‹ L'Île de Serk Un état féodal au XXe siècleChapitre 16 sur 67 · SR TL · texte numérisé non relu

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ans plus tard en 1647 (1), le heutenant gouverneur Russel correspond longuement avec le ministre Osbourne sur le choix d'un commandant de cette garnison. Mais bientôt celle-ci disparut pour être remplacée par une milice, fortement hiérarchisée du reste, puisqu en 1727 on parle d'un certain Robert Slowley commandant en chef et d'un sieur Thomas Framalier, capitaine d'une compagnie et qu'en 1777 des pénalités sont prononcées contre un certain nombre d'officiers et gradés subalternes.

Cette organisation de la milice est d'abord inséparable de celle des tenures. C'est à raison de la nature de celles-ci, que les tenants en font partie c'est-à-dire sont « obligés de se trouver personnellement sous leurs ar- « mes ou d'envoyer quelqu un à leur place avec les ar- («mes et accoutrements accoutumés au lieu et à l'heure & qui leur seront ordonnées par l'oflicier commandant « ladite milice » et ce ( sur peine aux contrevenants « d'une amende de 7 Liv. tournois pour chaque offi- € cier ayant comnussion ; de 4 L. tournois pour cha- ( que sergent, tambour ou oflicier inférieur, enfin de 3 L. tournois pour chaque soldat » (2).

Ainsi s'exprime la Cour de Guernesey dans son ordonnance de 1777. Mais les membres des Chefs Plaids de Serk, lorsqu'il s'agissait de charges à supporter, étaient de trop chauds partisans de l'égalité pour se réserver le privilège de porter les armes. Ils avaient déjà décidé le 24 oct. 1676 que les locataires feraient le guet comme les tenants de quarantaine et en 1744 que tous les habitants de 16 à Go ans doivent faire « get et garde » (3). Ils s'empressèrent de proclamer à nouveau le principe

(1) Id. 20 août 1647 (pp. 297 et suiv.).

() Guernesey, 7? juin 1777. T. |, p. 300.

(3) Serk, 86 avril 1744, I, p. 199.

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du service nulitaire personnel obligatoire et universel en oct. 1799, alors que les nécessités de la guerre les lorçaient de 1793 à 1800 à assurer le service de garde chaque nuit par quatre des leurs et à s'imposer des axes pour acheter le charbon et l'huile distribués aux guelteurs (1).

La paix ne les délourna pas de ces préoccupations belliqueuses. Le 5 oct. 1853, 1ls appointaient à raison de 30 frs l'an, un sieur Godfray pour garder les munihons de la milice et enregistraient sans protestation les ordonnances successives de la Cour de Guernesey relalives à l’organisation, à l'équipement et à la discipline de la malice (2).

Le Seigneur n'a été placé à la tête de celle-ci qu'à parür du jour où il fut établi à demeure dans l'île c'està-dire à l'avènement des Le Pelley ; mais ce rôle ne lui imcombe pas de droit et il se trouve toujours sous la dépendance du gouverneur de l'Etat voisin. Le premier des Collings prit à cœur sa fonction et appliqua rigoureusement les susdites ordonnances. Aujourd'hui, cette ardeur militarisle a disparu chez son successeur, auquel le Utre et la charge ont pourtant été conservés, et le Seigneur actuel ne mobitise plus guère ses miliciens. Les mousquets servent de fusils de chasse et les quelques vieux canons qui composent toute l'artillerie de l'ile et en vue desquels en 1854 des projets de loi concernant Ja réquisition des chevaux avaient été votés, dorment maintenant inoffensifs sous les hautes herbes des falaises.

(1). Serk, 2 oct. 1793 et $., V, p. 26 à 57

(2) Serk, 30 sept. 1857, VI, pp. #3 à 45 ; 12 janv. 1855, p. 124 ; 3 oct. 1877, p. 135.

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