V. LBS CROIX OU X DE FER
«Cette X est la croix même que les Chrétiens révèrent et elle date de la dynastie des T'ang, Ce n'est pas autre chose qu'une croix. Si elle avait servi à amarrer des radeaux, pourquoi a-t-ellc
cette forme de croix? En outre, puisqu'il existe tant et tant de
radeaux dans la Province du Kiang-nan, pourquoi n'y voit-on pas d'autres X de fer que celle-là? Si c'est un instrument employé jadis pour combattre les mauvais esf rits, pourquoi lui a-t-o:i donné la forme d'une croix, et non pas celle d'une tige de fer, assez longue, plantée dans le lit du fleuve, comme cela se voit ailleurs? 11 est faux que le fer qui passe à travers cette X se chango immédiatement en cuivre. J*ai dit que cette X a été fabriquée sous la dynastie des T'ang, parce qu'à cette époque la religion chrétienne s'est considérablement propagée, et qu'on a trouvé à Si^ngan fou un monument portant la croix. Je parle de cette croix de Ki-ngan fou afin d'en conserver la mémoire. Ceux qui sont de ce pays-là ou qui y voyagent doivent examiner si cette X subsiste encore. S'ils la rencontrent, qu'ils la lavent et la nettoient, afin que cet instrument serve aux yeux de tous pour l'expansion et l'honneur du Christianisme. Le 1®*" de la lune, la 7° année de règne T'ien-k'i (1627).»
Siu-ho-lao avoue qu'il n'a pas vu cette croix; il ne sait même pas si elle existe encore; il ne connaît pas sa vraie forme. Il part d'une fausse supposition : son raisonnement le prouve de reste. Puis il confesse qu'il n'a pas idée d'un instrument de ce genre servant jadis à amarrer des radeaux, de grands navires, des ponts de bateaux, des trains de bois, ou formant «corps-mort». Dans les régions qu'il a traversées, on ne s'en servait plus, ou bien l'on ne s'en est jamais servi. ^
L'argument tiré de la coexistence de la Pierre de Si^ngan fou est faible; le Kiang-si est loin du Chen-si.
Manifestement le témoigage de Siu-ko-lao, tout sincère qu'il fût, a surpris la religion du P. Boym, égarant, à sa suite, la sagacité de tous ceux qui l'ont cru sur parole.
Voilà les seuls textes, europét ns ou chinois, d'auteurs chrétiens ou païens, qu'il nous soit loisible d'apporter pour éclaircircetle question si obscure de l'origine et de la destination de l'instrument de Ki-ngan fou. Espérons qu'il en surgira tôt ou tard quelque autre plus explicite, pour fixer l'opinion sur ce double point.
Quant aux conlusions à formuler en fin de compte, les unes regardent la seule X du Kiang-si, d'autres s'appliquent aux trois instruments dont les dessins figurent ici. Le lecteur n'hésitera pas un instant à y voir un objet identique, un même instrument, particularisé et spécifié par les mêmes caractéristiques, destiné et ayant servi au même usage. Les seules différences accidentelles, négligeables en l'espèce, qu'il soit utile d'y, signaler, n'ont trait qu'au poids, à la longueur et à l'écartcmcnt plus ou moins prononcé de leurs deux branches. Ce sont des variations sur un thème original
LesâX
au. /ûi
Fiff. Vti.