PREFACE
tenté d'une promenade dans la Méditerranée. Je savais qu'il y avait, à quelques lieues de notre Corse, une île presque inconnue, où la commodité des hôtels, la rapidité des chemins de fer et l'exactitude de la vapeur n'avaient pas encore gâté le paysage, supprimé l'imprévu et répandu partout une ennuyeuse uniformité. J'en avais déjà salué les riviiges du pont du bateau qui m'avait ramené d'Orient. Je suis parti.
Je n'ai pas trouvé seulement un beau pays à admirer. J'ai vu à l'œuvre une société en train de se transformer, un peuple qui a passé en vingt ans, de la féodalité, de la dîme, de l'organisation du moyen âge au régime des nations modernes.
J'ai essayé de peindre ce double spectacle. Sans m'interdire les détails pittoresques, je ne m'y suis pas borné. J'ai exposé avec l'histoire de la Sardaigne, son état présent, ses mœurs, ses idées, ses aspirations, ses forces (1). J'en ai analysé la
(1) Comqie il n'y a encore de publiés que des lambeaux de statislique, il m'a fallu glaner un à un les renseignements et les chiffres dans les conversations et dans les rapports manuscrits ou publiés des procureurs généraux, des préfets, des conseils provinciaux, des chambres de commerce et des différentes ad* ministrations publiques.
I»!lÉFACE. S
langue et commenté les chansons (1), et en la faisant connaître sous tous ses aspects, j'ai permis, je crois, d'en apprécier les ressources et d'en conjecturer l'avenir.
(1) Dans un volume intitulé: Le Dialecte et les Chaiits populaires de la Sardaigne 'publié en 1864 et dont la seconde éditiooi entièrement refondue, parait en ce moment. Ce volume, quoique traitant un sujet distinct, est le complément nécessaire de celui-ci.