Sardaigne 318 navires de moins qu'en 1861; mais ces navires étaient plus grands, ils avaient en moyenne 11.50 tonneaux et 1.42 hommes d'équipage de plus chacun et ils portaient en tout 74,474 tonneaux et 10,216 hommes de plus qu'en 1861. La navigation à vapeur a pris relativement à la navigation à voile, un grand développement. Elle a augmenté de 91 navires par 1,000, et le pavillon italien a, sur un mouvement de 1 ,000 navires, fourni un contingent de 21 navires de plus qiv'en 1861. Si Ion se reportait à Tannée 1858, on verrait que le mouvement maritime, qui était alors de 4,102 navires représentant environ 440,000 tonneaux, a presque doublé en quatre années. La part de la Sardaigne n*a malheureusement pas été grande dans ce progrès, car eu 1862 elle no possédait que 291 bâtiments, tous à voiles, ne portant
270 L'1J.E DE SAKDAIGS'E.
en tout que 2,456 tonneaux. Sur ce nombre il n'y avait qu'unbâtimentde 200 à 300 tonneaux; 1 de 100 à 200, 2 de 00 à 100, 2 de 30 à 60, 14 de 20 à 30, 36 de 20 à 10; 230, c'est-à-dire presque tous étaient de simples barques de 1 à 10 tonneaux. La population maritime se composait de 2,575 personnes : 166 capitaines, patrons ou pilotes, 6 constructeurs, 1,521 matelots ou mousses; 54 ouvriers ou calfats ; 85 bateliers ; 743 pêcheurs. Les barques qui étaient sorties des ports de rîle, pour la pêche du poisson, étaient au nombre de 315, portant 525 tonneaux, et, pour la pêche du corail, au nombre de 32, portant 95 tonneaux.