‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 142 sur 231 · IV. LITURGIE ET ASCETES. i é · texte numérisé non relu

IV. LITURGIE ET ASCETES. i é

types conservés au Royaume du Soleil Levant, en Corée et en Annam, le figurent avec la eroix latine, la croix grecque ou le py.

Aux Indes, il semble que sa caractéristique soit autre, à moins que, comme on l'a soutenu plusieurs fois^le ftj ne soit que le symbole réduit de la roue de la loi, la tchahra hindoue, «qui est toujours, un objet de culte ou au moins de bénédiction. On le trouve toujours honoré et généralement placé au-dessus des autres emblèmes. Je serais porté à

dire que c*est le symbole de Dhar~ vk^ ^ yi^

ma». (1). Cette interprétation rendrait "oP^ ^ Afv

moins singulier le changement ou l'é- fo/. 145.

quivalence de la roue, du PH, de la-f- (fig. 145) et enfin la présence de la f

au cou de 7a-mo au Se-tch'oan. Ces étapes de la roue à la croix latine -j- seraient plus clairement marquées.

Si la tchahra, ou roue de la loi, symbole de la tradition bouddhique, du Dharma hindou — Dhama, en pâli, d'après Eitel, et Ta-mo en chinois — a pour signe algébrique le y^, il est moins surprenant de rencontrer la croix, même latine •}-, sur la poitrine du Ta-mo chinois. (2). Dhanna est aussi un des personnages de la triade bouddhique.

Bazin suggère une interprétation assez piquante et l'appuie de détails historiques plus précis; resterait pourtant à savoir si nous n'avons pas atîaire ici à un troisième personnage, différent de Ta-wo l'Apôtro, et de Dharma le peintre. Les Annales ou les traditions locales de la Chine, où Ton condense souvent ainsi plusieurs personnages en un seul, mentionnent un peu partout des ascètes ou ermites. Au nombre des passagers célèbres du Ngan-k^ng-fou $ |f jj^, «on cite le prêtre ou bonze Thsàn (le brillant) qui vint de Ta-mo (Damas?) dans le royaume du milieu. Sous le règne de Yuen-thiioung de la dynastie des Thaiig (de 713 à 756 de notre ère). Ce religieux de Damas n'avait, selon la tradition, que ses vêtements de religieux et un vase pour recevoir sa nourriture. Ce fut à San-lshou que Thsan arriva pour communiquer et propager sa doctrine, et il expliqua cette doctrine, cette loi (f&), dans une vallée déserte de la montagne Houân (3). Il finit ses jours et fut enterré au sein d'un monastère situé

(1) FergU88on, Hamihook of Architecture ^ p. 157. Kn réalité «tourner la roue dit la loi, Dharma Tchakraj c. à. d. propnger le bouddhisme», est une expreision figurée i\m a 8on pendant en celle-ci : «prêcher la Croix, In religion chrétienne».

(2) Nous avons donné plus haut, d'après les dessins de George Moore, les Hignes caractéristiques en question. Voir, page 212 de son ouvrage Tkchst tribe», ce qu'il dit de cette aroue bouddhique». Il renvois lui-nitme ù divers ]>a8sages de la Bible, faisant remarquer que Çakya-mouni, né vers 623, i)ent avoir connu E/.échifl, ou ses prophéties, dont tant de détails semblent reproduits par le Bouddhi«m<\

(8) «Cette montagne, tiès célèbre chez les chinois est située au Nonlouost du Canton de Tsien-chan».

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dans une vallée de la montagne en question. L'empereur Youen-thsounçj des Tliang, lui conféra le titre honorifique posthume de maître de la contemplation spirituelle et miroir de la sagesse. Le religieux #ont il est ici question fut vraisemblablement un des nestoriens de Syrie qui se rendirent en Chine pour y prêcher le christianisme dans le septième et le huitième siècle de notre ère et dont le Monument de Si-nayi-fou, érigé en 781, porte témoignage». (1).

M. Dabry de Thiersant cite un ouvrage chinois, le Kien-yutou qui parle d'un «petit Etat nommé Tamosze (Damas.) enclavé dans le Ta-tsin-'kouo^ et d'où sont venus les étrangers qui ont apporté en Chine la religion lumineuses, (2). L'auteur français fait encore cette remarque (p. 33) : Le bouddhisme porte, en Chine, les noms de Fo-kiao. religion de Fo, ou Tamo kiao, religion de Tamo. Quelques personnes ont cru que ces dernières expressions s'appliquaient à la religion de 8. Thomas... C'est une erreur, Tamo est le nom chinois donné à Boddhi-Dharma... venu en Chine en 495». (3).

L'histoire démêlera peut-être l'inextricable imbroglio des traditions contradictoires qui gravitent autour de ces noms. On peut affirmer en attendant, que la légende, ou, si l'on veut, l'histoire semi-légendaire de Tamo compte parmi les plus répandues et les plus populaires de l'Extrême-Orient. Nous souhaitons vivement que l'on continue à collationner les textes indigènes, à signaler les indications du folk-lore local, et surtout les monuments archéologiques, où les traces de ce personnage restent les plus visibles.

La cinquième des «douze grottes, Che eul long -\' Zl M*^ que l'on visite à Koan-in-men, l'une des portes de la «grande enceinte» de Nankin, est dédiée à ra-mo, «saint bouddhiste, dit un des bonzes gardiens de ces grottes, venu en Chine de l'Occident, sous Ou-ii, des Liang, vers 502, et qui prêcha et voyagea dans beaucoup de pays. Une correspondance du North China Daily-News (17 av. 1890), décrit ainsi cet endroit : «La grotte de Ta-mo porte le N° 5, et se trouve en haut d'un escalier que l'on atteint par un sinueux et étroit sentier. C'est une petite anfractuQsité dans le roc, laquelle n'a rien de remarquable ni d'attachant. La caverne est juste assez large pour abriter deux bonzes bouddhistes, un chien et une demi-douzaine d'images. L'idole, Ta-mOj

(1) Chine moderne, de Pauthier; 2« partie par Bazin. — Paris, Didot, 1853. pp. 81/82^ L*auteur renvoie au Ta-U^ing-i-Vong-tchey K. 56, i° 44, verto — Item h la Géographie spéciale du Chensi en 60 vol. chinois. K. 77, t° 26.

(2) Dabry de Thiersant. — Le Catholicigme en Chine au VHP Siècle. Paris.— p. 24.

(3) D'après Eitel, Bodhidharma est le !•' patriarche pour les Chinois, (le 28* pour les IndouB. Ils le nomment WÈ 1^ 7^ mii Fils d*un roi de Tlnde du Sud, il s'appela d'abo'd Bôdhitara et vint en Chine en 520, apportant le paira ou palmier, borasgtts Jlabdliformia.

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