‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 149 sur 231 · I. ANCIENS VBSTIOBS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

I. ANCIENS VBSTIOBS HISTORIQUES

Ainsi, pour des yeux ramiliarisés avec le rt, la croix apportée par le christianisme, semblait un symbole moins étrange: par contre, là où la croix avait Irdné, le ^ en vint à se substituer insensiblement, par manière de succédané, ou à reconquérir sa place jadis perdue, quaad linévitable et fatale décadance des fausses religions, la dégénérescence des pratiques superstitieuses, la corruption de la foi orthodoxe le progrès du schisme, de l'hérésie, des habitudes idolàtriquea, permirent à l'erreur de venger ses anciennes défaites.

A diverses reprises on a exploité ce passage de du Halde :

«Le fameux Kouan Yun-lchang H S :ë' qui vivoit au commencement du H' Siècle, connoissoit certainement J.-C, comme en font foi les monumens

écrits de sa main, et fi'j- l\s.

gravez ensuite sur

des pierres. On en a tiré des copies qui sont répandues de tous c6tez, mais qu'il est impossible d'expliquer si l'on n'est pas chrétien, parce que Kouctn Yun-tchang y parle de la naissance du Sauveur dans une grotte exposée à tous les vents, de sa Mort, de sa Résurrection, de son Ascension et des vestiges de ses pieds sacrez; mystères qui sont autant d'énigmes pour les Infidèles». (1.)

John Kesson relève cette allégation du P. du Halde, traduit ses paroles et, aussi perplexe que nous, ajoute: uCes-monumenta sont-ils connus d'autres personnes que du Halde, i] est

(1) Du H&Ide; Daer. de fa Chine. T. m. p. 6C.

90 CROIX BT SWA8TIKA. •— • II.

difficile de le dire, et son autorité en quelques matières est sujette à caution». (1). Du Halde a dû pourtant avoir quelque sérieux document en vue, pour parler avec cette assurance.

Les témoignages de source chinoise sont des plus formels au sujet du célèbre et vertueux Kouo Tse^i Ijffi -f HH^ grand ministre de TEmpire sous la XIII® dynastie, que l'on croit avoir été chrétien, et qui aida successivement quatre empereurs des T'ang J^ à chasser les Tartares de la Chine propre. M&^ de Visdelou lui a consacré une assez longue notice et dit qu'il mourut en 781, à 84 ans : «On fit ses funérailles avec une pompe presque impériale, et son tombeau fut placé parmi les tombeaux des Empereurs. Enfin, ce qui est le comble des honneurs, il fut associé aux sacrifices impériaux». (2). Sa mémoire est restée fort populaire en Chine. En passant un jour dans les rues de Nankin, je considérais les peintures de la boutique d'un peintre indigène; l'artiste, un vieux à barbiche blanche, me signala une grande image en couleurs de Kouo Tse-i l'une de ses dernières œuvres : «C'est un mandarin qui était de votre religion!» me dit-il. Je fis pour 300 sapèques Tacquisition de l'immense aquarelle. •

Les Mémoires concernant les Chinois ont inséré sa biographie dans leur série intitulée «Portraits des célèbres Chinois». (3). Il est né au Chang^si et, simple bachelier militaire, devint par la suite Généralissime des troupes, puis premier ministre de l'Empereur Tai'tsong fÇ ^. C'est à l'an 754 que l'on reporte sa lèie élévation. Cette notice est remplie de ses brillants faits d'armes, mais surtout de plusieurs traits extraordinaires de patience, de modération, de magnanimité, de pardon des injures, de dévouement à la dynastie des T'ang, qu'il défendit si bien contre les rebelles. C'était vraiment le bras droit de l'Empereur sous trois règnes successifs. D'après les Mémoires, il serait mort en 783, non en 781, dans sa 85* année. «Je pourrais ajouter pour la gloire de cet illustre Chinois, dit l'auteur, qu'il est presque certain qu'il a connu et honoré le vrai Dieu; puisqu'il a contribué de son crédit et de ses richesses à élever des Temples en son honneur, qu'il protégea ceux de ses ministres qui étaient venus des pays lointains pour l'annoncer et établir son culte, et qu'il se servait môme dans les armées des conseils de l'un des principaux d'entre eux, ainsi qu'on le lit dans le monument de SUngan-fou, L'empereur, y est-il dit, ordonna au Prêtre Y-sée 9 ^, d'aller à Chouo-fang ^ -fi, (au Nord-Est du C/ian-si,

(1) John Kesson; The crou and the draçon, p. 9.

(2) Supplément A la Bibliothèque orientale d'fferheloi... p. 182. — Cf. du Halde; T. I. p. 403. Le P. de Mailla, vol. VI, p. 248 à 820, rapporte aei expéditions milltaîreB.

(3) Tome V; p. 405 à 416.

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