IV. LITURGIE ET ASCÂTES
pair à-peu-près avec le Yen-cheng^kong îfî ^ ^, le rejeton officiel de Confucius, et les bonzes de la seote lui paient un tribut, plus ou moins consenti, en diverses Provinces.
Voici les traits les plus marquants de la vie de Tchang taoling, Nons laisserons le lecteur faire les rapprochements et nous n'indiquerons les allusions possibles que par quelques mots entre parenthèse: (1)
A la naissance de ce futur bienfaiteur des hommes, l'an 34 de notre ère, un météore lumineux traverse le ciel obscur, comme une flèche de feu, et vient mourir à la porte de sa maison; (étoile des mages). Agé de sept ans, il lit, relit, médite et commente le TaO'te^king ^ ^ iK de Lao^ise, le Çahifa-mouni du Taoïsme; (Jésus au Temple). Il aimait à gravir les montagnes, à contempler de là le spectacle de la nature et à y instruire ses disciples; (le jeûne des 40 jours au désert, le sermon sur la montagne). Ayant inventé une drogue d'immortalité, il l'avale, et passe subitement, de l'âge de soixante ans, à l'âge d'un jeune homme, fort et bien fait; (la Résurrection) Le maître voulut ''gouverner ceux qui faisaient profession de sa doctrine à Vaide de la honten. L'emploi des châtiments corporels lui répugnait; il préférait en appeler à la conscience et à l'honneur naturel de l'homme. Il fit donc un règlement spécial, ordonnant à ceux qui tombaient malades, de mettre par écrit tous les crimes, toutes les fautes dont ils s'étaient rendus coupables, depuis qu'ils étaient au monde, puis de jeter cet écrit dans l'eau «comme pour faire alliance avec les génies»; par là, les malades prenaient l'engagement de ne plus retomber dans les mêmes péchés, et consentaient à ce que la mort fût leur châtiment, s'ils violaient leur parole. «Quand ce règlement parut, tous avouèrent aussitôt leurs fautes: d'un côté, ils obtinrent la guérison de leurs souffrances ; de l'autre, ils furent maintenus désormais dans le droit chemin par la pensée et le crainte de l'humiliation. Ils n'osèrent plus commettre les mêmes fautes que par le passé et changèrent de conduite en peur du Ciel et de la Terre. Les criminels, qui jusqu'alors avaient
(1) Nons empruntonM ce qui suit presque entièrement h Touvrage de M. C. ImbauU- Huart: nLa légende du premier pape des Taoî8tesï>.— Extrait du Journal asialiqne. Pnriu 1885. — Nous y avons lu avec suiprise Cp- 5): uLg Tsi-chô-tsuan-tcheng, but les génies et démons et Tabsurdité des fables qu'on rajtportc sur leur compte, par un Père chinois catho lique, nommé Pierre Houang Fei-tienp (1879). On y trouve presque tout les textes relatifs à toutes les divinités, mais quelquefois écourtés pour les besoins de la cause». Mieux renseigné, M' Imbault- Huart aurait hésité à maintenir sa remarque désobligeante. — Sur Porganisation du Taoïsme, cf. Mercury de Changhai, 29 Août, 1892.
(2) Ces travestissements sont encore dans la manière chinoise. Comparez ce que les pamphlets anti-européens de 1891 disent fie la religion chrétienne, et voyez comment ils exposent nos croyances, d'après nos propres livres de doctrine, incompris, ou dénaturés à dessein.
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violé les lois, devinrent en ce temps des hommes vertueux.» (1) (Souvenirs confus de la «loi d'amour» subsiiluée à la «loi de crainte»; baptême; extrôme-onction; repentir; sacrement de pénitence...?)
En Tan 157, le septième jour du i*"* mois de la 2® année de l'Empereur Heng des Ilan ]^, à midi juste, Tchang Tao^ling réunit sur la montagne des nuages Yxin-chan, ^ i|j sa femme et deux de ses disciples préférés; et de là s'élève en plein jour au ciel avec eux; (transfiguration, ascension?. Les autres disciples, qui étaient venus lui faire leurs adieux, le suivirent longtemps des yeux, mais il disparut dans les nuages, et on ne le revit jamais. (2)
Un des descendants de Tchang Tao-ling, qui, sous le nom de T^ai'p'ing-ta.o «chef de la grande paix», joua un rôle prépondérant dans la Rébellion des Bonnets jaunes (172 à 178 de notre ère) «invitait les malades à se prosterner et à penser à leurs fautes; puis il leur faisait boire une eau miraculeuse. Plus tard, une fraction de ces sectaires fit bande à part; ces disciples séparés se nommaient Tsi'tsiou «offrant le vin,» et prenaient pour devise foi et sincérité; il était sévèrement défendu de mentir; les malades faisaient eux-mêmes l'aveu de leurs fautes. Cette société établit des auberges et des hôtelleries gratuites. (Confession, messe, extrême-onction; œuvres de miséricorde corporelle des monastères?)
L'an 748, un descendant des Tchang reçut de l'empereur le titre de T'ien^che J^ gj '^maître céleste.» Les Song les honorèrent également. En 1016, on leur bâtit un temple taoïste et ils furent exemptés des impôts. Les Mongols ou Yuen les favorisèrent. En 1276, Koubilaï-khan^ qui gardait tant de chrétiens nestoriens à sa cour et leur laissait pratiquer leur culte devant sa tente, donna à Tchang Tsong-in un sceau en argent, avec la charge de présider à la religion du Tao ^ dans le Kiang-nan. Enfin, en 1278 un édifice religieux, décoré du nom de Tchen-i-se H^ — ^ temple du vrai un, fut élevé à Pékin, pour servir de résidence à l'un des descendants du même personnage.
Sans doute, c'est une méthode défectueuse et scabreuse tout à la fois que celle de procéder uniquement par rapprochements et analogies; l'expérience prouve de reste qu'elle a souvent conduit «aux plus absurdes identifications et interprétations historiques; plus d'une thèse retentissante et erronée s'est échafaudée sur
(1) Chen-sien-tch^oan ifif Ht vf biographies de 84 immortels par Ko Hong ^ ÇÇi dit Pao-p'o-Ue ffi W 'Fi philosophe taoïste du IV*" Siècle. — traduction de Inibault — H.
(2) La biographie insérée, avec le portrait du héros, dans h* Kiaitse-yuentch^oan (mMfuxle illustrée de peinture d'un atelier de Nnn-kin), insiste sur la noblesse et la majesté do sa démarche. Nous avons analysé cette méthode dans le N° de Juin 1890 des Etudes religieuMS et liitéraireè^ par des Pères de la Compagnie de Jésus.