‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 150 sur 231 · I. ANCIBNS VBSTI0B8 HISTOKIOUES · texte numérisé non relu

I. ANCIBNS VBSTI0B8 HISTOKIOUES

théâtre de la guerre), pour Taider de ses conseils». (1).

Quand il mourut, TEmpereur fit porter son deuil pendant trois ans dans tout TEmpire. Grosier (2) dans une note sur l'Inscription de Si-ngan-fou, qui mentionne Kouo Tse-i avec éloges, remarque qu'il mourut au temps de Térection de ce monument, environ 150 ans après Tarrivée d'Olopen en 635; puis il ajoute: «on se tromperait grandement si Ton concluait de là que le christianisme n'avait point été introduit dans cet empire antérieurement à l'époque de 635. Les bonzes chinois sont venus des Indes et autres pays situés à TOccident de la Chine, et les chrétiens, qui sont venus ensuite, ont été confondus avec eux. On voit par ce monument que ces derniers ne se distinguent eux mêmes que par le pays de leur origine : les bonzes de Ta-tsHn, (3). Je fais cette remarque pour faire pressentir qu'il peut être question des chrétiens, aussi bien que des bonzes idolâtres, dans plusieurs endroits de l'histoire de la Chine, où il semble qu'on parle uniquement de ces derniers. S'il se présente quelque occasion de revenir sur cette matière, je pourrai n'étendre davantage. Le Colonel H. Yule (4) raille à tort cette manière de voir partagée aussi par De Guignes.

Ces considérations nous amènent à quelques faits où le symbole de la croix est particulièrement en jeu.

Que S. Barthélemi et spécialement 8. Thomas ait implanté la foi aux Indes, c'est un point acquis à l'histoire, (Yule le reconnaît), et qu'on ne saurait plus contester. Ce dernier Apôtre a-t-il réellement évangélisé la Chine, comme semble le dire le célèbre texte du Bréviaire Chaldéen, c'est une hypothèse acceptable, fort

(1) Pautheir, (Inscription tyzo cJùnoise de Si-ngan-fou, p. 65), réserve une note énidite à «Kouo-tseu-i». qu'il fait mourir en 781 . Il ajoute qu'on peut voir son portait «grossièrement sculpté sur le grand panneau d'une armoire en bois doré qui se trouve au Musée chinois du Louvre. Il est entouré de nombreux serviteurs et d'une foule de femmes et d'enfants qui viennent implorer ses bienfaits. Confucius avec ses disciples est représenté sur un panneau latéral.» — A. \yylie relève aussi le rôle glorieux que rinscription de Sinçan-fou attribue à Kouo Tse-i. — Journ. of the Americ. Orient. Soc, 1S54«55, V. vol., p. 806.

(2) P. de Moyriac de Mailla. Histoire génércUe de l^ Chine; Tome VI. p. 319.

(3) Sur cette région du Ta-tsHn >% se B cf. Hirth; China and Roman Orient, 1885. Tous n'acceptent pas les conclusions de ce travail si érudit : «... With a considérable amount of leaming and ingenuity which deserved better subjcct and success, he has attempted tho impossible task of making many names fit countries and towns of Anterior Asia. — I find in my own notes that the name Ta-tsHn refers to five différent countries; An-sUi to two; Tiao^chi to three,... and so forth». Terrien de la Couperie, — The Babylonian and Oriental Record : vol. III. p. 153.

(4) Dam son Cathap p. XOI. Voici la partie de ce texte, rédigé en forme de litanie, qui regarde la Chine :

Per divum Thomam evanuit error Idololatriœ ab Indis; ,, ,, Sinae et ^thiopes conversi Bunt ad veritatem;

,, „ Begnum Cœlorum volavit et afcendlt ad Sinas.

Of . Kircher; China iUuttrata, p.5 7 et son Prodromus Coptus, de 1686, p. 107 et 108.

plausible, mais qui restera longtemps encore, nous le craignons, une hypothèse. On peut admettre pourtant comme suffisamment prouvé, qu'au moins les disciples ou convertis de 8. Thomas ont transmis le précieux trésor de la abonne nouvelle», aux habitants des versants et gorges Sud-Ouest du Pamir, si toutefois cette triomphante annonce, en même temps qu'elle franchissait la haute barrière montagneuse du Tibet et de l'Indoustan, n'avait passé aussi, et peut-être simultanément, de la Syrie en Perse, en Transoxiane, en Bactriane et de là en Chine par une des routes géographiques, connues sous le nom de T'ien-chan-nan-lou J^ [Ij ^ 1^ et T'ien-chan-pé-lou 5c iLj ^t 0» ^^s «chemins au Sud ou au Nord des monts T'iema, On ignorera longtemps encore les particularités des événements qui se sont déroulés autour de ce pôle répulsif du monde ethnographique !

En 222 de notre ère arrive à Nankin un Romain nommé Tsin-lun, auprès de Suen'k'iuen ^ ;^, qui sept ans plus tard devait régner sous le nom de Ta-ti ^ ^, comme Empereur de Ou ^\ il venait de la part d'Alexandre Sévère ou d'Héliogabale. Il y rencontre une nombreuse colonie bouddhiste, beaucoup de bonzes partis, à la fin des Han, (207 ans apr. J.-C.) des bords du Gange, du Pendjab et du royaume bactrien, avec un assez bon nombre d'excellents traducteurs, fort instruits, empruntés à la Perse et aux contrées voisines. (1). Il est difficile qu'il ne se soit pas trouvé parmi eux des Lettrés, ayant connaissance de la religion chrétienne, s'ils ne l'avaient pas eux-mêmes embrassée. Sous Ho'ti 3^ 'f^ (89 — 106 apr. J.-C.) plusieurs ambassades étaient déjà venues par terre. Vers 285, on en signala une arrivée par mer, et députée par Dioclétien ou son prédécesseur.

L'abbé Hue explique pertinemment, par les Nestoriens, l'origine et la survivance des pratiques catholico-bouddhiques au Tibet, pratiques, observances et organisation imposées par les conquérants Mongols, témoins des offices nestoriens ou catholiques, célébrés à leur cour. (2).

M. Dabry fournit une autre explication, plausible aussi, croyons-nous, dans les lignes suivantes : «Le manichéisme n'a pas fait beaucoup de prosélytes en Chine ; il n'en a pas été de même au Thibet. Ainsi, il paraît constant que Tsonchava (3) le fondateur du lamaïsme moderne, était dans l'origine, un

(1) Cf. Edkins; Journal de la Soc. asiatiquv de Chang-hai; minée 1883. — «What did the ancient Chiuese know of the Greeks and Romans.» p. 10. Item Paléologue ; L^art chinois, p. 221. Wells Williams, (The Middle Kingdom — 2» Vol. p. 290. 4'' édition, New- York 1871), pense que les deux moines, probablement Nestoriens. qui apportèrent à Constantinople, en 552, des œufs de vers-à-soie, n'étaient ni les premiers, ni les seuls qui aient alors évangélisé la Chine, où ils avaient résidé.

(2) Le Christianisme en Chine; T. II. p. 18.

(3) rsong-kha-ha^ 6$ E*

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