‹ L'Île de Serk Un état féodal au XXe siècleChapitre 3 sur 67 · CUT · texte numérisé non relu

CUT

sans taxe. Serk y trouvait alors le plus de profit ; ses parages étaient en ellet très fructueux pour la Fées nota, celle des congres ; de nombreuses éperqueries se pe sur ses falaises (Le nom est resté à l’une des baies. Les congres, à l'aide d’une poulie, étaient hissés au haut d’une perche et se desséchaient au vent ; on les salait ensuite et on les exportait).

Sous Edouard I et Edouard Il, les commissaires royaux, dans leurs enquêtes ( quo warrante » essayent de restreindre les privilèges et d’uniformiser les .coutumes des insulaires. Ceux-ci résistent victorieusement, appuyés sur une tradition ininterrompue et désormais, tous les souverains d'Angleterre, en dépit des révolutions et des changements de dynastie, se verront dans la nécessité dès leur avènement, de ratifier Les chartes de leurs prédécesseurs confirmant les immunités de l'archipel dont Serk fait partie.

X1V° Siècle

La guerre de Cent Ans permit aux îles de témoigner leur attachement à la cause anglaise. Prises en 1338 délivrées en 1340, reprises par Luïs de la Cerda, en 1343, débarrassées à nouveau de leurs envahisseurs en 1347, elles commencèrent à respirer après le très habile traité de Bretigny (1360) par lequel le roi d'Angleterre rendait au roi de France la Normandie « cum insulis quas tenet in prœsenti ». Comme au temps de Philippe Auguste, les îles anglo-normandes réussissaient, par l'ambiguïté de textes diplomatiques, à séparer leurs destinées de celles de l’ancien duché de Normandie.

Serk avait été des premières à payer son tribut de fidélité à la métropole. En 1337, les Ecossais, nos alliés,

l'avaient ravagée au point de porter à sa prospérité un coup dont elle fut longtemps à se remettre. Les pillages recommencèrent en 1403 et 1404 avec les amiraux français et espagnols Penhouet et Pero Nino.

XV® et XVI° Siècles

La France, un moment, put espérer obtenir une possession moins précaire des îles, lorsqu'en 1461, Nanfant gouverneur de Montorgueil, remit ce fort au Français Pierre de Dreux Brezé, sur l’ordre de Marguerite, l'épouse d'Henri VE, et l'ennemie acharnée d'Edouard IV. Mais huit ans plus tard, les milices de Guernesey contribuèrent à chasser l'intrus qui s’intitulait pompeusement Seigneur des îles de Jersey, Guernesey, Aureney et autres adjacentes, conseiller et chambellan du roi de France.

S1 dévoués qu'étaient les insulaires, 1ls n'oubliaient pas leurs intérêts matériels et, dès la fin du XIV°, ils obtenaient le privilège de commercer hbrement, en dépit des hostilités. Louis XI renouvela avec Edouard IV cette convention, équivalente à une véritable déclaraton de neutralité et le pape Sixte IV menaça d’excommunication ceux qui violeraient cet accord.

Premières Difficultés religieuses

Peu après, le Saint-Siège fut encore appelé à s’occuper des îles et en 1499, Alexandre VI transféra la juridiction ecclésiastique de Contances à Winchester. Mais cette bulle resta sans effet et les avances de Rome n’empêchèrent pas quelques années après, Henri VIII, de rompre avec elle, de confisquer les biens du clergé et

ra

d'autoriser les prédicants français à commencer leur apostolat dans l'archipel. Chose curieuse, M. de Coutances conserva sa juridiction spirituelle et le gouvernement français, d'accord avec le Conseil privé, en 1547, lui enjoignit de l'exercer, non plus au nom de l'évêque de Rome « quem non nulh Papam vocant », mais au nom et sous l'autorité de S. M. le roi d'Angleterre.

A côté de l'église anglicane, qui se substituait sans grande secousse, à l’ancienne église catholique, apparaissaient déjà les dissidents et dès 1548, on relève à Guernesey sur les registres de ia Cour Royale les actes de nomination et-les appointements officiels de ministres d'origine française. Tout ce bouleversement religieux ne troublait guère notre petite île que ses habitants avaient füie et qui servait d’ AUS à de rares pêcheurs et à de nombreux forbans.

Serk, repaire de pirates

Cet abandon devait coûter cher aux îles voisines. En 1549, 300 reiîtres pillaient le Nord de la Bretagne. Pour en débarrasser le pays, leurs capitaines du Bruel et Buron les embarquèrent à St-Malo et les jetèrent sur Serk. Nos hommes, après avoir fortifié les positions importantes comme le Petit Serk, l’Eperquerie, le château de Quenevez, entreprirent de fructueuses expéditions contre Jersey et Guernesey. Du Bruel regagna la France, mais Buron, avec cent soudards, continua les brigandages. Jersiais et Guernesiais ne savaient plus à quel saint se vouer lorsqu'un capitaine hollandais offrit de déloger les bandits par l'emploi d’une ruse renouvelée de Troie. Il se présenta devant Serk, son pavillon en berne ; descendu à terre, il expliqua qu’un homme de son bord

RTS

venait de mourir et qu'avant de trépasser, 1} avait exprimé le désir de reposer en terre sainte. En conséquence, 1} suppliait ses hôtes d'accéder à ce vœu. Bons chrétiens, ceux-ci consentirent, à la condition que l’escorte accompagnant le’ cadavre serait désarmée. Ils læ fouillèrent minutieusement, mais pour leur malheur, néglisèrent d'inventorier le contenu du cercueil. Tandis que joyeusement, la nuit venue, les deux troupes s'étaient séparées dans l'attente de l'office du lendemain, après de copieuse libations à la mémoire du mort, les hoflandais coururent au cercueil, y saisirent les armes qui y élaient cachées, et massacrèrent les français endormis. L'archipel était délivré du cauchemar qui loppressait depuis plus de quatre ans et Serk était hbre. Le gouverneur de Guernesey, Chamberlain, s'empressa d'y envoyer des troupes et d'y raser les fortifications élevées par les aventuriers. Mais la preuve de l’importance stratégique de celte position était acquise et le souvenir de ces cent brigands tenant en échec toutes les forces militaires des îles contribua à orienter le nouvel avenir qui allait s'ouvrir pour Serk.

On autorisa d'abord le guernesiais français Glatigny à y tenter un essai de colonisation, essai bientôt interrompu par la déclaration de guerre. Serk allait, une fois encore demeurer abandonnée de sa population stable ei à la merci d'un coup de main. Mais la Couronne veillait.

Hélier de Carteret et la Reine Elizabeth

En 1563, pendant l'enquête ordonnée par la Reine, Hélier de Carteret, seigneur de St-Ouen, à Jersey, dont les aïeux avaient contribué à chasser Pierre de Dreux Brezé, sollicita des commissaires la cession de Sercq.

Roi

Ceux-c1 y consentirent en principe, sous réserve de la ralfication du gouverneur de Guernesey. Deux ans après, le 6 août, Elizabeth, par lettres patentes, donnait à Hélier de Carteret, la seigneurie de ce qu'elle appelait elle-même un repaire de brigands. Celui-ci souscrivait à différentes obligations que nous étudierons plus tard et recevait pour la défense de l’île six pièces d'artillerie et deux couleuvrines avec leur attirail, la poudre et les balles, tout cela pris à la Tour de Londres. Conformément à ses Lettres Patentes, Hélier de GCarteret amena dans sa nouvelle possession 42 famulles dont cinq seulement étaient originaires de Guernesey et divisa le sol en autant «le tènements. Cette charte de 1565 est à la base de la constitution qui régit encore aujourd'hui la petite île de Serk (Tr).

Le nouveau Seigneur et la grande majorité des habitants ainsi implantés, étant de nationalité jersiaise, devaient latalement essayer de sortir de l'orbite de Guernesev et tenter de se rapprocher de leur patrie d’origine ie son côté, la cour royale de Guernesey ne pouvait admettre que Serk se sépara d'un bailliage dont elle avait toujours fait partie jusque là.

Le conflit était inévitable : 1l éclata lors de l’établissement par les premiers en 157q d’une cour et juridicton en vue de garder et observer les us et coutumes de Jersey. La Cour de Guernesey, mécontente de cette organisation copiée sur celle de l’île voisine et rivale, nomma d’abord une commission pour s'assurer de la réalité des faits, puis fit citer devant elle le bailli Edouard de Carteret et deux des nouveaux jurés. Le premier fut jeté en prison, les seconds renvoyés dans leurs foyers ( en

(1) Lettres patentes.du 6 août 1565, cf. annexes, n° 54.

considération que la dite île de Serk était bien peu peuplée », mais ils lurent sévèrement admonestés (x).

Presque en même temps, un autre conflit surgit sur le terrain financier. Le gouverneur de Guernesey, ayant la jouissance des revenus royaux du baillage, prétendait recevoir certaines redevances dues par le Seigneur de Serk à raison de son fief (2). Ces deux litiges furent solutionnés par l'ordre en conseil du 24 avril 1583 qui fixa de manière plus précise les bases de l’organisation judiciaire et administrative de notre île (3).

Elizabeth et la situation religieuse

Ce n'est pas seulement sur l'histoire civile de l’archipel et notamment de Serk que le règne d’Elisabeth laissa une empreinte inellaçable, c'est encore sur son histoire religieuse.

La bulle d'Alexandre VI, transférant de France en Angleterre la juridiction spirituelles des îles, n'avait eu aucune suite, nous le savons. En avril 1565, l'évêque de Coutances avait obtenu de la Cour de Londres une lettre près du gouverneur, du bailli et jurés de Guernesey pour se faire remettre les redevances à lui dues comme évêque et abbé de Lessey. Assigné devant la Cour royale le doyen Jean After,recteur des paroisses de Saint Martin et de Saint-Pierre du Bois, s’entendit qualifier d'intrus par le procureur de l'évêque pour n'avoir pas reçu de son mandant l'investiture ecclésiastique. Le doyen répliqua qu'il avait Juré obéissance et fidélité, au

(4) Second report, n° 5725-5726.

(2) Second report, n° 5726-5728.

(3) Second report, n° 5730-5729. .

D res

spirituel comme au temporel, à la Reine d'Angleterre, qu'il avait abjuré le pouvoir papal et toute juridiction étrangère et que si l'évêque était disposé à prêter pareil serment 1l reconnaîtrait aussitot son autorité.

L'affaire en resta là, mais la situation était trop paradoxale pour se prolonger plus longtemps ; une lettre d'Elizabeth du 15 mars 1568 y mit fin en déclarant les îles à jamais séparées de l'évêché de Coutances et rattachées à l’évéché de Winchester.

Influence religieuse de la France

La France voyait ainsi se rompre le dernier lien officiel qui l’umissait à ces dépendances du duché de Normandie. Pourtant son influence religieuse allait s’y maintenir et même s'y développer.

L'anglicanisme sans doute s'était substituée sans grands heurts au catholicisme. Nos normands insulaires, üèdes catholiques dans l'ensemble, mais très loyaux su-

‘jets avaient accepté sans enthousiasme comme sans protestation ce changement d’étiquette dans leurs convictions, et avaient continué de se rendre dans leurs églises devenues des temples et de payer la dîme à leurs curés changés en recteurs.

Mais certains étaient restés fidèles à la foi des ancëtres et ceux-là se tournaient toujours vers la France pour en attendre les directions.

D'autres en plus grand nombre entendaient véritablement se réformer et dans leur zèle de néophyte jugeaient |’ anglicanisme une démarcation du papisme.

Ces ardents s'étaient adressés aux protestants de France et les prédicants de ce pays, que nous avons vu appointés officiellement dès 1548, avaient fait si bonne

AOL

besogne qu'à Guernesey l’anglicanisme était de jour en jour délaissé. En 1563, sir Francis Chamberlain, le gouverneur, avait autorisé la nomination d'anciens et de diacres et la tenue d’un consistoire tous les jeudis, auquel lui-même assistait avec le baïllif et plusieurs jurés de la Cour Royale. Un ordre en conseil d'août 1565 permit de suivre la liturgie des églises françaises réformées dans la paroisse de Saint-Pierre et dans cette paroisse seule ; mais la loi était impuissante à endiguer l'opinion et cette liturgie bientôt fut suivie dans toutes les églises du bailliage. Ainsi devint générale l'organisation presbytérienne.

Presbytériens dans l'archipel et nota à Serk

Le colloque de Guernesey comprenait les dix paroisses de l’île, celle d'Auregny et la Congrégation de Serk. Car Serk avait participé au mouvement, elle était même au premier rang et passait pour modèle.

( I n'y a Eglise en toutes les îles, n1 ailleurs, mieux «Q rélormée, n1 où le peuple est mieux gouverné et réglé « en la crainte de Dieu qu’en celle de l'isle de Serk ; un (€ ministre, vrai serviteur de Dieu haïssant vice et excel- ( lent tant en sa vie qu'en sa doctrine, &nsi qu'il fait (« connaître en ses sermons et en son consistoire ; car « assurément, 1l n'y flatte, ni épargne personne, grands « et petits en ses répréhensions » (1).

Les paroissiens parfaits de ce ministre idéal étaient pourtant de la même race que leurs compatriotes Jersiais qu'ils avaient quittés trois ans plus tôt et dont les sentiments, à l'égard des dix ministres français débarqués au

(1) Eglises de refuge, T. II, p. 38Ÿ et s. ch. XVIL.

[ de

milieu d'eux, étaient traduits si brutalement par cette

lettre du lieutenant gouverneur Pawlet du 11 septembre

1568 ( leur séjour ici sera profitable aux habitants pour la location des maisons et la vente des denrées.

Mais sur cette terre si longtemps déserte et qu'il fallait défricher, sur ces champs sans cesse rasés par le vent du large et encore couverts de ruines, sur ces hautes falaises à la fois remparts et murs de prison du haut des-

. quelles on ne découvrait que des écueils dangereux et la

mer aux horizons infinis, les intelligences les moins portées aux abstractions, comme les cœurs les plus sceptiques se senlaient pris à la longue de je ne sais quelle inquiétude mystérieuse et quelle cramte de l’au delà. Passait un prédicant, habile à concrétiser dans une doctrine rigide toutes ces aspirations confuses : sa voix était assurée d’être comprise, parce qu'elle n’était que l'écho précisé de celles des ruines, du vent et des flots. Le miheu lui avait préparé des disciples attendant sa venue. Les rélormés du XV{ continuent la tradition des moines de Saint-Magloire.

Le colloque de Guernesey et celui de Jersey, pour triompher plus sûrement de leurs adversaires, avaient résolu de se réunir tous les ans en synode ; la réputation des Serquais leur valut l'honneur de recevoir le cinquième synode-en 1570. Celui-ci continua l'œuvre confessionnelle des bit Alors que le deuxième avait prononcé des amendes et des châtiments corporels contre les infracteurs de ses ordres, et que le troisième moins intransigeant avait reconnu au magistrat laïc la priorité dans le droit de punir, le Pr tenu à Serk décida qu'au cas de négligence de ce fonctionnaire ou d'indulgence exagérée de sa part, l'Eglise sévirait elle-

pop

même contre les coupables. Ces principes une fois établis, il était facile d'en prévoir les conséquences et jusqu’à nos jours nous constaterons cette confusion perpétuelle entre les deux domaines, civil et religieux. Consistoires, colloques, synodes, cours royales, Etats rivalseront de zèle pour obliger les habitants à assister aux prédications une ou deux fois la semaine, sous peine d'amende ou de confiscation au profit des diacres, à fermer les boutiques et à s'abstenir de tous jeux et délassements le jour où elles auront heu, à faire leur testament en présence des ministres ou des anciens etc., etc. En 1576 « une police et discipline » sera établie officiellement par-suite d’un accord entre les deux pouvoirs pour organiser la nouvelle Eglise réformée et résumer les droits et devoirs de chacun des trois ordres la composant: « le magistrat, ceux qui ont charge dans l'Eglise, le peuple ». Ces ministres dont Pawlet, huit ans plus tôt, parlait avec tant de dédain, avaient fini par imposer leur volonté.

Mais l'accord entre les deux grandes îles ne devait pas durer longtemps ; la brouille survint et lorsque Guernesey en 1997 fit les premières démarches en vue d’une réconcihation ce fut Serk qu'elle proposa pour le lieu de réunion du nouveau synode.

Serk en eflet pouvait par les deux îles sœurs et ennemies être considérée comme territoire neutre ne relevant ni de l’une, ni de l’autre. Son ministre Cosme Brevin, d'un rare entêtement, avait réussi à lui garder une quasi indépendance ecclésiastique.

Né à Angerville en Calvados, pasteur des églises vaudoises ue Fenestrel et Pinache qu'il avait du quitter, chassé par ses fidèles mécontents de ses « brocards, pa-

roles affectées et exclamations exagérées », 1l était venu échouer à Serk où ses défauts étaient interprétés comme qualités par ses paroissiens encore dans l’ardeur qui suit la conversion.

Mais si Cosme Brevin était flatté des éloges que nous lui avons vu décerner et des réunions de ses confrères dans son île, il entendait poursuivre au point de vue religieux le même rêve que le Seigneur tentait sans succès de faire aboutir dans le domaine politique : détacher Serk de Guernesey en se rapprochant de Jersey et par une savante politique de bascule arriver à la complète indépendance. Pendant le dernier quart du XVT', alors qu'à ses côtés les jurés et baill nommés imprudemment par ses concitoyens se voient emprisonnés et cassés de leurs charges, lui reste sourd à toutes les convocations de ses collègues de Guernesey.

On lui écrit de se rendre au colloque, il ne bouge pas; on le supplie, il répond par de vagues excuses flatteuses et insinue que son consistoire et lui sont hésitants sur le choix du colloque auquel ils doivent se ranger ; on le menace, 1] répond une lettre (d’imjures et de rebellion » (dec. 1589), puis se ravise et débarque enfin à Guernesey au printemps de 1590. Il y aflirme sa parfaite union et obéissance, ce qui ne l'empêche pas de ne plus reparaître avant 1597. Bref sur un espace de 30 ans, par cette politique de bras croisés, 1l réussit à ne se soumettre que deux fois au contrôle de ses coreligionnaires. Mais ce succès ne fut qu'éphémère : son humeur irritable qui lui avait joué de mauvais tours au début de sa carrière, lui fit perdre avec la confiance et l'appui de ses paroissiens tout le terrain qu'il avait cru gagner. Ceuxc1 en eflet fatigués de son despotisme en appelèrent au colloque de Guernesev qui eut: ainsi à juger comme ac-

RC ne

cusé celui qui si longtemps s'était refusé à y prendre part comme juge. En 1597, il est blâmé d’avoir dit en parlant de Thomas Raoul, ancien de Serk « qu'il ne pouvait l’approuver encore qu'il le souffrit ». En 1601, on lui écrit une lettre de censure sur la plainte de l’ancien de Serk « pour n'avoir pas voulu se ranger à la pluralité des voix de son consistoire ».

Ainsi la tentative de Brevin échouait, comme celle de Carteret ; mais cette fois c'étaient les habitants eux-mêmes de Serk qui, en abandonnant leur pasteur, s'étaient offerts à la tutelle de Guernesey. Lorsque Brevin vieilh fut incapable d'assurer l'exercice de son ministère à ses ouailles, celles-ci s'adressèrent aussitôt au colloque voisin qui leur envoya des pasteurs intérimaires et les autorisa même à bire les formules liturgiques, consacrées par la seule présence de leur vieux ministre. Lui mort le 30 avril 1605, Serk souffrit de la pénurie des predicants qui sévissait dans les autres îles depuis qu'Henri IV avait rappelé les émigrés français. Elle fut secourue par ceux de Jersey, Bandinel et Gruchy et par celui de Saint- Martin à Guernesey, le sieur Herne, dont l'accent anglais faisait le désespoir de ses auditeurs. En 1612, un nouveau pasteur y est à demeure : Elie Brevin (1).

XVII Siècle Révolution d'Angleterre Mais bientôt des événements plus graves allaient reléguer au second plan ces querelles de clocher et ces dis-

cussions religieuses, lesquelles néanmoins expliquent

\brEvlses de refuse MP Ch XI NN 56et es

Page 1