‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 179 sur 231 · Ù2^SU · texte numérisé non relu

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et contremont; et sur la poincte d'en haut y avoit la figure d'une colombe, etc.» Une inscription, en pehlvi, l'entourait. La pierre était couverte de taches de sang qu'on disait être celui de S. Thomas. Du Jarric termine ainsi sa description : «Or voicy la figure de la dicte Croix, tirée le plus naîfvement qu'il a esté possible, sur celle qui a esté portée des Indes».»

La pierre fut installée dans la nouvelle chapelle. Plusieurs fois, assurent de graves témoignages, elle répandit du sang pendant la Messe, et en telle quantité que le prêtre eut à l'éponger et que des linges en furent tout tachés. (2). Sur ce prodige on doit au moins suspendre son jugement. Après tout, bon nombre d'écrivains, réputés sérieux, nient encore, a -priori, sans examen, contre les conclusions de la plus saine critique, iou^ les miracles comtemporains^ de Lourdes et d'ailleurs, si faciles pourtant à contrôler par la science! (3).

Vig. 151).

(1) Laissant de côté tout Tentourage, nons figurons In rédaction en demi grandeur de la croix seule. Kirclier, {China iUustrata, \k 54\ a fait entrer la figure entière dans une planche, ^^ravée sur cuivre pour son ouvrage. On y voit un missionnaire catholique et deux Indiens devant un autel portant un calice. La repro<luction est assez fidèle, bien que légèrement «interprétée». Kirclier consacre plusieurs i>ages à Tétudo de cette croix miraculeuse de l'Apôtre S. Thomas, et renvoie à Osorius^ cité par Baronius (tome I, amio C'hriêti 57). — Dans le Pvmh'omun (Utptus de Kircher avait déjà paru une petite vignette (haute de 6*' ) de cette pierre, avec une gravuie spéciale pour les caractères, le tout assez exact.

(2; Du Jarric. op, cit. p. 508 et seq.

(3) Yule (Marco Polo, t. II, p. 33i)), donne la vignette: «Ancient cross with pehivi inscription on St. Thomas Mount near Madras, from photograph». Nous n*en reproduisons que la partie centrale, la croix, (fig. IGO). A la page 342, il pirle de S. Thomas et «le cette croix, dont une lithographie avait jï.iru dans VIndian Antiquary. Il ex))ose comment l'ancienne traduction de Tincription en pehivi, due à deux brahnies, est une imposture et il soumet les variantes de la traduction actuelle. D'après lui, cette inscription daterait du VII« ou «lu VIII" siècle, tandis que Fergusson ne fait remonter le monument qu'au IX*. La

fonae seula de cette croix, telle qu'elle fut leprésentée jadis, nous intéresse ici ; car elle explique comment elle a influencé la figuration conventionnelle de la croix de Sùnganfou,

Fia. 160.

140 CROIX BT SWA8TIKA. II.

Lamas plagiaires du Christianisme. — Le Prêtre Jehan. — La croix et le Veni Creator à la cour des Khans. — Croix chez diverses tribus. — Escandel.

Pour en revenir à la Chine, le Christianisme, bien qu*infecté peut-être des erreurs nestoriennes, et représenté par des ministres, indignes trop souvent, tirés du pays même, y maintenait hautement, an VIII* siècle, Tétendard de la croix, que nous retrouvons quelques centaines d'années plus tard planté devant la tente des terribles K/ia?i>?. On sait comment, par suite des effrayants progrès de l'Islamisme, l'Europe chrétienne vit ses communications coupées avec la Chine, chrétienne aussi en partie, et comment les Nestoriens restèrent seuls en relation avec celle-là. Les églises chrétiennes chinoises tombèrent, à partir de 782, sous la direction du Patriarche de Séleucie, qui, jusqu'en 980, envoya des missionnaires dans VEmpire du Milieu. «Ce fut alors que pour la dernière fois il en fit partir six. Ces six prêtres trouvèrent le Christianisme éteint en Chine. Les Chrétiens avaient péri de différentes manières, leur église avait été détruite et il ne restait plus qu'un seul fidèle dans la contrée», au dire d'un de ces moines missionnaires. (1).

En 845, l'Empereur Ou-tsong ^ ^ (841—846), se faisant rendre compte de Tétat des religions eu Chine, voulut séculariser les bonzes, et fit renvoyer dans leurs pays les prêtres étrangers de la Perse et du Ta-ts'in :;fc ^ au nombre de 3.000. On n'en garda que quelques-uns dans les deux cités de Lo-yang ff^ ^, au Ho~ nan, et de Si-ngan fou |f ^ /j^ au Chen-si, (2).

Pour nous, nous avons peine à croire à l'entière destructi&n du Christianisme en ces régions. Il a dû se passer là ce qui arriva au Japon, quand le pouvoir officiel se félicita naguère d'avoir

(1) Missions Catholique", 18^G, p. 52. Article de M. Jfiomnnet du Caillaud, qui renvoie à Aboul-Farage, cité par Reinaud, Introduction générale à la çéoffraphie dei Orientaux, p, CLIII. — Consulter le T'oung-pao de mars 1892 sur le «roman géographique!» ïnM-' tu\à Itinéraire juif (CE^pagne en Chine au IX* siècle. C'est une suite d'articles, insérés par M. Moïse Schwab dans la Betnie de Géogr, de Paris, 1891, ot où la fiction se taille à dessein un lôle qualifié d'excessif.

(2) La tablette de «S'i-» r;a H /ou fut probablement enterrée, par des mains amies on hostiles, au moment de cette tourmente. Voir, t\ ce propos, le travail du D' Edkins sur les persécutions religieuses exercées en Chine, de 398 à 1622, contre les Bouddhistes et les Taoïsten. Chintse Recorder ^ XV« vol., n° 6.

«On il découvert tout récemment, sur les bords du lac Isikoul, des tombes revêtues d'inscriptions, où furent ensevelis au VIII*' siècle, les premiers apôtres nestoriens qui se soient fixés dans cette partie du Turkestan. Des sièges métropolitains de TEglise nettorienne avaient été établis à Balkh, à Merv, à Almalik et à Samarkande». Léonide Ooiot. La mission du Su-tchuen... p. 15.

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