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XI. LE DIALECTE DE TSONG-MING

Une excellente étude sur les dialectes comparés du Kiang-nan inférieur, due à la plume du Rév. Père Rabouin, nous fournira les principaux éléments du présent travail (1); nous ne ferons guère que la résumer, en y ajoutant quelques remarques sur les afïinités de ce langage avec le mandarin et la langue ancienne, et quelques inductions sur ses origines.

Chacun sait quelle influence la littérature a exercée en Chine sur l'unité politique de cet immense empire. C'est grâce au culte que les habitants des «dix-huit provinces» ont voué aux mêmes livres classiques et à leurs auteurs, c'est grâce à la communauté des méthodes employées dans l'enseignement, grâce enfin à l'identité des concours littéraires, pratiqués depuis des siècles d'un bout à l'autre de l'empire, plus encore qu'à raison d'une lointaine communauté d'origine, que la Chine, malgré tant de se- , cousses et de causes de division, est restée une dans ses mœurs et son gouvernement.

La langue chinoise écrite, ou mieux la langue littéraire (2) est donc parfaitement et partout homogène. Mais on n'en peut dire autant de la langue parlée, dont les nombreuses variétés peuvent être, par analogie et faute d'une expression plus exacte, appelées dialectes.

Dans un pays comme la Chine, où le langage emprunte presque tous ses éléments à la littérature écrite, sans cependant lui rester identique, il est clair que deux facteurs surtout peuvent diversifier les différentes formes de la parole ou dialectes : la prononciation d'une part, et de l'autre l'adoption privilégiée ou la combinaison spéciale de certains caractères ou mots monosyllabiques (^ Tse) empruntés à la langue écrite.

Ce sont ces deux points que nous examinerons rapidement à propos du dialecte de Tsong-ming (3).

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