‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 154 sur 231 · I. ANCIENS VESTIGES HISTORIQHES. Ô · texte numérisé non relu

I. ANCIENS VESTIGES HISTORIQHES. Ô

indien Sa-kamn (1). Nous ne soutiendrions pas sans réserves cette ingénieuse théorie; elle figure ici à titre documentaire.

Le P. Le Comte observe que «nous ne sçavons pas tout ce qui s'est passé dans ce nouveau monde depuis la mort de Jésus- Christ... On ne doute point que S. Thomas n'ait prêché la Foy dans les Indes, et il est certain qu'en ce temps là les Indiens connoissoient parfaitement la Chine, à qui ils payoient presque tous quelque tribut». Comme civilisation, dit-il, la Chine occupait alors le rang de Rome en Occident. «Ainsi peul-eslre que 8. Thomas s'y sera transporté luy-mesme, ou du moins qu'il y aura envoyé quelques uns de ses disciples». (2).

Le P. du Jarric intitule un chapitre de son ouvrage : «De la Mémoire qu'il y a ez Indes de l'Apostre S. Thomas et de ses gestes : comme les Portugais ont trouvé ses reliques à Méliapor. .. etc.». (3). Les principaux témoignages (ju'il énumère se résument en ceux-ci : Il existe de nombreuses églises que la tradition dit avoir été fondées par saint Thomas, lequel aurait personnellement instruit les ancêtres de ces «chrétiens de S. Thomas». Ces derniers fêtent encore le dimanche dans l'Octave de Pâques, jour où l'Apôtre aurait mis sa main dans les plaies de N. 8. [Joann. C. XXV, 27). Beaucoup d'inscriptions sur métal mentionnent les miracles du Saint et les donations, faites par les souverains du pays, aux églises bâties par lui ou en son honneur. Des chants indigènes confirment la tradition sur ce point. De Méliapore, il aurait été évangéliser la Chine : «D'autant que les Chinois en ce temps-là estoyent les maistres de la marine, et avoient en main tout le trafic et commerce de l'Inde, comme l'ont maintenant les Portugais : de façon qu'ils voyageoient souvent en ceste contrée». De là, S. Thomas seroit revenu à la Côte de Coromandel, où il fut martyrisé par les Brahmes, près

^I) John Kesfon, t?ie Croês and the Dragon. London, 1854. — p. 8. — Le P. Kircher, ou plutôt le P. Boyin, dit de sun côté : «Imo ipse venerabilis P. Math»u8 Ricciui cùm priniùm in Sinas penetravit, Xé-Vsu-kiao (t ^ K Che-tse-kiao, en figuration française), nomen onioia doctrins repcrit, quo nimirùm Christiani antiquitùs OruoisJ doctrinsB discipuli apud Sinas vooarentur». China monumenti» ilhutrata, p. 9. — Dabry suggère (page 27 op. cit.) qu^on appliquait peut-être au Nestorianisme cette dénomination de Che-tit'kiao, «religion de la Croix», que suivaient les Chazinzariens, {chastis en arménien veut dire croix), ou stauroldtres, (adorateurs de la croix». STAYPOS), qui étaient des nestoriens arméniens, n'adorant de toutes les images que la croix. J'ignore si diasui est un mot arménien et s'il signifie croix, mais j'estime que, sous sa forme quasi latine, il ressemble étonnamment à l'expression chinoise che-tze, «la croix», ou le caractère dix.

(2) Nouveaux Mémoires sur Vitat préKent de la Chine, par le P. L. Le Comte, mathématicien du Roy, — 3* édition Amesterdam 1698 — p. 97. — Cf. Hirth; China and Roman (/rient.

(3)|Du JaiTic S. J. Histoire des choses fUus mémorables... chap. XVII., p. 497.

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de Tancienne ville de Méliapore. (1).

Notre cadre ne comporte pas la discussion de ces divers témoignages ou traditions, qu'il nous suffît de rapporter.

Le P. Sémédo nous a laissé quelques remarques fort sensées, à propos du Monument de Si-ngan-fou; nous les introduisons ici par anticipation, et pour les vues judicieuses qu'elles renferment: «Il parait donc évidement que la Religion chrétienne est entrée en la Chine dès l'an 631... Il ne faut pas néantmoins présumer de là qu'elle n'y ait point esté plantée par la prédication des Apostres,... Mais plûtost qu'ayant esté une fois publiée pour tous ces pays, elle se perdit, et puis elle fut restablie par de nouveaux soins. Le mesme est arrivé aux Indes, où l'Aposlre S. Thomas avoit porté le flambeau de la foy, qui, s'estant esteint, fut rallumé environ l'an 800, dans la ville de Mongodouen, ou Patana, (Patna?) par un Chrestien Arménien nommé Thomas Chananéen, (2) lequel ayant renouvelle l'ancienne Religion répara les églises basties par le S. Apostre, et dressa des autels : ce qui a donné sujet de croire, sur la conformité des noms, que tous les bastimens, qu'on y void, sont des ouvrages du premier S. Thomas. Le mesme peut estre arrivé dans la Chine; et qu'après avoir receu la loy de TEvangile dès aussitôt qu'elle commença désire annoncée au monde, elle en perdit tout-àfait la mémoire jusques à la seconde fois, qui est celle dont parle l'Inscription... Le temps, auquel se perdit la mémoire des prédications du S Apostre, n'est pas beaucoup inégal et difîérent i^our le regard des

(1) MaUapur on MaUapoura, faubourg de Madras. — Cf. Du Jarric. Op. cit. 498. — Le Père raconte aussi qu'en 1517, ^'certain Arménien de nation Coje Escander/* — faut-i| l*identiiier avec Escandel? — conduisit les Portugais sur les ruines de cette ancienne ville de Méliapole, rebAtie en 1501 sous le nom de S. Thomé, où ils rencontrèrent un vieillard entretenant, à l'exemple de son père, de son grand-père et de ses aïeux, une lampe allumée sur lo tombeau du saint m^trtyr. Ib firent un rapport au vice-roi à Goa, et don Jean III de Poitugal, averti, ordonna, en 1523, d'y faire des fouilles. Puis viennent des détails très circonstanciés sur la manière dont les ossements du saint furent trouvés et sur les garanties d'authenticité qui accompagnèrent la découverte. Le Père enfin expose au long eomment on peut concilier avec tout cela la mention du Martyrologe romain «qui met le 3 de Juillet la translation du corps de S. Thomas de la ville de Calamine en l'Inde, à celle d'Edesse en Mésopotamie, et de là en la ville d'Orthone qui est en l'Apoulle d'Italie. « p. 507. Cf. Acta Sanctorum,

On peut lire à ce sujet, avec précaution toutefois, une longue note du Colonel Yule à la page 388 du II* volume do son Marco Polo, 2* éditon. Il l'y insère à propos du chapitre XVIII du célèbre voyageur : "Discoursing the place where licth the body of S. Thomas the Apostole : and the miracles there of". — Item^ p. 342. — Il est à regretter que le savant Commentateur ait cédé parfois aux préjugés rationalistes de sa critique protestante, en matière religieuse; ses conclusions en souffrent et laissent trop voir qu'il ne possédait point la vérité intégrale.

(2) Kiroher, China illuêtrata, p. 55, partage cette opinion et appelle ce nouveau Thomas syrien ; M<uiome, c'est-à-dire U SeigneuriThomaê.

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