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occupe le centre, et une représentation plus grande de la même divinité se dresse dans un des angles. Un «bouddha riant», le belliqueux déva Wei-lo, et la déesse de miséricorde — c'est un des noms de Koan-in, — sont les autres idoles. Tamo est reprérsente sous sa forme habituelle, sévère et laide. Rien ne le distingue d'une centaine d'autres idoles. L'autel porte l'inscription symétrique :êfÉêS«SSt±A
Je puis témoigner de l'exactitude de cette description. Dans une des plus vastes de ces grottes, creusées jadis dans les conglomérats rocheux d'une falaise haute de 60 mètres par le Yang-r tse-kiang, qui les baigne encore de ses grandes eaux, on a disposé une pagode de style banal, dont les pieds trempent dans une mare limpide formée par les suintements du roc, perforé de couloirs très pittoresques. A l'entrée on a reproduit en léger relief et en grandeur naturelle la gracieuse image à large auréole de la déesse Koan-iii H ^, d'après le dessin du fameux Ou Tao-tse. C'est une œuvre de haut style. (1).
A quelques pas de là, dans la paroi même de la falaise, on a gravé le caractère cheou || haut de plus de trois mètres. Au dire des bonzes, l'empereur K'ien-long l'aurait tracé d'un seul coup de pinceau (fig. H(J). En regard (flg. 147) nous lui opposons
(I) Uns i.«£o.1. ,l«la ville .1-^ Nunkin am.elée 0,mfau-itf R "ft ^, k« vante auui do ponéiler une Koan-in, œuvre origiiuJe de m Ou Tao-Ue ^ ni 7> oéUbre
80 CROIX ET SWASTIKA.
Tesquisse réduite d'un autre cheou nankinois, incisé sur une dalle et mesurant 80^"» sur 1»" 25. C'est le chef-d'œuvre calligraphique d'un haut mandarin de nos jours, devenu " Amiral du Fang-tsekiang, et nommé Waiig, qui l'aurait aussi enlevé sans relouches, d'un seul trait. Plus admiré qu'un tableau de grand maître, cet idéogramme est journellement visité et estampé dans le lieu de divertissement appelé Mo-tch'eoU'hou ^ îS JSS ^® «Lac de Sans- Souci», à l'Ouest de Nankin.
Pour qui connaît ou soupçonne l'état réel et complexe du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme en Chine, ces transformations de traditions anciennes, ces emprunts déguisés aux mythes primitifs des sectes voisines, cet amalgame des pratiques les plus diverses, cette évolution sans terme de croyances sans fondement, cet apport d'observances vaines et de symboles inexplicables, tout cet ensemble de conditions qui font que, si la vérité religieuse se développe en raison et progresse en clarté, les fausses religions dégénèrent et accumulent des ténèbres chaque jour plus épaisses, tout cela, dis-je, rend les investigations plus ardues, moins assurées, moins fructueuses, sans leur rien enlever, ni de leur intérêt, ni de leur utilité.
Voyez par exemple, ce qu'est devenu pour nos chercheurs et interprètes de religions comparées, ce que j'appellerais le «thème Jisô,}) au Japon.
Cette étude n'est pas indifférente à celle que nous essaypns sur le 3f et la croix en Chine, puisqu'on a voulu y voir le souvenir altéré de Jésus, le «sauveur», titre vénérable, lié désormais à la croix •}• instrument de salut.
Le Musée Gui met possède plusieurs statues de bronze de disô, œuvres du XVIII° Siècle. L'une est ainsi cataloguée: «Jisô tenant le bâton à sistre, debout sur un lotus décoré d'un swastika.» (Petit Guide illustré — 1890 — p. 177.) — Une autre grande statue de bronze de la même date, consacrée en 1723, nous est présentée par le même Guide (p. 171), comme «le bodhisattva Jiso, sauveur des âmes, debout sur le lotus tenant le bâton à sistre et la boule précieuse.» Ailleurs (p. 161), on le voit «assis et méditant, la tête appuyée sur sa main droite», ou bien «la tête ceinte d'une gloire ronde, ornée de fleurs de lotus» (p. 177); et partout il tient «le bâton à sistre et la boule.» Précédemment (p. 161), le Guide nous a averti que «c'est un ancien prêtre, qui s'est, dit-on, réin-
80U8 le nom de Gi>do»hi n\i Japon. Cette ]>ag04le sinico-thibétuine, roii forme comme colle (les environs de Pékin, un bouddha couclié, sorte de nisinequin richement habillé, rv'|>o8int sur une espèce de divan somptueux, dans une vitrine oblongie; telles ces figures de martyrs en cire que Ton voit dans wuc châsse, sous certains autels, disposés selon 1 1 mode italienne. Cette pagode, une de celles où ont liju les ordinations bouddhiques alors quj se pratiquent les brûlures rituelles sur le crftne rasé des bonz h, possède avec divers autres trésois, une bibliothèque thibétaine, don impérial.